‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 68 sur 121 · CHAPITRE IV. 2o · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 2o

qiier le lendemain malin, et à finir ainsi une eampai^ne dont i's ne semblaient pas faits pour supporter plus long-temps les fatigues. La droite et le centre du roi étant trop avantageusement postés pour donner cpielqne espoir de succès , on prit le parti d'attaquer laile gauche en flanc et à revers. Le comte de Saint-Germain fut détaché avec un corps considérable pour amuserFeunemi et proléger la marche de 1 armée. A onze heures, elle se mit en mouvement sur trois colonnes : la cavalerie allemande formait Tavant-garde , linfanterie la suivait; la cavalerie française fermait la marche. Arrivée sur le plateau à la hauteur du flanc gauche ennemi , Tannée fit halte , et la cavalerie française rejoignit celle qui était en tête.

Lorsque le roi s'aperçut vers deux heures, que Farmée avait dépassé son flanc et continuait son mouvement vers Mersebourg, il donna ordre à Seidlitz de marcher avec la cavalerie , par divisions à gauche , derrière les hauteurs , et d'aller se placer sur celle qui est située entre Lunstedt et Reichertswerben, tandis que l'infanterie suivrait à la hâte.

Les généraux de l'armée combinée, voyant l'ennemi quitter sou camp avec une sorte de précipitation , et ne pouvant pénétrer son but , imaginèrent qu'il se retirait. Appréhendant que la fuite du roi ne leur fît perdre le fruit de leurs

belles dispositions, ils s'avancèrent précipitamment avec la cavalerie, laissant Tinfanterie à luie grande distance , en vue d'atteindre l'arrièregarde , de la détruire , ou de forcer Frédéric à une action générale.

En débouchant près de Reicliertswerben , ils virent la cavalerie prussienne sur les hauteurs derrière le village , et continuèrent à s'avancer , présumant qu'elle n'était là que pour gagner du temps et protéger la retraite. Cette illusion s'évanouit bientôt. Seidlitz, marchant avec ses 4^ escadrons derrière la hauteur de Janus , et déjà arrivé en J, les forma sur deux lignes par une simple conversion (^ojez pi. 8 e< 9) , établit son artillerie sur le mamelon , chargea sur-le-champ les têtes des colonnes ennemies , et les rejeta sur Busendorf.

Les troupes combinées voulurent déployer îenrs colonnes sur la tête ; mais ne purent y parvenir, parce que le général Seidlitz se trouvait déjà établi sur leur front et leurs derrières. Les régimens de Pretlach et de Trautmansdorf , qui s'étaient néanmoins déployés en assez bon ordre, furent culbutés avec les autres et rejetés sur leiu* infanterie , à travers Reicliertswerben et Busendorf. Pendant que cette charge s'exécutait, 6 bataillons prussiens se formèrent successivement en arrière. Le prince Henri , marcha à leur tête, au

Page 1