‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 126 sur 196 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Préparatifs généraux ; opérations des armées françaises et alliées.

Tandis que les armées prenaient un peu de repos, Frédéric négociait pour détacher quelques puissances de la redoutable ligue formée contre lui, et cherchait en même temps à recompléter les cadres de son armée. Le désastre de Maxen avait enlevé des corps entiers ; et il restait si peu d'officiers, que la plupart des régiments n'en comptaient plus la moitié ; car Frédéric qui affecta tant de philosophie et foula aux pieds mille préjugés, respecta ceux de la noblesse, et n'osa ouvrir la carrière des armes à tous les citoyens. Le recrutement ne fournit pas

de soldats d'une forte constitution , mais quelques bataillons qui firent nombre. Le matériel d'artillerie fut recomplété. La cavalerie reçut quelques remontes.

Cependant les négociations entamées par le roi échouèrent à Versailles comme à Pétersbourg; le cabinet français était sincèrement attaché à l'Autriche ; celui de Pétersbourg, mené par un favori, dévoué à Marie- Thérèse.

Les Anglais qui feignirent désirer la paix, la tinrent sans doute à trop haut prix, et continuèrent les subsides à leurs auxiliaires: l'armée du duc Ferdinand fut portée à plus de 70,000 hommes en troupes anglaises, hanovriennes, hessoises et de Brunswick.

De son côté, le cabinet de Versailles mit ses armées sur un pied respectable, et en

confia le commandement nu duc de Broglie : la grande armée comptait 80,000 hommes: le comte de Saint-Germain commandait, sur le bas Rhin, un corps de30,000, et le prince Xavier une réserve de 15,000.

L'Autriche et la Russie avaient renforcé leurs armées, et arrêté un plan de concentration sur l'Oder, mieux conçu que celui de la campagne précédente. Laudon allait commander un corps considérable en Silésic , et opérer sur ce fleuve conjointement avec Soltikof. Daun, avec une année de 100,000 hommes, devait retenir le roi en Saxe, ou le suivre, s'il marchait au secours de la Silésic.

Tout présageait la ruine prochaine de Frédéric, et les premiers événements de la campagne n'auraient plus laissé de doute à cet égard, si les alliés n'avaient pas commis les mêmes fautes.

Le plan du maréchal de Broglie, était de s'emparer de la Hesse, et du Hanovre. Son intention d'opérer avec la grande armée, contre la gauche des alliés, tandis que le corps du comte de Saint-Germain pénétrerait en Westphalie. Les préparatifs d'entrée en campagne furent très-longs ; car suivant l'usage du temps, il ne se mit en mouvement qu'après avoir approvisionné les magasins qui devaient l'alimenter, opération difficile, eu égard à la force de l'armée et à l'épuisement du pays.

Enfin, le lfi juin, le comte de Saint-Germain passa le Rhin, et s'établit, le 20, à Dorttmind ; l'armée campa, le 22, à Gruneberg, et le 2-4, vers Hombourg, derrière l'Hom : les troupes légères prirent poste à Dillenbourg et Stauffenberg. Le prince Xavier, quitta l'éveché de Fulde , et joignit le due de Broglie à Hombourg.

Aussitôt que Ferdinand fut informé du départ des Français, il se porta, le 24, de Frittlar à Neustadt ; tous les corps détachés se retirèrent. L intention du duc était d'attaquer ; mais, trouvant son adversaire trop bien posté, il se relira, le 26, à Ziégenhain,

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