CHAPITRE III
portée de seconder ses attaques, elle dut nécessairement se retirer. Si cette avant-garde avait été soutenue, et qu'on eût placé un corps de troupes en potence, ou en échelon, pour faire face à la réserve ennemie , et l'empêcher de quitter sa position , la bataille aurait été gagnée. Déjà la droite des Autrichiens était rompue ; elle n'avait pas derrière elle de terrain pour se reformer ; il ne s'en fallut guère que l'armée ne fut prise à revers.
L'auteur anglais admire au contraire la conduite de Daun, qui, avec 40 mille hommes, s'est retiré devant le duc de Bévern, qui n'en avait pas plus de 20 mille ; tandis que le salut de Prague dépendait de la promptitude des mouvemens du maréchal. 11 lui reproche pourtant d'avoir placé sa ligne trop en arrière , et d'avoir donné, par-là, au général Hulsen, la facilité de s'emparer des villages qui couvraient le front , de se former dans cet espace, et de forcer la ligne, ce qui eût certainement entrainé la perte de la bataille, si cette division avait été soutenue.
Avant d'aller plus loin, il me paraît nécessaire d'expliquer, autant que possible, ce que Llojd a voulu dire dans ses maximes sur l'attaque des villages. 11 prétend que leur occupation est de la plus haute importance, et cite pour preuve de son assertion , un exemple où Marlborough > méprùant les villages de Blenheim et Oberklaw ,
rompit la ligne sur un autre point , et prit la prodigieuse cjuaniité cV infanterie qui les occupait; Ce qui prouverait ainsi le contraire de ce qu il avance , si le traducteur a bien rendu sa pensée.
On peut donc tirer de ses maximes et de l'exemple qu'il donne, la solution suivante:
1 ^ Qu'une armée , postée derrière des 'villages, doit en couvrir son front ;
2° Qu'ils doivent être gardés par quelques bataillons et de V artillerie ;
3° Que la ligne doit être à portée de les secourir, et d'en être soutenue a son tour, comme aussi de retirer les troupes qui s'y trouvent, si l'ennemi menaçait de les envelopper par des succès sur un autre point ;
4** Que la possibilité de tourner ces postes et la nature de leur défense , eocige qu'on j mette peu d'infanterie , et qu'on n'attache de prix à leur conservation, que dans le cas oii ils seraient la clef d" une position , comme cela arrive quelquefois.
Ces idées sont justiliées par plusieurs batailles, et sur-tout par celle déjà citée. Si les généraux français, voyant leur ligne menacée sur un autre point, avaient retiré de Blenheim et d'Oberklaw la plus grande partie de leur infanterie , pour la diriger sur les flancs de cette attaque , ils auraient vraisemblablement gagné la bataille; car, 20 bataillons de plus au point principal, changent souvent le résultat. Mais, en supposant même