CHAPITRE XXVI
droite de PEIbo, repassa, le 8, sur la gauche, où elle joignit Lascy, se fit renforcer par le corps de Maquire, qui était a l'année des cercles, et vint prendre son camp favori du val de Plauen.
Le roi la suivit de près, et vint, le 12, à Grumbach et à ReiUch. Le général Queiss passa l'Elbe sur un pont à Meissen, et se porta avec 9 bataillons et 8 escadrons à Tscliaila , en face du corps de Beck. Le prince de Wurtemberg partit avec 8 bataillons et 5 escadrons, pour arrêter les courses des Cosaques dans la Nouvelle-Marche.
Pendant que ceci se passait, l'armée des cercles s'était successivement retirée, le 7 novembre, sur Chemnitz. Le roi détacha contre elle le général Hulsen , ce qui la détermina à se retirer, vers la fin du mois, derrière la Saale, où elle entra en quartiers d'hiver.
Les deux grandes armées, après s'être observées jusqu'à cette époque, conclurent enfin, le 11 décembre, un armistice pour prendre de bons cantonnements. Ainsi, à l'exception d'une petite partie des environs de Dresde, le roi recouvra toute la Saxe, et eut l'espoir de recommencer une campagne
Noua avons dit que Laudon menaçait Koael, et que le roi avait détaché Goltx avec un corps assez nombreux pour sauver cette place et couvrir cette province. Ce général arriva, le 25 octobre, aux environs deGlogau : Laudon instruit de son approche, bombarda vivement , mais inutilement Kosel en leva le siège le tfO ; évacua la Silésic vers le milieu du mois de novembre, et prit ensuite des quartiers d'hiver.
Tandis que toutes ces choses se passaient, les Russes cantonnaient toujours dans la Nouvelle-Marche et une partie de la Poméranie. Le général Tottleben, avec ses Cosaques, passa même l'Oder, et vint ravager la Mnrche-Ukeraine. Wcrncr arriva à In fin d'octobre, et le força à repasser ce fleuve.
Le maréchal Bulturlin vint enfin , le 6 no-
vembre, remplacer Soltikof , dont la santé n'était pas encore rélablie; il jugea, après la nouvelle de la bataille de Torgau, qu'il était impossible de se maintenir dans ce pays, d'ailleurs dévasté, et prit le parti do ramener l'armée en Pologne, laissant Tottleben en Poméranie avec ses troupes légères ; mais lorsque le duc de Wurtemberg y fut arrivé de l'année du roi, avec le détachement dont nous avons parlé, et qu'il se fut réuni à Werncr, les partisans ennemis furent forcés à se retirer avec quelque perte.
Le prince se dirigea alors par Prenilow sur le Mecklenbourg, où il prit ses cantonnements.
Telle fut l'issue d'une campagne où Frédéric, sur le point de tout penlre, reconquit non-seulement tous ses Étals, mais encore une partie de la Saxe par ses habiles manœuvres. Dès lors il eut pour lever des hommes, les payer et les approvisionner, le»
mêmes ressources qu'au commencement de la guerre. Le moral de son armée ébranlé par dix-huit mois de revers, fut retrempé par deux victoires, et devint garant de nouveaux succès.