‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 16 sur 121 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sent facilement repoussé les Autrichiens sur le Danube.

L'armée aux ordres du maréchal de Schwérin étant fort supérieure à celle du prince Piccolomiui, Lloyd pense quil aurait dii l'attaquer; s'il jugeait le camp de Ivonigsgratz trop redoutable , il pouvait l'y laisser et marcher sur la droite de l'Elbe vers Brandeis , ou Prague ; cette manœuvre aurait infailliblement forcé le maréchal Brown à quitter sa position sur 1 Eger , et à rétrograder pour couvrir cette place. Schwérin n'avait rien à craindre de ce mouvement , parce que Piccolomini était trop faible pour exécuter aucune entreprise importante en Silésie ; et, quant aux subsistances *, le maréchal n'en eût pas manqué, dans ce pays fertile.

Si ce que nous venons de supposer avait eu lieu , les Autrichiens auraient été forcés d'aban^ donner les cercles deSaatz,Leutmeritz, Buntzlau, et Konigsgratz , afin de rassembler leurs forces aux environs de Prague , et de conserver la communication avec le Danube. Le mauvais état de leur armée peut faire présumer qu'elle eût été repoussée jusqu'en Moravie ; de sorte que le roi, sans en venir à une action , se serait rendu maître de la plus grande partie de la Bohème , où il eût pris ses quartiers dhiver : enfin , les Saxons voyant leurs alliés repoussés > n'auraient fait aucune résistance dans le camp de Pirna. 1. 6

f>2 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

Lloyd examinant ensuite les fautes des Autrichiens, affirme qu'elles eussent décidé du sort des états de l'impératrice , si le roi de Prusse avait pris les mesures que nous venons dindiquer.

On savait dès le mois de juin , qu il voulait attaquer lAutriclie. Ses mouvemens de troupes dans le duché de Magdebourg et les pays voisins, donnaient lieu de présumer qu'une partie de ses forces marcherait par la Saxe, ce qui aurait dû déterminer les Autrichiens à y envoyer une armée pour soutenir leurs alliés , et faciliter leur retraite en Bohême. Cette précaution ayant été négligée , il fallait au moins occuper les défilés d^Altemberg et ceux jusqu'au ravin de Gishubel , par où ils se seraient conservé une communication libre avec eux. La moitié des troupes postée avec intelligence siu' ces montagnes , aurait mis les Prussiens dans l'impossibilité de pénétrer en Bohême , et le reste de 1 armée , destiné à agir de ce côté , pouvait camper partout, entre lEger et les défilés dont on a parlé, jeter les ponts sur l'Elbe pour envoyer des troupes légères sur la droite de cette rivière , jusqu à Schandau et Hohenstein.

Lloyd ne borne pas là ses suppositions , il va

jusqu'à vouloir deviner ce que le roi eût fait

si les Autrichiens avaient ooéré d'après son

idée; il prétend que ce prince se fût rejeté sur

, Dresde , et que rencoutrauL les mêmes obstacles

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