CHAPITRE III. l
quoique inférieurs , pre'sentaieut ainsi un front égal , Lloyd attribuant la défaite des Autrichiens à cette circonstance aurait voulu qu'ils se formassent aussi sur deux lignes pour allonger leur front ; nous sommes loin de partager son avis. Cet événement prouve que la cavalerie, formée sur une ligne , avec de fortes réserves eu colonnés, peut être utile ; mais que , déployée sur trois lignes , dans un espace flanqué , cette formation offre de graves inconvéniens. En effet, les deuxième et troisièmelignes,déployéesderrière]a première, partagent les dangers du feu d'artillerie et d'une déroute, sans pouvoir être mises en action : j'aimerais mieux des divisions de cavalerie disposées en colonnes, par escadrons , et placées suivant le terrain , que trois grandes lignes de cavalerie , qui sont presque toujours immobiles, et très-difficiles à manier.
S'il est avantageux de gagner une extrémité de l'ennemi, il me paraît que, dans une charge, la réserve, ployée en colonnes, par escadrons, derrière la première ligne, pourrait déborder un des flancs de la ligne opposée , prendre ses distances en avançant, se former en bataille par une simple conversion à droite ou à gauche de chaque escadron, et l'attaquer ainsi à revers.
l66 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES 4
Observations sur les opérations depuis la bataille de Prague jusqu après celle de Kollin,
Lloyd et Teinpelliof sont encore moins d'accord sur la bataille de RoUin que sur les précédentes. Le premier fait des reproches au roi de n'avoir pas soutenu la brigade Hulsen, et Tempelliof cherche à le justifier. J'ai vu des relations de témoins oculaires, qui donnent à croire qu'il y eut beaucoup de la faute du roi ; mais cela ne fait rien pour la démonstration des principes de l'art. On peut analyser les mouvemens qui furent exécutés, et les rapporter aux principes, sans s'inquiéter de ceux qui les ont ordonnés.
Suivant les idées de l'auteur anglais, le siège de Prague était une entreprise dangereuse ; il pense que ces sortes d'opérations entraînent avec elles une si grande perte de temps et d hommes, que l'on ne doit jamais en former que dans les circonstances suivantes :
1° Lorsque les forteresses sont situées sur des passages qui conduisent dans le pays ennemi, de manière qu'il soit impossible d"y pénétrer, sans s'en être rendu maître ;
2° Quand elles interceptent les communications, et que le pays ne fournit pas les subsistances nécessaires ;