‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 73 sur 121 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Observations sur les ordres de marche de Frédéric et sur ceux de Guibert. Maximes sur les magasins et sur les attaqiœs contre une armée en marche.

jTTlvaivt de donner la narration des évënemens qui se passaient en Silésie , pendant l'expédition du roi en Saxe, je vais présenter quelques observations justifiées parla bataille de Rosbach, et qui doivent, par conséquent, trouver leur place ici.

Les ordres de marche sont une partie importante de l'art de la guerre , Guibert a consacré plusieurs volumes pour nous en développer les diverses combinaisons : on me permettra de faire ici quelques observations sur ceux que Frédéric a le plus souvent mis en pratique.

Les réflexions qu'on va lire sont relatives à l'ancien système , c'est-à-dire à celui dont on s'est servi jusqu'à la guerre de la révolution. On y suppose deux armées campant à proximité , organisées par lignes, comme elles l'étaient jadis, et fortes d'environ 5o à 60 mille hommes. Depuis 1793, les masses sont devenues plus cousidérarables , on a été forcé pour les faire agir facile •

2l6 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

ment de les subdiviser , et de former dix à douze corps d'armée, agissant chacun vers le but commun; dès-lors les ordres de marche ont changé, et ceux proposés par Guibert, comme ceux de Frédéric , ont subi des modifications nécessitées par la différence de l'organisation des armées , autant que par le changement survenu dans la manière de les employer. Mais si les ordres de marche du roi n'étaient plus praticables pour les armées modernes, ils auront toujours un grand intérêt pour l'art , et conviendront pour un ou €Îeux corps d'armées destinés à manoeuvrer en présence de l'ennemi et à gagner une extrémité de sa ligne par un mouvement de flanc.

Sur les ordres de marche.

La clarté des dispositions du roi pour les batailles de Rosbach , Kollin et Leuthen : l'examen de son ordre de marche et de tous ceux qu'il a mis en usage avant et après ces batailles, m'ont *?galement frappé.

J'ai cru y découvrir une des causes principales de sa grande facilité à mouvoir les masses, à les porter vivement sur une extrémité de la ligne ennemie , à les laisser en colonnes ou à les former avec la rapidité de l'éclair, et je dois avouer que j'ai considéré cette cause, comme une de celles qui ont contribué aux succès de Frédéric. Dès-

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