CHAPITRE IV
bise et de Hildboai gliausen devaient laisser un fort détachement vis à-vis de Weissenfels , un autre à JVIersebourg , et porter l'armée dans une position intermédiaire pour soutenir ces détachemens et arrêter l'ennemi. L'armée du roi passa la Saale sur trois colonnes , distantes de trois lieues, à Weissenfels, Mersebourg, et Halle, qui ne se réunirent qu'à Rosbach. On ne conçoit pas comment les confédérés laissèrent commettre impunément une si grande faute, puisqu'ils pouvaient prendre plusieurs positions pour empêcher la jonction de ces colonnes, et les attaquer séparément avec leurs forces réunies.
Ayant évité pendant toute la campagne d'en veniràune action, les armées combinées devaient pei'sister encore quelques jours dans ce système, 1° parce qu'il était vraisemblable que la situation des affaires en Silésie et en Westphalie forcerait le roi à marcher en personne contre les Autrichiens; 2° parce que, s'il ne prenait pas cette résolution , l'armée de Richelieu , alors disponible , eût opéré de concert avec celle de Soubise et manoeuvré sur les flancs de Frédéric , pour le forcer à évacuer tout le pays , ou l'accabler par leur énorme supériorité , dans le cas où il aurait voulu les attendre. Si donc Richelieu et les généraux de l'armée combinée se fussent conduits plus habilement, le roi perdait la Saxe ou la Siléiie , et peut-être ces deux provinces.
Le plan d'attaque des alliés contre leilanc gauche des Prussiens , était contraire à toutes les règles; en cas-tî'écliec, leur retraite devenait impossible , parce qu'ils avaient une rivière à dos et lennemi sur leurs communications. Lloyd pense que l'exécution n'est pas exempte de blâme, parce qu'ils tentèrent en plein jour, et en vue de l'ennemi , de déborder son flanc et de gagner le revers de sa ligne pour le couper de la Saale : malgré les avantages d une telle manoeuvre , les alliés pouvaient-ils espérer qu elle réussit contre Frédéric? L'auteur juge qu'ils auraient dû faire quelques démonstrations sur l'extrémité opposée pour attirer l'attention du roi, s'approcher de sa gauche par une marche de nuit , et l'attaquer sans lui donner le temps de changer de position : c'était le seul moyen d'exécuter leur plan, celui qu'ils employèrent devait le faire échouer.
Lorsque le roi quitta son camp avec une feinte précipitation , il fallait le faire suivre par le comte de Saint-Germain, et porter une forte division de cavalerie sur le chemin de Mersebourg pour reconnaître ses mouvemens : si ces deux corps avaient vu qu il se disposât à la retraite , ils auraient suffi pour battre son arrière-garde ; et si l'on s'était aperçu qu il ne faisait que changer de position , ils 1 eussent inquiété assez long-temps pour que larmée se formât ou se retirât dans son ancien camp.