CHAPITRE II
Le (îuc de Bévern qui avait marché le 8 à Neliern , se dirigea le i5 sur Herwigsdorf , près deLobau, où le maréchal Keith se porta de son côté et prit le commandement. Le roi marcha avec son corps de Weissenberg à Berastatdel.
Lorsque le prince Charles fut informé de la marche du roi , il crut qu'il pousserait son mouvement jusqu'à Hennersdorf, et prit position sur la route de Lœbau à Zittau , l'aile gauche à cette dernière ville ; mais le maréchal Keith leva le 16 le camp de Herwigsdorf, et se dirigea sur liernstatdel. Immédiatement après son arrivée , Frédéric se rendit à Hirschfeld avec tous les hussards, les bataillons francs, 10 escadrons de dragons et 5 régimiens dïnfanterie. L'armée prit la même route, et se trouva, par cette marche savante , sur les derrières de l'ennemi.
Les Autrichiens , informés que l'avant-garde prussienne se montrait déjà dans les bois de Hirschfeld , placèrent aussitôt leur droite sur les hauteurs en avant de Ratgendorf , et l'appuyèrent à la Neiss ; la gauche la remplaça sur la montagne de Seyersdorf ; le centre fut retiré , de manière que leur ligne forma un arc prolongé sur le sommet des hauteurs. Le profond ravin de Witgendorf , couvrait le front ; les abords de la montagne étaient hérissés d'obstacles ; une artillerie formidable la défendait, et un essaim de Croates occupaientla forêt qui l'entoure. La réserve aux ordres 1. 10
l4<3 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
de Nadasty était sur la rive droite de la Neiss; son aile gauche appuyant à la rivière , sa droite au bois de Reichenau, elle se trouvait de même couverte par un terrain difficile.
C'est là que le roi trouva les Autrichiens, lorsqu'il arriva à Tittelsdorf. Son intention étant de les attaquer de suite , il reconnut la position , pendant que l'armée se formait sur trois lignes. La vallée dont nous avons parlé séparait les deux armées qui se canonnèrent jusqu'à la nuit. Les Prussiens la passèrent sous les armes; et le roi ayant reconnu l'impossibilité d'attaquer, fit dresser le camp le lendemain. Il ne restait d'autre parti à prendre que de forcer l'ennemi à quitter sa position en la tournant : on lit jeter dans ce but des ponts sur la Neiss , vis-à-vis de Hirschfeld , où lo bataillons et 35 escadrons sous les ordres de Winterfeld passèrent , pour expulser Nadasty de son poste. Celui-ci ayant été successivement renforcé , l'attaque se borna à une vive canonnade. Le roi détacha alors 5 bataillons et lo escadrons, pour surprendre Goerlitz; m.ais la garnison s'était déjà retirée.
Frédéric, voyant l'impossibilité de faire accepter une bataille au prince Charles , retourna le 20 à Bernstatdel ; l'ancien camp fut occupé par tin corps destiné à marcher au secours de la Saxe , menacée par l'armée combinée de France et d'Empire : la majeure partie de celle du duc de