CHAPITRE IV
et ce n'est pas sans fondement, comme la suite le démontrera. Au moyen de sa grande supériorité, le duc de Richelieu pouvait faire mettre bas les armes à ces troupes, ou tout au moins détruire et disperser le plus grand nombre , si une partie parvenait à s'échapper. On eut bientôt lieu de se repentir de la légèreté avec laquelle on les laissa aller.
Opérations en Saxe ; bataille de Rosbach.
Tandis que ces choses se passaient , le prince de Soubise avait continué sa marche vers la Saxe; et s'était réuni , le 3 1 août , à Erfurt, à l'armée des cercles , commandée par le prince de Hildbourgliausen, forte de 82 bataillons, ^1 escadrons avec 52 pièces de canoii : ces troupes après leur jonction prirent le nom d'armée combinée.
Leur projet étail de chasser les Prussiens de la Saxe , et l'exécution en semblait facile , car ce pays n'était gardé que par quelques garnisons. Le roi paraissait uniquement occupé à observer les Autrichiens en Bohême, et les généraux de l'armée combinée n'imaginant pas qu'il eût le temps, ni les moyens de s'opposera leurs opérations, résolurent de marcher sur la Saale, et d'ouvrir la cam.pagne par le siège de Leipsick, attendu qu ils pouvaient être protégés , dans cette
opération , par Farmée de Richelieu , qui n'avait plus d'ennemis devant elle. Après la reddition de cette place , l'armée combinée voulait prendre ses quartiers d hiver aux environs, et envahir, dans la campagne suivante , l'électorat de Saxe , le duché de Magdebourg et le Brandebourg.
Frédéric prévoyant que , s'il n'arrêtait pas les armées de Soubise et de Richelieu , elles seraient bientôt sur l'Elbe , et lui porteraient les coups les plus funestes , laissa une armée d'environ 56 bataillons et 100 escadrons au duc de Bévern , pour défendre la Silésie, et quitta Bernstadtel, le i5 août,avec 16 bataillons et 28 escadrons : il se réunit au prince Maurice , qui couvrait la Saxe , et après avoir laissé 2 régimens à Dresde , se porta au-devant de l'ennemi , avec 28 bataillons et 43 esca- <lrons. A son arrivée à Erfurt , le 1 2 septembre , les Français s'étaient retirés sur Eisenach ; mais je roi ne voulut pas s'éloigner de l'Elbe ni de la Saxe , vu que les Autrichiens pouvaient porter des corps sur ses derrières, tandis que Richelieu pousserait des partis sur Halberstadt et Magdebourg ; malgré sa faiblesse , il détacha néanmoins deux divisions pour couvrir ses magasins et ses états. En conséquence , le duc Ferdinand se mit en marche, le 14, avec 3 bataillons et 10 escadrons, vers le duché de Magdebourg, et le prince Maurice, avec n bataillons, se dirigea entre l'Elbe et la Mulde, afin d'observer le&