‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 86 sur 121 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dès que le prince Charles fut informé de la retraite des Prussiens , il se dirigea par Lauban , Lowenberg, Golderg , Jauer , INicolstadt et Greihnig , où il arriva le 26. Cette position coupa à son adversaire la communication de Breslau , de Schweidnitz et de la Haute-Silésie. Le jour suivant , il fit canonner BarsdorfF, où les Prussiens avaient posté quelque infanterie : le feu ayant pris au village , elle fut obligée de se retirer , et occupa une position en arrière , où elle put être soutenue par l'armée. L'intention du prince était de l'attaquer ; mais le duc de Bévern se proposant de regagner , s'il était possible , la communications perdue , quitta Liegnitz dans la nuit du 27 , et se dirigea vers Glogau.

Le duc cherchait à y passer l'Oder en sùretë , dans le cas où il serait poursuivi par toute l'armée autrichienne ; mais comme il s'aperçut qu'il n'était suivi que par l'avant-garde , et qu'elle marchait sur la droite de la Kalzbach vers Parschwitz , il effectua ce passage le 29 près de Lampersdorff. Après avoir marché sur la droite de ce fleuve , il le repassa à Breslau , et campa le 1^^ octobre sur les bords de la Lobe , ayant la ville à dos ; rétablissant de nouveau sa communication avec la Haute-Silésie , et s'appuyant à Breslau.

Le prince Charles croyant que sou adversaire se retirait de Liegnitz sur Glogau jugea inutile

de le poursuivre , parce qu'il avait un refuge assuré sous le canon de cette ville, où il aurait pu s'approvisionner de tout ce dont il aurait eu besoin; les Autrichiens , au contraire, sans nuls dépôts sur cette ligne , jugeaient impossible d'en former en face de l'ennemi, qui avait plusieurs places fortes sur leurs derrières. Ainsi pour ne point fatiguer ses troupes par une poursuite inutile , le prince Charles se dirigea sur Breslau , espérant sans doute qu'avant l'arrivée des Prussiens il pourrait s'emparer de cette place , trèsfaible par elle-même , et défendue par une garnison peu considérable. Mais lorsqu'il arriva sur la SchweidnitzwarSser , il se trouva prévenu par le duc de Bévern , établi comme on vient de le dire entre son armée et la ville.

Il était difficile aux Autrichiens de rester dans cette position , car le défaut de subsistances et l'approche de l'hiver les eussent bientôt mis hors d'état de tenir la campagne. Le prince Charles ne pouvait pas non plus étendre ses troupes en quartiers d'hiver^ au milieu d'un pays où l'ennemi avait une armée et toutes les places fortes : d'un autre côté , il lui paraissait humiliant de se retirer en Bohême sans avoir fait aucune entreprise , et de perdre le fruit de ses opérations précédentes; cela aurait paru d'autant plus extraordinaire que son armée était supérieure à celle

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