‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 79 sur 121 · CHAPITRE V. 22g · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 22g

vent trouver des subsistances dans tout le cours de leur marche, en y faisant contribuer les environs à quelques lieues à la ronde. Il suffira donc qu'ils conduisent avec eux du biscuit pour huit ou neuf jours , c'est-à-dire pour tout le temps où ces corps seraient en position et manœuvreraient devant l'ennemi , sur un espace de terrain resserré, et simultanément avec les autres divisions. Ainsi, les opérations militaires ne seront plus subordonnées aux élablissemens de grands magasins et à 1% marche régulière de la boulangerie (1).

Quant au second point , il est certain qu'une armée qui prend l'ofFensive et tente une invasion, a Vinitiatwe de tous les mouvemens ^ et que ceux de l'ennemi doivent être rapportés aux siens. Si elle occupe donc , par un de ses corps , chacune des grandes communications qui mènent à lui , il sera inquiété à la fois sur tout le développement de sa ligue d'opérations, et il se trouvera embarrassé pour décider sur quel point il doit porter les principaux efforts de sa défense.

Pour s'assurer de la justesse de ces assertions, on n'a qu'à méditer un instant sur les mouvemens que la grande armée a effectués , en 181 5,

(i) On sent bien que ce système ne peut être suivi que dans ut» pays peuplé et cultivé. Il serait , par exemple , impraticable dans îa ilussie et dans la Suède {Note de 1806).

aSo TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

depuis le Rhin jusqiià Donawerth , Zutnershaiisen, Gunzbourg et Memmingen, et ensuite depuis le Danube jusqu en Moravie.

Il me paraît que ce système d'opérations peut être consacré par les maximes suivantes :

1° LK)rsqii une armée se décide à effectuer une invasion y ou quelle prend V offensive , elle a l'initiative des mouvemens.

2 " Cet avantage la dispense de marcher en masse , tant quelle na pas atteint le point oii elle doit rencontrer l'ennemi et le combattre. Elle devra , au contraire , former , suivant sa force y plusieurs gros corps d'armée j et les diriger sur les communications qui conduisent concentriquement ojers ce point important.

3° La dij^ection générale ne peut être donnée que sur le centre , une des extrémités ou les derrières de la ligne ennem^ie (i)y m,ais ^ en thèse générale y il vaut mieux se diriger sur une extrémité; delà on peut ^ au besoin ^ arriver sur les derrières. La direction sur le centre ne convient que dans le cas ou la llgfie de son adversaire serait disséminée j et ses corps séparés par de grands intervalles.

4° Dans ce cas y il faut porter le plus grand nombre de ses corps sur l'une de ces parties isolées , et

(i) Voyez chapitre XIV, des Lignes d'Opérations.

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