‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 72 sur 121 · CHAPITRE IV. 2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 2l

Pour rendre ceci plus intelligible, je suppose quelarmée B marche àgaucbe par pelotons et par lignes , et que sa cavalerie gagne six ou huit cents pas; son aile gauche arrivera au moment où cette cavalerie aura fourni sa charge , et se reformera : les premiers bataillons aiTivés se mettront en bataille , et protégeront cette opération ; les deux armes réunies feiont alors un effort combiné. L'armée A voyant sa cavalerie culbutée au premier choc , formera sans doute un crochet avec l'infanterie de laile droite , en retirant la cavalerie sur la droite, pour qu'elle ne masque pas ce mouvement ; mais l'infanterie ennemie B ne lui donnera pas le temps de l'achever; si elle a continué de marcher rapidement, elle arrivera pendant qu'il s'effectue, et metti-a facilement en déroute une troupe ainsi surprise. En supposant même que l'aile gauche de l'armée B eut devancé les autres bataillons de quelques cents pas, ceuxci arriveraient toujours à temps pour appuyer son attaque et la rendre décisive. Il résulterait de cette manoeuvre une espèce d'ordre par échelons, dont chaque échelon prendrait son poste, lors-

un peu au moment d'un changement de direction, seraient plus faibles et ])lus facilement battues à cause de ce rapprochement. D'ailleurs, ce changement de direction n'est pas indispensable dans îe cas supposé; on peut faire exécuter un changement de front à ûcux brigades, elle refoulement des deux lignes o .4nrait plus lieu.

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que celui qui le précède aurait gagné quelques centaines de pas; en observant de les prolonger tous sur la gauche , l'ennemi serait complètement débordé et pris à revers, avant d'avoir pu s"y opposer. Le crochet en D , qu'il voudrait figurer, se trouverait aussi exposé à l'effet de l'artillerie qui battrait les troupes dont il serait formé.

La cavalerie peut beaucoup contribuer au succès de ces sortes d'opérations; et il faut dire, à la louange de celle des Prussiens , qu'elle prépai-a tellement la victoire , que l'infanterie put aisément l'achever.

On peut tirer de cette bataille une maxime accessoire, savoir : Qu'un général , commandant une armée maTiœuvrière doit, autant que possible j attaquer son ennemi , fût-il même supérieur en nombre , lorsqu'il est en mardis. En parcourant l'histoire de cette guerre, on se convaincra que le roi cherchait toujours à prendre ses ennemis dans un mouvement. Cette manoeuvre avait alors plus d'importance qu'aujourd'hui, à cause de la manière de camper et de marcher. Dans les dernières guerres , la moitié des combats n'ont été que des engagemeus de têtes de colonnes; le terrain et le système actuel ont également con- , tribué à ce changement.

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