‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 115 sur 196 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Opérations en Saxe et en Silésie, à l'époque de la bataille de kunersdorf, et à la suite de cette journée.

On se rappellera, que Finck n'avait laissé en Saxe que la garnison de Dresde, et quelques troupes à Leipzig, Wittenberg et Torgau. Qu'au moment où Frédéric combattait les Russes, et que Daun marchait à Pribus pour se lier de plus près à Soltikof, et protéger les opérations de l'armée des cercles, celle-ci, maîtresse du champ de bataille, avait envoyé un détachement sommer Leipzig, qui ouvrit ses portes le 6 août.

L'armée vint y camper le 8 , et le duc de Deux. - Ponts porta ensuite sur Torgau le corps du prince de Stolberg, fort d'environ 13 à 18,000 hommes. Cette expédition n'offre d'autre intérêt que la conduite héroïque du colonel Wolfersdorf, qui y commandait.

La place de Torgau n'était alors défendue que par une muraille et un fossé, auxquels on avait ajouté quelques parapets en terre.

Malgré son mauvais état et la faiblesse de la garnison , Wolfersdorf y soutint trois assauts : un quatrième était entamé et la garnison manquant de munitions, il allait réussir, lo rsque le brave commandant sortit à -la tête de 400 hommes, prit la colonne d'attaque à revers et la mit en déroute avec -une perte très-considérable.

Enfin , après une résistance aussi honorable, n'ayant plus de cartouches , il consentit à livrer une ville sans défense, à condition qu'il se retirerait librement avec sa garnison et tous ses bagages. 11 sortit, le 8 , avec les honneurs de la guerre , et reçut du roi l'ordre de se porter à Potsdam.

Le 20, Wittenberg fut sommé ; le géné-

ral llorn, qui l'occupait , avec S bataillons saxons capitules à Pirna , ne voulant pas essayer de se défendre avec des troupes suspectes, livra la ville, et se retira également à Potsdam.

Pendant que ces choses se passaient, Daun avait porté les divisions de Wehla et Brentano devant Dresde , pour observer la place et agir de concert avec l'armée des cercles; il y joignit ensuite la division Maquire, ce qui forma un corps d'environ 15,00(1 hommes. Le duc de Deux-Ponts laissant le général Saint-André aux environs de Leipiig avec 12,000 hommes pour couvrir ses con quêtes, se porta à Meissen, où il arriva le 27 août. Maquire était déjà, le 26, devant la ville neuve de Dresde, et en avait attaque vainement le faubourg.

Le comte de Schmettau, qui avait si bien défendu cette place, l'année précédente, s'y trouvait encore, et faisait tous les préparatifs d'une défense vigoureuse : il répondit aux menaces et aux premières attaques des Autrichiens , en faisant brûler le superbe faubourg, et évacuant la ville neuve, pour concentrer ses moyens dans la vieille , sur la rive gauche de l'Elbe. Mais tous les malheurs semblaient devoir accabler Frédéric dans cette campagne. Immédiatement après la perte de la bataille de Kunersdorf. il écrivit au comte de Schmettau pour le prévenir qu'il ne devait compter sur aucun secours , et l'engager à se ménager uue capitulation qui sauvât la garnison et 20 millions qui se trouvaient dans les caisses. La cour de Saxe , tremblant d'être bombardée , détermina par ses sollicitations Maquire à proposer à Schmettau une capitulation avantageuse. Le comte profila de la démarche de Maquire pour demander , le 3 septembre , non-seulement la libre sortie de la garnison, mais encore de toutes les propriétés prussiennes , ce qu'on lui refusa d'abord , mai»

qui fut ensuite accordé à l'approche du corps de Wunsch.

Ce général, parti de Furstenwald, la 51

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