‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 113 sur 196 · IE XVII · texte numérisé non relu

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çurent la mort dans les rangs ennemis. Le carnage fut effroyable, car on se fusilla et mitrailla à cinquante pas. Toutefois le roi ne perdit pas l'espérance, et renvoya à la charge les plus braves des bataillons repoussés, jusqu'à ce qu'enfin le plus grand nombre eût succombé. Le corps de Finck ne fut pas plus heureux à l'attaque des hauteurs de l'Elsbuch ; il fut constamment culbuté, et l'aile gauche, qui voulait emporter le Spitzberg, éprouva le même sort.

Dans cette position critique, Frédéric envoie l'ordre à sa cavalerie de voler à la droite, et de chercher à entamer l'infanterie ennemie. Le duc de Wurtemberg part aussitôt à la tète de quelques régiments, forme près du grand moulin autant d'escadrons que le terrain le permet, et se dispose a charger à l'issue du kuhgrund, lorsque blessé grièvement, il tourne les yeux derrière lui et voit fuir ses escadrons, épouvantée du feu terrible de l'ennemi. En vain, le général Putkamer s'avance avec ses hussards, il perd la vie et son attaque reste sans succès. En moins de six heures, les Prussiens eurent 16,000 hommes hors de combat. Pourtant ils faisaient encore des prodiges pour se maintenir ; mais quelquea escadrons autrichiens ayant chargé le flanc droit de Finck, au pied de l'Elsbuch, le culbutèrent et décidèrent la retraite. Le désordre fut si grand pour repasser les ponts du ruisseau de Hunerflies, que la plus grande partie de l'artillerie du roi, au nombre de 1 65 pièces , fut abandonnée. Frédéric , couvrant la retraite avec le régiment de Lestwitz, reçut une contusion, et vit prendre 2 bataillons derrière lui. 11 ne repassa le défilé qu'un des derniers, poursuivi de trèsprès par l'ennemi.

| le Spittberg pour le cimetière; enfin il a beaucoup blâmé la charge de cavalerie exécutée a la gauche , tandis que Tempelhof ntsure qu'il en d«mna hiiméme l'ordre.

lit A LTÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.

L'armée adverse était elle-même en si mauvai» état , que Soltikof ne Lança à la poursuite des Prussiens que quelques escadrons autrichiens de Laudon. Les restes de l'armée victorieuse passèrent la nuit pèlemélc sur les hauteurs de Oetscher ; le roi ralliant les débris de la sienne au pont de l'Oder, passa la nuit à la réorganiser, et le lendemain à midi , cette opération fut terminée.

Afin de rendre la victoire décisive , Frédéric avait ordonné au général Wunsch, resté à la garde des ponts de bateaux, de se porter avec quelques bataillons sur Francfort, d'enlever la ville et de couper la dernière retraite de Soltikof en «'emparant du pont. Wunsch avait pris de si justes dispositions, qu'il fil la garnison prisonnière et garda les ponts ; la perle de la bataille seule le força à revenir sur ses pas.

Dans cette mémorable et sanglante journée de Kunersdorf, les Prussiens perdirent 20,000 hommes, dont 18,000 hors de combat ; c'était la moitié des forces présentes. La perte des ennemis fut d'environ 16,000 Russes et 3,000 Autrichiens tués ou blessés.

Soltikof écrivit à l'impératrice que, s'il remportait encore une victoire semblable, il irait en porter la nouvelle à pied, un bâton à la main.

Le roi y montra un courage étonnant ; on fut obligé de l'entrainer hors de la mêlée, et sans le dévouement du major Prittwitx, il y aurait perdu la liberté ou la vie. L'armée repassa l'Oder, le 13 au soir, et rompit aussitôt les ponts ; elle se porta ensuite, le 16, à Malvitz; le 18, à Furstcnwalde, où elle garda les passages de la Sprée et couvrit Berlin. Le roi se fit joindre par le général Kleist , qui avait jusqu'alors observé les Suédois sur la Péene avec 6 bataillons et 7 escadrons, recompléta ses parcs, et réorganisa ainsi une petite armée de 28 à 30,000 combattants.

De son eùté, Soltikof après avoir passé l'Oder le 16, campa la droite à Tzctsche-

now, la gauche à Lossow, le corps de Luidon vers la droite, Uaddick, avec là * 15,000 hommes, à Hohenwalde; le* allié»

restèrent jusqu'à la fin du mois dans ce»

positions, singulier résultat d'une victoire saus exemple dans l'histoire de cette guerre, et emploi bien fautif d'une supériorité no mérique qui leur garantissait la conquête de la Prusse.

On a reproché à Frédéric de ne pas s'être contenté de la prise du Muhlberg, et d'avoir continué les attaques. Terapelhof, pour le disculper, fait une longue dissertation inutile à rapporter ; car il est en effet ridicule de reprocher après coup à un général, d'avoir poursuivi ses succès. Sans doute le roi aurait mieux fait de se contenter d'une demi-victoire, que de perdre une bataille aussi terrible, s'il avait pu prévoir comment tournerait la seconde attaque. Mais attendu que H bataillons seulement se trouvaient engagés, n'avait-il pas les plus belles chances peur donner le dernier coup à une année pour ainsi dire cernée? Toutefois, on ne saurait se dissimuler qu'après la prise du village da kunersdorf, le roi u'ait eu une sorte d'intérêt à s'en tenir là ; il occupait alors les deux routes aboutissant à la ligne d'opération»

de l'ennemi, celles de Reppen et de ftelentig. En laissant reposer ses troupes, et poussant 10 escadrons de hussards dam la plaine de Reipsig pour observer l'ennemi durant la nuit sur la route de Grossen, Frédéric mettait Soltikof dans l'alternative de capituler le lendemain, ou de se faire jour, ce qui eût été fort difficile, puisque les avantages du terrain et de la victoire de la veille, garantissaient aux Prussiens le succès d'une bataille défensive.

Mais comment blâmer un grand capitaine qui a enlevé la moitié d'un camp ennemi , de chercher à culbuter le reste ? Ce ne sont pas là de ces observations admissibles. Je ferai au roi un reproche d'une autre espèce, celui d'avoir mal soutenu la première attaque, et je vais démontrer que e était une fouie

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