OPÉRATIONS MILITAIRES
ment de Vieux- Schenkendorf, comme nous l'avons déjà dit. Le général Saldern forma alors deux bataillons en colonne double, par le flanc droit et le flanc gauche , leur fit passer vivement la digue, gravir les hauteurs, et marcher sur Siptitz, où il les suivit avec le reste de ses troupes.
Ziethen fit ensuite passer tout son corps en partie par la digue, en partie par le taillis à gauche de Siptiti : quelques corps autrichiens reparurent pour s'opposer à cette opération, et causèrent même une perte sensible aux deux bataillons que nous venons de citer ; mais ils furent enfin chassé». Ce combat se prolongea fort avant dans la nuit ; il en résulta un peu de confusion, et quelques bataillons prussiens tirèrent sur les leurs. La brigade Saldern résista à tous les efforts de Lascy pour reprendre le village et la hauteur de Siptitz ; d'un autre coté, le général Ziethen se liant au corps du roi, et aux 5 bataillons de la réserve, termina ainsi la journée. Ces troupes formant environ 28 bataillons, étaient en bon état, rangées sur la position qui était la clef du champ de bataille; outre cela, on reforma, pendant la nuit, environ 10 bataillons avec les débris de l'aile gauche ; de manière qu'on aurait pu renouveler l'affaire le lendemain avec succès.
En face de ces troupes, se trouvaient les régiments autrichiens de Lorraine, Mercy, Rotta et Slaremberg : le corps de Lascy avait en quelque sorte changé de front, et avancé vers Siptiti ; le reste de l'armée était en désordre, et avait considérablement souffert.
Daun, quoique blessé, ne quitta que fort tard le champ de bataille, pour se faire transporter à Torgau, et laissa le commandement au général Odonell. Lorsque le maréchal apprit à neuf heures l'occupation des hauteurs de Siptitz par Ziethen, il réunit ses lieutenants généraux , et leur demanda des détails; les renseignements qu'il en reçut, lui donnant à craindre pour les
suites d'une nouvelle bataille, il ordonna de repasser l'Elbe après minuit, ce qai s'effectua dans le plus grand silence et avec tant d'ordre, que l'armée prussienne ne s'en aperçut point. Le corps de Lascy longea la rive gauche de l'Elbe jusqu'à Loswig, d'où il se dirigea sur Dresde.
Cette journée fut remarquable par les scènes singulières qu'occasionna le désordre des deux années dans la nuit. Le champ de bataille était semé de pelotons égaré» ; l'escorte qui accompagnait le roi à Elsnij, donna sur un bataillon de Croates appartenant au corps de Ried, et l'enleva presqu'en entier ; un instant après, elle tomba encore au milieu des carabiniers autrichiens. Cette seconde troupe fut chargée, prise ou dispersée. Toute la nuit on entendit un tiraillement occasionné par des scènes semblables ; on a même avancé que des bataillon* ignorant l'issue du combat et s' étant reconnus à leurs feux, convinrent que celui dont l'armée aurait été battue, se rendrait prisonnier, lorsqu'il en aurait la certitude, au point du jour.
Enfin ce moment si désiré arriva ; le roi était déjà revenu à son armée; on eut la satisfaction de voir qtie l'armée autrichienne avait cédé le champ de bataille :
mais le jour en découvrit toute l'horreur; les cris des malheureux baignés dans leur sang et mourant de froid, étouffèrent bientôt tous les sentiments d'orgueil qu'inspirait la victoire. Le roi campa à dix heure», la droite à Siptitz, la gauche à Neiden. Htdsen fut détaché avec 10 bataillons et ïô escadrons sur Torgau, qu'il occupa sans coup férir.
On séjourna le 5 novembre.
Tel fut le résultat de la célèbre et sanglante journée de Torgau. Les Autrichien* y perdirent environ 11 ,000 tués ou blessé», 8,000 prisonniers et 45 pièces de canon.
La perte des Prussiens fut égale en tués et blessés ; ils eurent 4,000 prisonniers.
L'armée impériale se retira par la rive