‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 131 sur 196 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Premières opérations en Silésic et en Sare; affaire de Landshut, et siège de Dresde.

Sans entrer dans les détails des petites afFaires qui eurent lieu pendant l'hiver, je me bornerai à indiquer celles qui méritent d'être citées.

TRMTÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES

Les Suédois, inquiétés dans leurs cantonnements, voulurent enlever le pont d'Anclam, sur la Peene, afin d'être à l'abri de surprise. Leur coup de main réussit; ils s'emparèrent le 28 janvier des faubourgs , surprirent les postes et pénétrèrent pêlemêle avec eux dans la ville ; le général Manteufel égaré dans l'obscurité, fut blessé et pris avec 150 hommes. Cet exploit fut le dernier de cette malheureuse armée; elle ne reparut sur le théâtre de la guerre qu'au milieu d'août, pour y jouer un rôle aussi insignifiant qu'auparavant.

Les armées en Saxe furent tranquilles, à quelques affaires de postes près. Le corps de Beck surprit le général prussien de Zetteritz, aux environs de Kosdorf, et le fit prisonnier.

Laudon, après avoir dénoncé la rupture de l'armistice qu'il avait conclu pour son corps, chercha à enlever celui de Goltz, qui cantonnait en haute Silésie à Neustadt et environs ; mais ce général leva à temps une partie de ses quartiers, et les rassembla, le U février, à Ober-Glogau ; néanmoins Laudon le gagna avec toute sa cavalerie, et attaqua le régiment de Manteufel qui couvrait les parcs. Ce brave régiment se forma en carré long, continua sa marche, repoussa I cinq ou six charges avec une bravoure héroïque, et arriva heureusement à Steinau après avoir perdu 1-40 hommes.

Toutes ces choses ne décidaient rien ; les grandes armées restaient dans leurs positions. Celle de Daun, par suite d'un système inconcevable, après avoir remporté des avantages signalés, continuait à s'enterrer sous des retranchements près du val de Plaucn, et semblait ainsi trembler devant un adversaire qu'elle aurait dû écraser. Un corps nombreux aux ordres de Lascy cantonnait sur la rive droite de l'Elbe, et poussa celui de Beck sur Zittau. L'armée prussienne cantonnait en face, la droite vers Freyberg, le centre à Wilsdruf, la gauche aux environs de Meissen. Sehniettnu occupait Gorlin avec

7 bataillons et 18 escadrons. Fouquet, en haute Silésie, se trouvait opposé au corps de Laudon. Enfin l'armée de l'Oder devait, sous les ordres du prince Henri , tenir tête aux Russes lorsqu'ils paraîtraient sur la scène.

Le plan d'opérations des deux partis fut, à peu de chose près, le même que celui de la campagne précédente : les coalisés ne voulaient frapper de grands coups en Silésie, qu'après l'arrivée des Russes ; Laudon commandait une armée de 50,000 hommes; Daun devait retenir le roi en Saxe. Les affaires de Frédéric paraissaient plus désespérées que jamais : ayant perdu la clef de la Saxe, et ne pouvant abandonner ce pays sans laisser le sien à la merci de l'ennemi , il semblait que rien ne dût s'opposer à la jonction des armées coalisées.

Le 18 mai, l'armée du prince Henri prit des cantonnements le long du Bober et de l'Oder jusqu'à la mer Baltique ; le gros entre Lovenberg et Sagan liait sa droite avec le corps de Fouquet, cantonné jusqu'à Landshut. L'armée du roi avait fait un petit mouvement rétrograde sur Corbitz et Meissen. Daun restait en position, se bornant à pousser le général BerUchingen sur Wilsdruf ; Laudon s'était retiré en Bohême, laissant Draskowitz en haute Silésie, et Wolfersdorf à Trautenau, vis-à-vis Landshut.

Opérations en Silésie.

En attendant l'arrivée des Russes, le général Laudon résolut d'ouvrir la campagne par le siège de Glatz, et de s'emparer du poste de Landshut, qui lui était nécessaire pour arrêter ses communications avec la Bohême. Il rassembla son armée à Kosteletz, en partit le 29 mai, et campa le 31 à Frankenstein, tandis que jDraskowilz occupait Weidenau , et que Wolfersdorf marchait à Teutsch-Prausnilz. Fouquet instruit de ces mouvements, se porta aussitôt aux environs de Froybcrft. et rendit compte de sa situa-

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