‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 158 sur 196 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

divisa en trois corps pour tomber sur le centre des Français, et couper leur gauche en la forçant à repasser le Mein.

Le premier de ces corps, commandé par le prince héréditaire, rassemblé sur la droite entre Rhuden et Lipstadt, prit la direction de Fritzlar. Le général Sporken, avec Toile gauche , se réunit à Duderstedt avec le corps détaché sur la Thuringe par le roi, pour attaquer la droite des cantonnements français, commandés par le comte de Stainville. Le gros de l'armée, sous les ordres du duc , se rassembla sur la Dimel , passa cette rivière et se dirigea sur Cassel. Le prince héréditaire se mit eu marche, le 9 février, sur deux colonnes : la première, sous les ordres du général Rrcitenbach , dans la direction de Marbourg ; le prince avec l'autre, sur Friular. Celle double entreprise échoua^ Breitenbach fut tué le 18 , dans l'attaque de Marbourg ; le prince héréditaire fut repoussé le 12, par le vicomte de Narbonne à Friular. Le duc, avec le gros de l'armée, passa la Dimcl le 11 , et cantonna aux environs de Westufelii.

Le maréchal de Rroglic, persuadé que ces mouvements n'avaient d'autre but que de l'inquiéter , ne prit d'abord que des demi-mesures pour s'y opposer ; mais lorsqu'il reçut la nouvelle des succès remportés par ses troupes devant Marbourg et Friular, il crut pouvoir conserver sa position, et se borna à la resserrer vers Meldungen. Lo comte de Stainville eut ordre de passer la Werra et de venir le joindre, ainsi que les Saxons qui étaient dans le mauvais camp de Langensalza. Cet ordre arriva le 18, au moment où Sporken allait les attaquer ; Stainville l'exécuta , sans s'inquiéter de ce que deviendraient ses alliés ; le comte de Solms, qui les commandait, n'en ayant au contraire aucune connaissance, s'engagea et fut ainsi forcé à la retraite; elle s'opéra difficilement, la cavalerie du général Sybourg et des alliés entama les Saxons qui perdirent 2,000 hommes, et curent de la peine « re-

joindre Stainville à Eisenach. Le duc de Broglie apprit cet événement, le 16, en même temps que la nouvelle d'une seconde attaque sur Friular , où M. de Narbonne avait accepté, le 18, une capitulation honorable ; il crut alors qu'il était temps de dégager ses flancs , et se porta de suite à Hirschfeld, dans l'espoir d'y prévenir le prince héréditaire. L'armée française resta dans celte position, jusqu'à ce que les corps isolés sur la Werra eussent achevé leur mouvement rétrograde.

Ferdinand , de son côté , quitta les envi • rons de Ziercnberg, le 17 , et cantonna ses troupes , entre Friular et Gudensberg ; le prince héréditaire marcha jusqu'auprès de Hombourg , où l'armée arriva, le 18, l'avant-garde à Ziegenhain ; le prince héréditaire près de Hirschfeld. Le 19, l'armée cantonna aux environs de SchwarUcnborn , l'avant-garde à Neukirch, le prince héréditaire à Obergeisa ; Sporken entre Eisenach et Bcrka ; son avant-garde à Vach, d'où le comte de Stainville se retira.

Ces mouvements donnant aux Français des jalousies sur la communication de Fulde, le maréchal concentra ses corps de droite à Hunefeld , et s'y rendit avec l'armée , le 20 , après avoir détruit ses beaux magasins de Hirschfeld. De nouvelles inquiétudes l'en tirèrent bientôt, et l'amenèrent successivement, le 21 à Fulde, et le 26 à Bergen ; abandonnant ou détruisant des approvisionnements immenses, amassés avec des peines inouïes , et indispensables aux opérations ultérieures. Stainville occupa Budingen et Salmunster; les Saxons s'établirent à Gelnhausen. Le lieutenant général Rongé, craignant d'être coupé, laissa garnison à Marbourg et se retira par Gicssen sur BuUbach.

L'armée alliée marcha , le 21 , à Hausen ; le 23, à Grabcnau ; le 26, à Alsfeld, cl prit des cantonnements serrés sur l'Ohm , aux environs de Schweinsbcrg. Le prince héréditaire couvrant la gauche à Lautcrbach ,

TRAITÉ DIS GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES

lord Granby avec l'avant- garde , entre l'Ohm et la Lahn ; Luckner sur le Kintzingerbach , Kielinansegg à Laubach. Ferdidand fit assiéger Casscl, le 1" mars, et investir les autres places de la Hesse; le comte de BrogHe défendit la première avec vigueur, et dans une sortie, détruisit presque toutes les batteries des assiégeants.

Les 8 et 9 mars, les Français reçurent un renfort de 15,000 hommes de l'armée du bas Rhin, qui mit le duc deBroglieen état d'agir offensivemenl pour sauver Cassel. Le 1 5 , il s'ébranla avec toutes ses forces , et après plusieurs marches, il arriva en présence des alliés, le 18. Ceux-ci occupaient des cantonnements serrés sur l'Ohm, depuis Wetter jusqu'à Hombourg ; ils avaient levé les sièges de Marbourg et de 7/iegenhain ; le corps de Granby chargé de les couvrir entre l'Ohm et la Lahn s'était réuni à l'armée. Le prince héréditaire flanquant la gauche vers Budingcn , s'était retiré à Laubach et Gruneberg; Stainville le canonna , le 16 , et le força à se retirer sur Hombourg .

L'armée française cantonna la droite vers llungeu , la gauche entre Gicssen et Wetxlar; Rochambeau couvrant le front à Faurbach et Ilshauscn ; Fischer avec son avantgarde à Hachborn et Erbeuhausen ; le marquis de Poyanne à Treys et Allertshausen ; la brigade suisse de Boccard en échelon à Altenbuseck ; le duc de Stainville à Gruneberg ; son avant-garde sous Closcn à Londorf et Udenhausen. Enfin , le lieutenant général Dumuy après avoir passé la Lahn, cantonnait sur la Saltboll , et poussait des détachements sur Seelbach et Hohensohns.

Ferdinand crut pouvoir attaquer le flanc droit des Français qui lui paraissait être en l'air, et reporta le prince héréditaire, le 19, ù Gruneberg. De son côté Broglie renforça, le 20 mars, le corps de Stainville de 'A brigades de cavalerie et des grenadiers de France, afin d'obliger le prince à repasser l'Ohm. Pour parvenir à ce but, l'armée

française fit des démonstrations et inquiéta le centre et la droite du duc dans la vue de l'empêcher de soutenir le prince par Hombourg. A cet effet, la brigade Cursay eut ordre de s'avancer sur la Lahn jusqu'à Gosfeld, d'où elle devait porter les partisans d'Origny sur la Wetter, pour attaquer le corps de Scheiter. Rosières prit position avec un détachement sur les hauteurs de Panenberg ; Rochambeau se forma vers Ebsdorf et poussa de forts partis sur Schweinsberg. Le baron de Closen se dirigea à Stangerode, et il lui fut recommandé de prendre ses mesures de manière à soutenir l'attaque principale, dirigée par le duc de Stainville sur Gruneberg, de contenir les troupes que l'ennemi ferait déboucher par Hombourg, et de prendre à revers la position que le prince héréditaire occuperait sans doute près de Gruneberg. Le corps de Closen avait pour soutien le marquis de Poyanne, qui s'avança à Londorf avec les carabiniers et la brigade d'Auvergne , lesquels étaient eux-mêmes appuyés par la brigade suisse de Boccard.

Stainville forma deux colonnes, et conduisit lui-même l'attaque de Gruneberg ; le brigadier Diesbach commanda celle de Laubach. Le maréchal de Broglie suivit la première et reconnut la position ennemie d'une hauteur en deçà de la ville ; quelques coups de fusil et de canon qui s'approchaient à la droite, lui firent croire que Diesbach avait débusqué Luckner de Laubach. Stainville fit alors avancer le régiment de Schomberg sur les hauteurs, entre Gruneberg et Laubach, pour couper la retraite aux alliés, porta la brigade de Royal-Allemand à son soutien, fit marcher le comte de Scey-Montbeillard avec les dragons du Roi et de la Ferronaye, sur les hauteurs de Stangerode, et dirigea enfin son infanterie droit sur Gruneberg.

Lorsque le comte de Scey arriva près de Stangerode, il aperçut déjà à gauche la division Closen. On découvrit en même temps

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