‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 58 sur 121 · CHAPITRE II I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II I. l

nièî^e à ce qu'elle soit hors d'état de i^evenir aidant la prise de la place;

4° Lorsquune armée entreprend un siège par suite de mouvemens offensifs et de succès antérieurs j, elle ne doit pas le couvrir par une position rapprochée y mais pousser son adversaire aussi loin que possible. En effet y plus la ligne à parcourir pour secourir la place sera longue , plus il sera difficile d'y réussir : le temps que l'armée gagnera en défendant pied à pied cette ligne , sera quelquefois suffisant pour prendre la place. Si l'ennemi parvenait enfin assez près pour faire présumer le succès de son entreprise ^ l'armée d'observation attirera promptemcnt les troupes du corps de siège , et de concert avec elles opérera un dernier effort.

Ces maximes ont été suggérées par la concliiite savante de Napoléon devant Mantoue ; Frédéric , pour les avoir négligées à Olmutz , perdit tous les fruits du brillant début de la campagne de 1758; mais elles ne sont point applicables aux circonstances du siège de Prague; c'était une armée battue et réfugiée qu'il fallait prendre ; en la débloquant, on perdait tout le fruit de la victoire ; la levée du siège était la dernière cliose à laquelle il fallût penser.

Je terminerai ce chapitre par quelques observations sommaires sur les opérations qui suivi-

l84 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRjiTIONS MILITAIRES.

rent la bataille de Rollin jusqu'au départ du roi pour la Saxe. Il serait inutile de rapporter ici tous les jugemeiîs de Lloyd; ils sont trop hypothétiques : on voit, d'ailleurs, dans le cours de 1 historique du clia])itre II , ce qu auraient pu faire les deux partis.

Lloyd , oubliant les principes sur lesquels reposent ses meilleures observations , loue les mesures prises par Frédéric pour lever le siège de Prague, et en déduit les maximes les plus fausses. Il prétend que le roi , en divisant sou armée en plusieurs corps considérables, facilita beaucoup sa retraite , et mit l'ennemi dans une telle incertitude , qu'il ne sut sur lequel fixer sou attention. L'auteur en tire une règle générale pour les retraites : c'est de diviser son arm.ée en autant de corps nombreux que la nature du pays le permettra. Cet ordre présente, suivant lui , plusieurs avantages:

1*^ Si 1 ennemi forme un nombre égal de divi-^ siens , il ne peut agir vigoureusement sur aucuu point. D'ailleurs l'armée en retraite a la faculté deréunir promptement ses colonnes, et d'accabler isolément celles de l'ennemi ;

1^ S'il opère en masse , il ne le fera que sur une division; les autres alors se retireront sans danger. Cette division, soutenue par une forte arrière-i^nrde, évitant de s'engager sérieusement,

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