CHAPITRE XVIII
qu'ils restaient sur la rive gauche et avaient l'intention d'assiéger Glogau , il résolut de les attaquer. L'armée se porta, le 19, à Forste, et le 20 à Schœnwalde ; d'ici le roi manda au prince Henri et à Fouquct, de lui envoyer toutes les troupes disponibles. Fré- «léricayant poussé sur Sagan une reconnaissance qui replia le faible détachement qui s'y trouvait, s'établit le 21 au matin, la gauche sur le Galgenberg, vers la ville, la droite à Elkendorf.
Cette belle marche acheva de rétablir ses affaires; elle le mit en état de se lier avec le prince Henri afin de sauver Glogau , et rompit pour toujours l'ensemble des opérations de ses ennemis. Les Russes à Chrisiianttadt, etlesAutrichiensàBautsen, avaient entr'eux la masse des Prussiens qui occupaient les deux positions intérieures de Sagan et de Gorlitz.
Informé, le 21 , que Frédéric marchait sur la direction de Glogau , Daun , résolut •l'agir avec toutes ses forces contre le prince Henri , pour le repousser de la haute Lusace, en Silésie, et s'assurer ainsi la possession de la Saxe. A cet effet, il porta le général Odonell à Reichenbach avec les grenadiers à cheval ; l'armée suivit, le 23 au malin, et campa près de cette ville. Daun poussa une reconnaissance sur le Landscrone, près de Gorlitz, et résolut d'enlever le corps de Ziethen, quand cela n'était plus en son pouvoir.
L'intérêt que les Autrichiens attachaient à la conservation de Dresde et à la conquête de la Saxe , démontré par toutes leurs opérations , ne pouvait échapper au prince Henri, qui voulant éloigner l'armée de Daun de la Silésie , et donner au roi les moyens d'opérer en sûreté, jugea qu'en gagnant la gauche de l'ennemi et menaçant Dresde, il l'obligerait à se diriger sur l'Elbe.
Le 2g septembre , le prince se mit en mouvement, et , après une marche forcée , arriva le 25 , au point du jour , près de Hoyerswerda. Le prince ayant appris que
le général Web la se trouvait encore en observation derrière l'Elster, chercha à le surprendre, fit faire halte, dans les bois, à soi» avant-garde, et porta sur les flancs de forts détachements de cavalerie pour gagner et couper l'ennemi, tandis que l'avant-garde marcherait sur la ville.
L'opération fut parfaitement exécutée ; dès que la cavalerie eut passé la rivière, elle se forma par escadrons et chargea vigoureusement les Autrichiens qu'elle dispersa. Une partie du corps réussit à gagner les bois, Wehla fut pris avec 1,800 hommes.
Cette marche rapide du prince Henri qui fit, avec l'attirail des magasins, vingt lieue» en deux jours au milieu des armées ennemies, est une des plus belles opérations de cette guerre. Lorsque Daun eut connaissance du départ des Prussiens, il se porta, le 28, sur Gorlitz, afin de reconnaître le but de leur mouvement ; informé alors qu'ils s'étaient dirigés sur Hoyerswerda, il retourna le même jour à Bautzen pour couvrir Dresde au besoin.
Deux jours après son arrivée à Hoyerswerda, le prince Henri fut prévenu que l'armée des cercles, réunie à Haddick, devait nvoir attaqué et repoussé le général Finck de Meissen , nous allons rendre maintenant compte de cette opération en reprenant lea choses de plus haut.
Nous avons vu que Finck s'était réuni, le 1 1 septembre, au corps de YVunsch. Le lendemain, ces deux généraux se reportèrent en avant; après avoir occupé Eulenbourget Leipzig, où ils prirent 3 bataillons ennemis, ils se dirigèrent sur Dobeln et Meissen. Dès que le duc de Deux-Ponts en fut informé, il résolut d'aller les y attaquer, mais il jeta assez inutilement 16 bataillons dans Dresde, qu'il aurait pu aisément confier à un corps moins nombreux. Le corps de Finck campait vers Korbitz, et y fut attaqué le 21 septembre, par les Autrichiens, aux ordres du général Haddick ; Wunsch occupait les
TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES
hauteurs de Siebeneichen, où l'armée des cercles s'amusa toute la journée à le canonner. Après un combat peu important, le général Finek repoussa l'ennemi avec perte «l'un millier d'hommes, et l'armée impériale retourna à son camp de Wiladruf.
Le prince Henri, mal informé d'abord de l'issue de cette affaire, se mit en marche, le 28, pour joindre Finck ; arrivé le 29 à Elsterwerda , il y apprit alors le résultat d'un combat livré huit jours auparavant, et dont il aurait dû avoir connaissance dans les vingt-quatre heures. Il persista néanmoins dans son projet de jonction , et résolut de passer l'Elbe entre Heissen et Strehlen ; l'armée campa donc, le 2 octobre, vis-à-vis de Torgau, l'avant-garde à Neigera.
Sur ces entrefaites , Daun comptant prévenir le prince Henri sur l'Elbe, avait quitté »on camp de Bautzen pour marcher sur Dresde, où il arriva le 29. L'armée des cercles s'était retirée derrière le val de Plauen ; celle des Autrichiens campa près de Kesselsdorf, où elle séjourna le 30, pour attendre ou couvrir ses parcs et les corps détachés. En attendant , Daun reconnut journellement la position de Finck, qu'il voulait accabler avant l'arrivée du prince Henri : l'attaque fut fixée au 2 octobre; mais lorsque les Autrichiens se mirent en mouvement, ils ne rencontrèrent plus l'ennemi, Finck avait décampé en silence dans la nuit, et se trouva posté vers 7 heures a Strehlen.
Le 3 , Daun se porta sur sept colonnes à Lommatsch : Brentano inquiéta le camp de Strehlen. De son côté, le prince Henri passa l'Elbe le même jour à Torgau, campa à Belgern et arriva le -4 octobre à Strehlen , où il se réunit enfin avec le corps de Finck : l'armée consista alors en 83 bataillons et 1 03 escadrons. Le général Bulow fut posté avec sa division à Eulenbourg pour communiquer avec Leipzig.
Daun vint le même jour à Heyda ; son armée n'avait pas moins de 64 bataillons ,
de 78 escadrons de grosse cavalerie, «ans compter les hussards , l'infanterie croate , le corps de Brentano, celui de Geramingen ni l'armée des cercles. Gemmingen , avec 8 bataillons et 10 escadrons, couvrait la gauche à Seerhausen ; Es 1er haï y, avec les troupes légères, à Hof ; le corps de Haddick fut amalgamé avec l'armée, et le général se retira.
Le maréchal autrichien avait enfiu reçu de sa cour l'ordre d'attaquer le prince Henri ; mais se souciant peu de courir le»
chances d'une bataille, il préfera obtenir l'évacuation de la Saxe, par des manœuvres, que de la gagner les armes à la main. Il crut qu'en menaçant les magasins de Torgau, il forcerait les Prussiens à quitter la position de Strehlen, et qu'il les couperait aisément de Wittenberg et de Magdebourg.
Ces petits moyens lui parurent plus conformes à sa maxime favorite, qui était d'aller lentement, mais à coup sûr, et il forma le dessein de se prolonger insensiblement par sa gauche, afin de gagner l'extrême droite du prince, et de l'attaquer ensuite à revers ; ce fut dans cette vue qu'ils exécuta les mouvements suivants :
Le 5 octobre, F.slcihary se porte n Ratien.
Le f>, L'armée à Hof, en présence du prince; le» postes des deux armées séparés par le ruisseau qui coule h Schonewiti e i Borna.
Dana convoqua un conseil de guerre pour deibéror s'il convenait d'attaquer les Prussiens dans leur position. Les avis y furent si partagés qu'on se sépara sans avoir rien arrêté.
Le 8, Eslerhaxy campe a Lnmpertswalde.
Le 12, Gemmingen et Brentano, renforcés par le* grenadiers à clievul . sous les ordres de Buccow, marchent n Dahleo , et cherchent a enlever le corps de Rebentisch, qui avaii remplacé Bulow, et se trouvait n Schilda le 13 au matin. Brentano se porte prés de Sernewili, et lui coupe la route de Strehlen et Torgau.
Le 15, Ituccow se dirige sur Seliildn; Rcbcutiseh trop faible se replie h temps a \\ il.Kchni» , d'où il se replu* à l'entrée de la nuit sur Torgau.