‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 11 sur 196 · AXPA6*E OK 1757. — PREMIERE PÉRIODE · texte numérisé non relu

AXPA6*E OK 1757. — PREMIERE PÉRIODE

Invasion de la Bohême; batailles de Prague et de Kollin ; retraite du roi.

La coalition formée contre le roi de Prusse était devenue plus formidable depuis que la Suède et le corps germanique y avaient pris part. Les forces des coalisés furent portées à 800,000 hommes au moins, tondis que ce prince, avec tous ses aliés, n'en comptait que 180,000.

Comme plusieurs des ennemis de Frédéric ne pouvaient commencer leurs opérations que dans une saison avancée, à cause de leur éloigneroent, il résolut d'entrer en campagne le plus tôt possible, pour attaquer, avec ses forces réunies, le plus voisin et le plus redoutable de tous ; jugeant bien que, s'il était assez heureux pour frapper un grand coup contre les Autrichiens, au commencement de la campagne, il retarderait et peut-être empêcherait les opérations des autres confédérés.

Ces motifs pour le roi de brusquer un dénomment, devaient faire adopter un système opposé à l'impératrice Marie-Thérèse, dont l'intention était de rester sur la défensive, jusqu'à ce que ses alliés entrassent en campagne, parce que le roi étont alors obligé de diviser ses forces, se trouverait hors d'état d'opposer une grande résistance sur aucun point.

Afin de mettre toutes les frontières à l'abri des entreprises de l'ennemi, le raaré-

(J)Ce plan tlu roi est absolument semblable à celui des armées du Nord et de Sainbre-et-Meusc, en 1794; du Rhin et de Sambre-et-Meuse , en 1796; du Danube et d'Helvétie, en 1799. On voit donc qu'à ces dernières époques on n'avait pas agrandi l'échelle des combinaisons, comme on a bien voulu iv faire croire. Je combattrai, au reste, dans le

chai Brown divisa son armée en quatre corps. Celui de gauche, commandé par le duc d'Aremberg, prit position à Egra ; le second, sous les ordres du maréchal luimême, à Budyn ; le troisième, sous ceux du comte de Kœnigseck, à Reichenberg; et le quatrième en Moravie, sous le comte de Serbelloni, fut ensuite commandé par le général Daun.

Le maréchal croyait ainsi couvrir la Bohême, parce que chacun de ces corps était très-considérable, et qu'ils pouvaient facilement se concentrer, pour arrêter les progrès des Prussiens, s'ils tentaient de s'avancer. Lloyd pense néanmoins que Brown ne leur supposa pas ce desseiu ; sans cela, il n'aurait pas établi ses magasins sur les frontières, contre toutes les règles militaires.

Frédéric ayant résolu de pénétrer en Bohême, divisa aussi son armée en quatre corps : le premier sous les ordres du prince Maurice, prit position à Chetunitz; le second, commandé par le roi en personne, à Lockwitz; le troisième, sous les ordres du duc de Bévcrn, à Zittau ; le quatrième, sous ceux du maréchal Schwérin, en Silcsie.

Ces corps étant nombreux, le roi jugea qu'il pouvait les faire entrer séparément en Bohême ; mais, pour ne les pas exposer à être battus en détail, les deux premiers devaient se joindre au moment où ils déboucheraient des défilés , aux environs de Lowositz, et les deux autres sur l'iser, aux environs de Turnau. Il était probable que les quatres corps, n'en formant alors plus que deux, pourraient sans risque se diriger sur Prague, où ils devaient se réunir (1).

chapitre XIV, le système de ces doubles lignes sur une même frontière, auxquelles on donne de benux points de réunion è cent lieues de la base et dans des positions occupées par l'ennemi. De tels plans ne peuvent réussir que dans le cas d'une grande supériorité numérique nu de fautes commises par l'adversaire.

Page 1