CHAPITRE II
escarpées; en avant Je celles-ci, il y en a de plus basses qui sont couvertes de vignes , et longent le cours de la Moldau. Les chemins encaissés par ces dernières sont si étroits et si difficiles, qu'une armée ne peut j marcher en colonne par pelotons.
Les hauteurs commencent à s'abaisser près de Ryge , d'où elles se perdent insensiblement dans la plaine près de Sterboholy, de manière cpi'entre ce hameau et le village de Dubetsch, INieder- Micholup et Hostiwortz, la cavalerie peut agir avantageusement.
Sur le flanc droit et plus en avant , on rencontre un grand nombre d'étangs liés par un ruisseau qui prend sa source à Micholup, coule en serpentant par Podschernitz , Kyge, Hortlorzes , Lupetuî, Wissozan, et se jette dans la Moldau, près de Lubau.
De l'autre côté, il y a aussi des hauteurs trèsélevées, qui commencent près de la Moklau, et suivent le ruisseau par Prosick et Gebel. Ces deux chaînes forment un fond inégal et marécageux , où il est extrêmement difiiciïe de marcher; on ne trouve de passages un peu praticables que dans les endroits où les hauteurs sont moins élevées et moins escarpées , près de Hostawitz , par le village de Kyge , ou entre celui-ci et Hortlorzes.
Au-dessus de ce premier village , ou. rencontre
quelques étangs dégorgés et tapissés dlierbages , de manière qu'à une certaine distance on ne les distingue pas des prés qui bordent le ruisseau. Entre ces étangs , on a pratiqué des digues pour la communication des villages riverains ; il existe , outre cela , quelques sentiers où un homme seulement peut marcher de front. Enfin, on trouve plusieurs petits lacs près de Hostawitz et Kyge, et pour arriver à ce dernier village, il faut traverser la digue resserrée entre deux de ces lacs.
D'après cette description du terrain, on jugera que l'aile gauche et le centre de cette première position, déjà couverts parla nature, n'exigeaient qu'un petit nombre de bataillons bien disposés ; l'aile droite et son flanc occupant un poste avantageux, mais susceptible d'être tourné, on devait tout craindre ici d'un ennemi entreprenant.
Le prince Charles avait trop d'expérience pour ne pas sentir l'importance de cette vérité. Dès que le corps de Konigseck fut réuni à lui , et qu'il apprit que l'armée du maréchal de Schwérin le suivait de très-près , il changea de camp; la gauche et le centre restèrent sur les hauteurs qu'ils occupaient, mais il retira l'aile droite, de manière qu'elle forma un crochet» dont l'angle saillant se trouva sur les hauteurs entre Kyge et Maleschutz; n'osant point s'écarter de l'ancienne méthode de placer la cavalerie sur