CHAPITRE I
gea les bataillons qiii étaient dans Blenlieim à mettre bas les armes. En thèse générale ses observations peuvent être justes, sur-tout si on les applique à une ligne de bataille déployée ; mais si on a des corps d'infanterie formés en colonnes d'attaque avec des réserves , ,1a ligne a plus de consistance ; et je crois alors qu'on peut sans inconvénient placer des corps de cavalerie entre ces masses d'infanterie , particulièrement si on ne déploie pas les premiers.
Le reste des observations de l'auteur prussien est relatif aux causes politiques qui empêchèrent Frédéric d'entrer en campagne plutôt, ou aux reproches de Lloyd. Cette lutte hypothétique , basée sur de vieilles maximes , n'est plus d'aucun intérêt, et je ne crois pas devoir la rapporter. Je terminerai ce chapitre , en relevant une assertion de Tempelhof ; suivant lui Frédéric , en poussant les Autrichiens sur Tienne , s'éloignait de sa base d'opérations , et s'affaiblissait , tandis que les Autrichiens devenaient plus forts en se rapprochant de la leur. Le principe est juste en général , mais il en fait une application outrée. Une ligne d'opérations lointaine s'affaiblit certainement à mesure de son éloignement des frontières : cela s'applique sur-tout à desdébarquemens , à des incursions dans un pays qui n'est pas limitrophe de la nation envahissante. Telles pouvaient êu^e les coiu ses d'Alexandre 5 celles de Charles Xiï
en Ukraine ; les lignes cropérations des forces autrichiennes et espagnoles en Flandre , depuis trois siècles , et en général , toutes les expéditions qui conduisent au travers de plusieurs nations plus ou moins étrangères. Mais ce n'était pas ici le cas , il n'y a pas plus de douze marches de IVeiss à Vienne; et, si l'on considérait une opération sur le Danuhe comme une entreprise lointaine , il faudrait en conclure qu'une armée ne doit jamais dépasser ses frontières. Il s'agissaiè d'ailleurs d'accabler de petites armées avec une masse , et non pas de les refouler sur le centre de leurs forces. En marchant un peu vivement, les deux corps de Moravie et de Bohême eussent été successivement accablés , poursuivis , et en majeure partie détruits. Censurer une telle entreprise , serait blâmer la conduite du roi à Rosbach, et lui reprocher d'avoir attaqué les têtes de colonnes de Soubise avec sa masse , parce <£u*il risquait de refouler ces têtes sur le centre et sur la queue des colonnes qui , par ce moyen , auraient formé elles-mêmes une masse.
Au reste , si les vues de Llovd étaient dans le fond assez justes , il les a accompagnées de projets inconcevables. Il voulait faire marcher une petite armée en Hongrie , une autre sur le Mein et le haut Danube , tandis qu'on aurait assiégé Vienne, et réduitles princes de 1 Empire. On ne reconnaît point là le génie de Tauteur , ni les maximes quil