‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 41 sur 121 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

crochet : Winterfeld s'avança entre la ville et le premier de ces villages, afin de soutenir la retraite du général Schmettau , qui s'effectua heureusement , de manière que 7 bataillons , avec une quantité de voitures de vivres et de bagage«, purent rejoindre pendant la nuit; l'armée la passa au bivouac , à cause de la proximité de l'ennemi : mais le 23, il tomba une si grande pluie, que le prince fut obligé de dresser le camp à neuf heures.

Les Autrichiens commencèrent le bombardement de Zittau avec une telle activité , que trois heures après , plus de la moitié de la ville était en feu. Les chevaux de pelotons et tous les chariots de l'armée reçurent ordre d'y marcher, [afin de sauver la boulangerie et les magasins; mais ils arrivèrent trop tard , la ville était presque réduite en cendres, et les troupes, entourées de flammes , pouvaient à peine rester dans les rues , lorsque le colonel Dierke, qui j commandait, voulut rejoindre l'armée. La garnison n'était pas encore entièrement sortie , que le général Pvebentisch lui apporta l'ordre de tenir jusqu'à la dernière extrémité , ce qui l'obligea à rentrer. Pendant cette évacuation momentanée , les Autrichiens pénétrèrent sur plusieurs points , et les Prussiens furent enveloppés : la plus grande partie se fit jour à travers l'ennemi , qui prit néanmoins le généralmajor Rleist, le colonel Dierke , et 2 bataillons.

Le prince jugeant alors qu'il était temps de se

l44 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRE*!.

retirer, fit parlir les bagages pour Loebau le 24 ; Tannée les suivit le lendemain à deux heures du Biatiu , et arriva dans cette ville à midi : Winterfeld repartit le 26 pour occuper les hauteurs de Hochkirch , alin de protéger la marche de l'armée sur Bautzen, où elle campa effectivement le S'y , en attendant l'arrivée du roi.

Le prince de Prusse acquit beaucoup d'honneur , en sauvant une partie de la garnison de Zitîau, en présence des Autrichieiis , dont la grande supériorité leur permettait de le couper; d'enlever la place et de se rendre maîtres de ses communications.

Tandis que ces choses se passaient, Frédéric était resté vers Leutmeritz avec près de 4o mille hommes. La prise de Zittau, et le mauvais état des affaires sur ce point , lui fit enfin sentir la nécessité de marcher au secours du corps de Lusace. Il vint joindre l'armée à Bautzen le 29, avec 16 bataillons et 28 escadrons ; le maréchal Keith le suivit à la tête d'un autre corps qui fut posté à Roth-Naustritz pour couvrir les communications avec Dresde. Le prince Maurice demeura sur la gauche de l'Elbe, près de Gotta, avec i5 bataillons et 20 escadrons.

Frédéric marcha le 3o à Weissenberg , avec un corps considérable , et confia au duc de Bévern le commandement de l'armée de Bautzen. Les choses en restèrent là pendant quinze jours.

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