‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 65 sur 121 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

moiivemens des Autrichiens vers la Saxe. Le roi resta à Erfurt avec i3 batailloDS et 2?» escadrons. L'infanterie fut de nouveau cantonnée; la cavalerie campa en arrière de la ville; le quartierge'néral s'établit à Dittelstadt.

Le i5 septembre, Frédéric se porta avec les • hussards et les dragons à Gotha, où il laissa le général Seidlitz avec i5 escadrons; les dragons de Zetteritz restèrent en position intermédiaire entre Gotha , et Erfurt où le roi retourna.

Les généraux de l'armée combinée , informés que les Prussiens avaient fait deux grands détachemens , crurent pouvoir en profiter et débuter par la prise du corps de Seidlitz. Les hussards autrichiens et français, tous les grenadiers de l'armée , ainsi que les régîmens de cavalerie aile-' mande de Pretlach et Trautmansdorf , furent destinés à cette expédition, à laquelle les princes de Hildbourghausen et de Soubise voulurent assister. Seidlitz était trop vigilant pour se laisser surprendre ; mais comme il manquait d'infanterie et d'artillerie , il évacua la ville à l'approche de l'ennemi, et se posta à Sebenlebeu , où les dragons de Zetteritz reçurent ordre de le joindre. Les généraux alliés tirent leur entrée triomphante dans Gotha , et logèrent leurs grenadiers dans le château.

Sur ces entrefaites , Seidlitz ayant été joint par les dragons, tenta un coup de main. 11 fit re-

igS TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.

ployer les postes ennemis par les hussards , et marcha sur la ville, avec les dragons sur un seul rang. Les généraux en chef de l'armée combinée allaient se mettre à table , lorsqu'on leur annonça cette nouvelle. Bien éloigné de penser que quelques escadrons eussent l'audace de tenter une telle entreprise , Soubise crut avoir affaire à toute l'armée prussienne ; et comme il avait négligé de faire des dispositions, en cas de surprise, il donna le signal de la retraite en partant avec toute sa suite. Son exemple fut imité par les autres généraux, l'armée prit la route d'Eisenach dans le plus grand désordre, et les grenadiers, attaqués dans le château, l'évacuèrent. Ainsi Seidlitz , avec i5 cents chevaux réussit à chasser, d'une ville fermée, 8 mille hommes de toutes armes , et prit grand nombre de secrétaires , valets de chambres, officiers de cuisine , comédiens , coiffeurs , marchands de nouveautés , etc. Les bagages des généraux français et saxons tombèrent également en son pouvoir; on y trouva des caisses entières d'eau de lavande, de sans-pareille; des parasols, des manchettes; des singes et des perroquets (i). Cet événement qui prouve ce que peut un

(i) Je traduis fidèlement les expressious piquantes de Tempelhof, moins parce qu'elles témoignent contre une cour efféminée et corrompue , dont les vices s'étendaient sur l'armée, que parce qu'elles donnent une leçon aux peuples et aux princes.

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