‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 25 sur 121 · CHAPITRE II. lOÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. lOÏ

Le duc de Bévern marcha , le 23, vers Liébenau; il y trouva l'ennemi si avanlageiisement posté, qu'il jugea imprudent de l'y attaquer, d'autant plus que le corps du maréchal Schwérin le forcerait nécessairement à se retirer.

Le maréchal avait rassemblé son armée, le 18 avril, à Trautenau, et passé l'Elbe, le 19, à Konigshofï. Son intention était de s'avancer vers Turnau et Liébenau, pour faciliter la marche du corps du duc de Bévern, et de se porter sur Prague après la jonction.

Ce mouvement, combiné sur les mêmes principes que celui du roi, devait empêcher l'envoi d'une forte division sur les frontières de la Lu- «ace , parce que si elle avait eu des succès contre le duc, le maréchal de Schwérin, en marchant sur ses derrières, l'aurait toujours forcée à se retirer pour ne pas être prise entre deux feux. En effet, les Autrichiens quittèrent le camp de Liébenau, le 24, et marchèrent avec précipitation sur Braudeis, et de là à Prague, où ils arrivèrent le 3 mai.

Schwérin se porta en même temps de Konigshoff'à Gitchin, où il apprit la nouvelle du combat de Reichenberg et la retraite des ennemis. A cette nouvelle , il changea habilement de route, et marcha sur l'Iser, espérant encore couper aux Autrichiens la communication avec Prague ; s'il n'y réussit pas , il arriva cependant

à JuDfij-Buntzlau assez tôt pour enlever un magasin immense. Le corps du duc de Bcvern Tayant joint, le mare'clial, fort de 5o bataillons et 81 escadrons, marcha du côté de Brandeis, passa l'Elbe le 4 mai, vis-à-vis de cette ville, et campa sur la rive gauche de ce fleuve , ne jugeant pas qu'il fut prudent de se porter plus loin, avant 4'avoir concerte ses mesures avec le roi.

Bataille de Prague,

Sur ces entrefaites, le prince Charles de Lorraine avait pris le commandement général des troupes aulrichiennes réunies. Aussitôt après il passa la Moldau, et campa, la gauche sur le mont Ziska , la droite au village de Kyge; celui de Maleschitz était derrière la droite de l'infemterie; Tarmée formait plusieurs lignes, et, suivant l'usage , la cavalerie était placée sur les ailes : le cjuartier- général se trouvait à jNusl ( Voyez planche 5). Le prince avait pour but de se réunir à la division du comte de Konigseck, repoussée par l'armée du maréchal Schwérin, et d'attendre l'arrivée de Daun, qui venait de Moravie avec un corps considérable.

Le camp des Autrichiens était situé sur une chainc de hauteurs, qui s'étend depuis Hort- Iwzes jusqu'à Prague, en partie rocailleuses, arides, très-hautes, et en quelques endroits très-

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