CHAPITRE I
raient trouvés de ce côté de lElbe ; le reste de rarmée eût couvert tout le pays.
Le roi se fut bien gardé de passer l'Eger , parce qu'il tirait principalement ses subsistances de la Saxe , et qu'il eût été imprudent de se porter en avant avec 23 mille bommes , laissant un ennemi supérieur maître des défilés entre lui , son autre armée , et la ligue de ses magasins.
La position prise à Lowositz était , suivant Lloyd, aussi mauvaise que possible.
Rien n'est plus contraire à une bonne tliéorie, C]ue d'occuper un camp commandé par des bauteurs , où il est impossible de mettre en action , au même instant et au même point , autant de troupes que l'ennemi ; or c'est ce qui arriva : les Prussiens pouvaient employer les deux tiers de leur armée à l'attaque de Lowositz , tandis que les Autrichiens ne pouvaient la soutenir qu'avec très-peu de bataillons.Le centre et la gauche étant inattaquables, cette ville seule restait à défendre. Le maréchal le sentit bien; mais ne s'aperçut pas qu'il serait difficile de s'y maintenir , et qu'en repoussant les Prussiens, on n'aurait pu les poursuivre , même avec de l'infanterie. Cette position, considérée relativement au projet qu'il avait de secourir les Saxons , était la moins propre à en assurer la réussite, parce qu'il n'anrait pu les délivrer par aucune manœuvre , lors même que l'ennemi eût été battu. Celui-ci avait eu effet le choix
de plusieurs camps , d'où il aurait empêclié toute communication entre les Autrichiens et Pirna.
Tempelliof a employé trois loni*s chapitres pour détruire les reproches de Lloyd; ses raisonnemeus ne sont pas toujours justes. Toutes les opérations ont leur côté faible; il faut se borner à juger , si les combinaisons ont eu pour but l'application des principes de Tart , et si elles ont produit les plus grandes chances de succès. Sous ce point de vue les raisonnemens de Tempelhof sont lourds, compassés, et pour la plupart ne détruisent point ceux de Lloyd.
11 est incontestable que le roi avait 122 batail^ Ions et 21 1 escadrons prêts à entrer en campagne. En laissant 12 bataillons et 3o escadrons en Prusse ou en Poméranie, outre les garnisons des places, il aurait eu 110 bataillons et \8o escadrons pour envahir la Moravie, où il Jtie se trouvait pas plus de 3o à 36 batailjons; il n'en serait pas resté davantage en Bohême, et ce faible corps n'aurait eu aucune communication avec le reste des états héréditaires et des forces de l'Autriche. Vienne occupé ou menacé , la ligne du Danube gardée , l'Empire eût été neutre , le roi aurait pu même y lever des hommes et de l'argent : l'exemple de la maison d'Autriche , abaissée jusque dans sa capitale, eut fait trembler le reste des coalisés; et