CHAPITRE V
temps défaire un crochet ^ ni de changer de front ; il sera donc accablé successivement sur une extrémité de sa ligne j comme les Impériaux Is furent à la bataille de Leuthen.
6" Enfin y si l'armée ne veut pas former deux colonnes aussi longues que sa ligne de bataille ordinaire ^ elle peut y suUmnt le terrain ^ en faire quatre , en doublant sa ligne, ou marchant par ailes , sans augmenter V embarras de la formation. Ces quatre colonnes étant établies par lignes doublées, arrivées à peu près à la hauteur oîi elles doivejît se former 3 se dédoubleront ; la deuxième fera halte , et protégera le mouvement de la première, laquelle marchera jusqu'à ce quelle ait dépassé sa tête qui s'emboîtera alors avec le dérider peloton de la première ; de manière, qu'au mojen de la simple convei^sion dont nous avons paillé , elles se trouveront à même de former ligne
contigué.
Si elles sont formées par ailes , elles se retrouveront sur deux lignes par un simple changement de direction, exécuté simultanément par les têtes et les queues de chaque colonrie. L'ordre de marche de la bataille de Leuthen (pi. i3) le démontre clcdrenient.
Il est bien entendu toutefois que ces or^dj^cs de marche ne peuvent avoir lieu que sur un champ de bataille découvert , car dans les pays fortement coupés ces gi'ands mouvemeiis soîit impraticables;
222 TRAITi: DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
il faut alors arriver par les cUbouchds reconnus , et se borner à combattre en colonnes.
Pour rendre ces diverses manœuvres plus intelligibles, j'ai cru devoir joindre , à la fin de ce volume, une planche qui en représente tous les détails; et, pour la rendre plus intéressante , j'ai adopté Tordre de bataille que Frédéric avait arrêté à Rollin , mais qui ne fut point exactement suivi ÇP^oyez plajiche 7 et son explicationy
L'examen des ordres de marche de Guibert, va nous convaincre par la difliculté et les inconvéniens de leur application, que c'est par un système absolument inverse, que Frédéric faisait mouvoir ses masses avec tant de précision et de facilité.
Guibert a employé plusieurs chapitres , et onze planches , pour donner dilléiens ordres de marche de front, qui ne différent que dans les bataillons de déploiement, ou la direction de droite et de gauche; ainsi comme il sera inditierent de choisir Tun ou l'autre de ces chapitres, je prendrai le sujet de sa planche IX, ou l'ordre oblique simple. L'armée qu'il fait mouvoir est d'abord obligée d'ouvrir cinq marches , et de former cinq colonnes ployées sur la droite ou sur la gauche. 11 faut ensuite que ces colonnes exécutent une marche, en conservant parfaitement leurs distances à une demi-lieue , l'une de lautre. Arrivées au point d'attaque, elles doivent s'y dé-