CHAPITRÉ IV
soutien de Seidlitz , qui se disposait à poursuivre son attaque , et obliqua à gauche , afin de tourner plus complètement les colonnes ennemies.
Cependant le prince de Soubise ne regarda pas l'affaire comme perdue. La réserve , consistant en 5 régimens de cavalerie , eut ordre de soutenir l'infanterie pendant qu'elle se déploierait; cette réserve fut aussitôt chargée et culbutée. Alors l'infanterie française prise en flanc par celle de l'ennemi, et exposée à un feu très-vif d'artillerie et de mousqueterie, ne put tenir ni se former sur les têtes de colonnes : elle se retira, où elle essaya ensuite de se déployer sur la queue , entre le village de Busendorf et celui de Lustschiif, sous la protection d'un gros de cavalerie française; mais celle-ci ayant été forcée à se retirer, l'infanterie abandonna précipitamment le champ de bataille. Le comte de Saint-Germain couvrit la retraite.
Telle fut la bataille de Rosbach, où 22 mille hommes, conduits avec prudence et vigueur, en défirent plus de 5o mille , sans autre perte que 3oo tués ou blessés; l'armée combinée eut 800 morts , 6 mille prisonniers , et perdit 72 pièces de canon. L'armée prussienne campa dans la position R: son quartier-général à Burgwerbeu.
Observationsi
Il paraît que les généraux de l'armée ennemie, se proposaient d'agir suivant les circonstances , et voulaient d'abord envahir la Saxe, s'ils le pouvaient sans risque; car ils évitèrent pendant là campagne d'en venir aux mains , et tentèrent le sort du combat , au moment le moins favorable.
Lorsque le roi quitta la Saale, c'était l'instant d'attaquer Leipsick; on aurait pu prendre d'autant plus aisément plusieurs positions pour empêcber les Prussiens de secourir celte place, que Frédéric n'ayant sous sa main, qu'environ lo mille hommes , et 6 mille sous le prince Maurice , et que le corps commandé par le duc Ferdinand pouvant être aisément repoussé sous le canon de Magdebourg par un détachement de l'aile droite du maréchal de Richelieu , l'armée combinée n'aurait eu ainsi que ces 16 mille hommes à combattre.
Les troupes combinées ayant laissé réunir les difïërens corps prussiens à Leipsick , firent sans doute bien de repasser la Saale , puisqu'il est dangereux d'engager une action avec une rivière à dos , mais elles auraient du en défendre le passage : leur grande supériorité les mettant à même d'en surveiller tous les points. Les princes de Sou-