CHAPITRE V
à demi distance de sections. Chaque batailion ayant trois divisions, ce serait dans le fait une formation sur trois lignes : mais les régimens, au lieu d'être déployés, seraient sur trois divisions de front et autant de profondeur ,
par conséquent plus concentrés , plus faciles à mouvoir , et plus forts. Au reste , cet ordre n'est pas incompatible avec une marche par lignes.
On ne disconviendi'a pas néanmoins que cette manière de marcher, si convenable au temps où les armées restaient en présence dans des camps tendus , dont elles avaient tout le loisir de connaître les approches; convenable encore pour manoeuvrer sur le terrain un jour d'affaire , n'ait perdu de son importance par la manière dont onfait la guerre aujourd'hui. Il faut bien se garder aussi d'en confondre le mécanisme avec les profondes combinaisons de la stratégie , ou avec les mouvemens nécessaires pour les mettre à exécution.
L'expérience des guerres de la révolution nous avait depuis long-temps engagé à présenter lesi modifications indispensab'js à ce système de marche et les maximes qui pouvaient en résulter. Le nouveau plan que nous avons adopté pour cet ouvrage nous détermine à les placer ici.
228 TRAITl^ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
. Il est bien reconnu aujourd'hui que la marche d'une armée en lignes contiguës , par ailes ou par lignes que Frédéric a recommandée comme la plus avantageuse, est sans doute une de celles qui conviennent le înieux lorsqu'une armée est en position de marcher à l'ennemi pour le combattre; alors elle est considérée comœ€ manoeuvre; mais elle est très-inutiie^ et embarrassante lorsqu'on est à soixante lieues de l'ennemi , qu'il n'a aucune grande armée réunie, et que plusieurs routes se dirigent concentriquement vers le point que l'on veut occuper. On conviendra , enefifet, que cinq corps de 20 mille hommes se porteront bien plus rapidement sur un point quelconque, en suivant cinq routes différentes , que ne le ferait une armée de 100 mille hommes marchant sur une seule route, ne pouvant se mouvoir qu'avec la lenteur inséparable des grandes masses , et forcée de traîner tout lattirail de ses subsistances avec elle. La célérité des mouvemens, cpii multiplie les forces d'une armée en portant sa masse aliemativement sur tous les points de sa ligne ^ est un avantage inappréciable à ia guerre : mais il n'est pas le seul qu'offre le système moderne; il y en a encore deux autres que nous avons indiqués, c'est-à-dire celui de faciliter les subsistances, et celui de diviser l'attention de l'ennemi.
Des corps d'armée de 20 mille hommes peu-