‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 57 sur 121 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1 armée aurait très-bien vécu, jusqu'à la décision des grandes opérations.

Ses observations sur Tintérêt que le roi avait à prendre 5o mille hommes dans Prague , sont mieux fondées. Lloyd assure que Frédéric , par l'espoir chimérique de faire une si bonne prise, perdit de vue l'armée de Moravie et l'aile droite, et laissa échapper l'occasion de frapper un grand coup. Mais qu'aurait-il dit, si, pour courir après Daun , le roi avait laissé derrière lui une armée qui eût enlevé ses dépôts, e't intercepté ses communications avec la Saxe. Et quel était donc le coup important plus décisif que la prise de cette armée , et celui dont la réussite semblait plus probable?

L'auteur anglais rei^arde comme une bagatelle de détruire deux grandes armées , d'enlever leur artillerie et leurs bagages, de forcer le prince Charles à chercher un asile de l'autre côté du Danube ; il prétend que Frédéric aurait pu obtenir tout cela en envoyant 20 mille hommes à Beneschau le lendemain de la bataille, et qu'au lieu d'assiéger Prague, il se fut porté contre Dnun avec le reste de ses troupes. Beau projet !.... En jetant les yeux sur la carte, on verra que la ville étant débloquée , le prince Charles pouvait arriver à Beneschau aussitôt que les 20 mille Prussiens, pour les envelopper entre son armée et iaile droite qui s'y était retirée. Je suis surpris

l82 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

que Lloyd ne propose pas au moins d'opposer quelques divisions au prince , afin de Tempêclier d'agir, et de détruire les magasins de l'armée. 11 est vrai que pour cela il eût fallu 4o mille hommes; or le roi en détachant encore 20 mille à Beneschau , n en aurait donc eu que 3o mille pour poursuivre Daun qui en avait autant.

Comme il est incontestable que le roi devait, en tout cas, laisser un corps considérable devant Prague , il était beaucoup plus conforme aux règles de l'art de tenir le prince Charles enfermé » que de le laisser en campagne.

En disant que Frédéric devait lever le siège et accabler Daun, Llyod a calculé d'après une maxime qui n'a pas encore été clairement exposée, et que je crois ne pouvoir mieux placer qu'ici , avec les corollaires qui en résultent.

1 ° U initiative étant le plus sûr garant de la victoire, une année qui couvr^e un siège ne doit Jamais se laisser attaquer par l'ennemi; il faut ^ au contraire j quelle le prévienne ; car c est en battant T armée de secours qu on Jer a tomb er la forteresse ;

3° Si V ennemi se présente devant l'armée d'obsei^'ation avec une masse imposante , il faut lever le siège , réunir toutes ses forces j V attaquer suivant, les- règles ^ en accablant une extrémité de sa ligne par un effort conccTitj'é ;

3° L'armée de secours battue, on repi^ndra le blocus ou le siège y tout en la poursuivant de ma-

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