‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 17 sur 121 · CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE ï

Jannee suîvaDte ,il eût renoncé à porter la guerre en Bohême , pour se de'cider à la faire en Silésie. Alors les 20 mille Auli-ichiens , places clans les montagnes, réunis avec les 14 mille Saxons , auraient reconquis la Saxe , d'autant plus facilement que Tarmée combinée de France et des Cercles , j pénétrant en même temps par laSaale, eût pu ensuite opérer sur la Lusace , et même sur le marquisat de Brandebourg.

Ces positions favorites de Lloyd , n'ayant pas été occupées , la seule chose convenable à son avis était de laisser 20 mille hommes au camp de Biidyu , de jiorter quelques troupes légères dans les montagnes de Lowositz et d'Altenberg , pour y attirer l'attention des Prussiens, et de marcher ensuite avec le reste de l'armée sur la droite de lElbe, par Schandau et Hohenstein, afin d'attaquer les Prussiens postés sur le Lilienstein et àRatmansdorf. Ces postes n'étant fortifiés que du côté des Saxons , eussent été facilem.ent enlevés, si ces derniers avaient fait une attaque combinée avec celle des Autrichiens.

La jonction des alliés ainsi effectuée , comme ils auraient été maîtres de la rive droite de lEibe jusqu'à Pirna , le roi se serait vu forcé dévacuer les montagnes de la Bohême pour éviter le risque d'y périr de faim. Cette manoeuvre n'exposait en rien le maréchal Brov^ai ; car Frédéric , avec la petite armée qu'il avait alors

dans ce pays , n'eût pas osé passer TEger pour attaquer le camp de Budyn , en s'exposant à sa séparer du prince Maurice, et à être battu eu détail.

Lloyd passe ensuite à Texamen de la conduite du maréchal Brown dans la bataille ; il le blâme sur-tout du mauvais choix de son camp. Tout ce qu'il pouvait espérer était de repousser les Prussiens au-delà des vignes , sur les monts de Lobosch et d'Homolka, où il n'aurait jamais pu les attaquer , puisque leur armée occupait ces montagnes en forces avec cent pièces de canon. Cette attaque était d'autant moins possible , que les Autrichiens devaient déboucher par les villages de Sulowitz et de Lowositz , et se former sur nn terrain à portée de mousquet des positions de l'ennemi ; on sait assez combien une telle manoeuvre est difficile , pour ne pas dire désastreuse.

Le maréchal ayant négligé d'occuper les monts Lobosch et Homolka , dont il eût pu s'emparer plusieurs heures encore avant l'arrivée des Prussiens , il ne lui restait d'autre parti à prendre que de passer l'Elbe la nuit qui précéda la bataille, laissant quelques troupes légères pour tenir le roi en échec. Parce moyen , Brown aurait pu diriger sur Schandau , un corj)S assez considérable pour ouvrir une communication sûre avec les Saxons , et enlever tous les Prussiens qui se se-

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