‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 157 sur 196 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Plan général de campagne ,* opérations drs Français et de leurs alliés en fVesiphalie ; observations.

Les puissances belligérantes, fatiguées d'une guerre ruineuse, dont les résultats semblaient problématiques , avaient ouvert un congrès; mais les négociations furent contrariées par la divergence des intérêts , et, pendant qu'elles se traînaient, les préparatifs d'entrée en campagne se continuèrent avec vigueur.

La France redoubla ses efforts ; espérant mettre un terme à ses désastres maritimes par une alliance avec l'Espagne, elle employait les arguments que les principes d'une sage politique lui dictaient, pour décider cette puissance à faire cause commune avec elle, se repentant sans doute d'en avoir reconnu trop tard l'utilité. En même temps qu'elle donnait une nouvelle activité à ses chantiers , ses forces de terre furent mises sur un pied formidable : une armée de 80,000 hommes , se rassembla sur le bas Rhin, sous les ordres du prince de Soubisc, pour assiéger Munster, Lipstadt et d'autres places , tandis que le duc de Broglic , avec 80 ou 60,000 hommes, partant de la ligne du Mein, pénétrerait par Gœttingen dans le pays de Hanovre, et menacerait les communications des alliés.

ERATIOSS MILITAIRES.

L'armée des cercles, devait de la Franconie , venir opérer sur la Saale , afin de lier la droite des Français à la gauche des Autrichiens , qui , sous les ordres de Daun , voulaient conquérir la Saxe.

Laudon commandait en Silésie un corps de 60,000 hommes, qui devait se réunir à la grande armée russe , commandée par Butturlin , et assiéger de concert avec elle les places fortes de cette province, du salut de laquelle dépendait le sort de Frédéric. Un autre corps russe, sous les ordres du comte de Romanzof, devait agir en Poméranie avec les Suédois et assiéger Colberg , pour avoir une base d'opérations plus avantageuse et plus rapprochée.

Nous verrons , par le narré de» événements , jusqu'à quel point ces projets, plus ou moins mal conçus, reçurent leur exécution.

Le duc de Broglie avait mis ses troupes en quartiers d'hiver , entre la Fulde et la YVerra, se liant par Gotha avec l'armée des cercles, qui cantonnait entre Erfurt et les frontières de la Bohême. Le but de toutes ses combinaisons était de conserver Gœttingen, base des mouvements offensifs en Westphalic pendant la campagne.

Le mois de janvier se passa en affaires de postes; ces escarmouches n'ayant d'autre objet que l'approvisionnement de Gœttingen, je ne crois pas devoir les rapporter.

Enfin , cette place ayant été ravitaillée , les troupes reprirent des cantonnements dans les premiers jours de février. Ils furent mal établis , car la masse des forces , qui aurait dû être à la droite en cas d'offensive , se trouvait éparpillée sans but sur tout le front; et la gauche et le centre, opposés à la majeure partie des forces ennemies , se trouvaient dégarnis sans que le point décisif en fut mieux renforcé. Le duc Ferdinand ne laissa pas échapper celte occasion ; il demanda au roi de le faire soutenir vers sa gauche par la Thiiringc, rassembla ses troupes en peu de jours, et le*

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