‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 130 sur 196 · CHAP1TI · texte numérisé non relu

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relira à Brune, et se rendit, le 27 octobre, à Klcin-Reckum ; le duc de Castries, à Drevenich. Les? deux partis s'etant observés pendant un mois, prirent ensuite leurs quartier» d'hiver.

Tandis que ces choses se passaient sur le Rhin les armées principales restaient en repos sur la Dimel ; enfin le duc voulant prendre Gœttingen, passa le Weser, le 21 novembre, et le fil investir ; mais les pluies continuelles, le défaut de vivres, et les mouvements du duc de Broglie, le décidèrent à lever le blocus, le 13 décembre, pour entrer en cantonnements.

Ainsi finit la stérile campagne de 1760.

On manœuvra sans se battre , on se battit sans manœuvrer : les combats eurent lieu sur les points accessoires, tandis que les grandes armées se contentaient de menacer, far des détachements, les points sur lesquels elles auraient dû diriger leurs efforts et livrer bataille.

Tempelhof a trop disserté pour prouver que le duc de Broglie adopta un mauvais plan en cherchant à pousser des corps par la droite, sur Gœttingen et le Hanovre , et qu'il eût mieux valu y marcher de front, par la Westphalie, afin de faire tomber auparavant les places de Lipstadt et de Munster, sans lesquelles ses manœuvres n'étaient que de véritables incursions. Il est facile de juger que ces raisonnements s'appuient sur un vieux système. Cette seconde partie du plan de Broglie se rapprocha alors avec celui de Contades dans la campagne précédente ; il consistait à manœuvrer par la droite, pour gagner l'extrême gauche et les derrières de l'ennemi , en le coupant du Weser. Il offrait comme l'autre de grandes chances, et manqua aussi dans son exécution : car au lieu de livrer une grande bataille, l'armée resta devant le front de l'ennemi , se bornant à pousser des divisions sur sa droite.

Lorsque le duc de Broglie fut maître de Cassel, et que les alliés campèrent sur la

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Dimel, il fallait les tourner par leur gauche, versRobeck, changer de direction sur Warbourg, s'établir perpendiculairement à la Dimel , la gauche à ce fleuve , et pousser l'armée alliée sur Lipstadt. Broglie pouvait exécuter tout cela , en laissant un corps à Kalenberg et Hochenbourg ; mais il fallait le faire sans donner le temps à l'ennemi de manœuvrer. Ce n'est pas en prenant des positions sur les communications et y séjournant, que l'on détruit les armées : si Napoléon était resté sur le Lech , en 1 80o , et sur la Saale, en 1006, t7 n'aurait pas empêché Mack de faire sa retraite par Donawerth; et le duc de Brunswick, de se retirer sur l'Elbe.

Les sièges de Lipstadt et de Munster, dont parle Tempelhof, n'étaient que des accessoires et n'eussent rien produit ; un seul mouvement du duc Ferdinand pouvait les faire lever. 11 est toujours temps de songer aux places, lorsqu'on a décidé les grandes questions avec les armées qui doivent le»

secourir.

Je ne m'étendrai pas en réflexions inutiles sur la singulière expédition des alliés contre Wesel ; elle ne pouvait que distraire des forces considérables du point décisif, pour les appliquer à des entreprises hasardeuses, et compromettre non-seulement les corps qui s'y trouvaient employés, mais encore l'armée principale. Si le duc de Broglie avait opéré d'après les règles de l'art, il eût vraisemblablement fait payer cher à Ferdinand cette folle expédition.

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