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CHAPITRK II.
turent repousses avec perte. Ce général ayant été renforcé, eut ordre de se porter par Malenchau à Suchdol, tandis que le général Beck occupait Kuttenberg avec 6,000 hommes. Us Prussiens avaient quitté ce poste le li, et s'étaient retirés à Kollin.
Le 14, le maréchal se porta à Gintitx ; le 16, à Krichenau : il campa dans la position marquée. (AA,p/. 6.)
Cette marche, qui avait pour but d'engager le duc de Bévern à une action, avant qu'il ne reçût des secours, fut dirigée avec prudence et vigueur : les Prussiens furent souvent sur le point d'être attaqués, et auraient probablement été battus, à cause de leur infériorité, si les mauvais chemins et les dispositions du duc ne s'y étaient opposés.
Le roi , instruit de l'approche de Daun, quitta l'armée devant Prague, le 18, pour marcher vers Kollin; il se réunit le 14, stcc le duc de Bévern, et campa, la droite à Malohlitz, la gauche à Kaurzim, où se trouvait le quartier général. L'armée séjourna, le 15 et le 16, dans cette position, afin d'y attendre les caissons de vivres qui étaient allés à Nimbourg, et le corps du prince Maurice qui venait de Prague avec 6 bataillons et 10 escadrons. Les troupes légères autrichiennes, qui rôdaienj autour du camp, empêchaient de recevoir des nouvelles bien certaines de la position du maréehalDaun; et le colonel Warnéry, en reconnaissance du côté de la Sassava , ne rentra que peu d'heures avant la bataille. Enfin, les vivres étant arrivés le 17, Frédéric résolut d'occuper les hauteurs de Suchdol, dans l'après-midi ; mais, ce même jour, Daun était parti de son camp de Gintitx, comme nous l'avons déjà dit, et avait pris position, le soir, sur les hauteurs de Krichenau, la droite à Chotzemitz , la gauche à Swoyschitz. La route qui mène directement de Kanrxim à Suchdol, traverse cette position.
Leroi, voyant cette route ainsi barrée, changea de projet, et fit marcher l'armée par li-
gnes et par la gauche sur la direction de N imbourg, de manière que Planian se trouvait en avant de la gauche de l'infanterie, et que la droite se prolongeait vers Kaurzim.
Ce mouvement faisant craindre à l'ennemi que le roi ne tournât son flanc droit, et ne l'obligeât à prendre une nouvelle position, Daun ne perdit pas un moment, et changea de camp pendant la nuit, rapprochant sa droite de Krétor. Le corps de Nadasty fut tiré de la gauche, et marcha derrière la ligne pour occuper les hauteurs près de ce village, et renforcer le flanc menacé ; il y arriva au point du jour, et fut ensuite renforcé, vers onze heures, par plusieurs bataillons qui formèrent une espèce de crochet pour couvrir le flanc. La cavalerie saxonne se plaça près de Radowesaitx, et 1,000 chevaux détachés, à la gauche du bois.
Le 18, au point du jour, on n'apercevait plus le camp autrichien ; quelques troupes de cavalerie seulement se montrèrent sur les hauteurs entre Krichenau et Brézan.
Comme l'intention du roi était toujours de camper sur celles de Suchdol , il ordonna d'abattre les tentes , et de marcher par Is> gauche, dans l'ordre suivant. ( Voyes pl. 7. ) Le général Ziéthen formait l'avant- garde avec 55 escadrons de dragons et de bussards, suivis des 3 bataillons de grenadiers, flanqueurs de gauche, et de 4 bataillons da la réserve, sous les ordres du général Hulsen, indiqués au tableau ci-joint. Cette avant-garde marchait sur deux colonnes :
la première, par le chemin impérial; la deuxième, à gauche. L'armée suivit par lignes, la gauche en tête, sur trois autres colonnes. La première, composée de la première ligne d'infanterie, marchait aussi sur la grande route de Kollin à Prague ; la deuxième, composée de la seconde ligne d'infanterie , marchait à gauche de cette route; la troisième colonne, comprenant tout le reste de la cavalerie, suivait la même direction.
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
Lorsque le» tête» de colonnes eurent dépassé Planian , on découvrît l'armée autrichienne sur les hauteurs entre Kréior et Brézan. Sa première ligne élait postée à peu près au milieu du talus des hauteurs, la deuxième, sur leur sommet. Le front , couvert par des villages et des défilés, en partie inaccessibles, avait été hérissé de batteries si bien disposées, qu'elles battaient tous les débouchés praticables. Daun ayant laissé ses troupes sous les armes depuis le jour précédent, faisait augurer qu'il projetait de risquer une bataille, que le roi désirait sans l'espérer, et que sa situation rendait nécessaire. Plus l'ennemi l'eût différée, plus il eût été probable que le prince Charles tenterait enfin de sortir de Prague à tout prix, tandis que l'armée qui le bloquait se trouvait affaiblie par les corps que le roi en avait détachés pour marcher contre Daun.
Frédéric se proposait seulement de gagner les hauteurs ; mais, prévoyant la possibilité d'un engagement sérieux, il donna ses ordres en conséquence. D'abord il fit faire halle aux têtes de colonnes près de Novimiest, et porta l'avant-garde jusqu'à Slatislunz, pour rétablir plus facilement les distances des bataillons, qui s'étaient beaucoup allongées en passant le défilé de Planian. Il attendait en outre le» grenadiers de Kahlden, Bfollendorff et Wangenheim, partis de Kaurzim le même jour, et destinés à soutenir les attaques de la gauche. Pendant ce temps, le roi, ayant reconnu l'ennemi, fit les dispositions suivantes :
Il fut enjoint au général Ziéthen de marcher avec l'avant-garde jusque sur KoIIin, d'attaquer la cavalerie de Nadasly, si elle se montrait, de couvrir ensuite la gauche de l'armée, et de soutenir les attaques que cette aile devait former. L'armée eut ordre de poursuivre sa marche sur trois colonnes :
dès que les tètes de ces colonnes auraient dépassé la droite de l'ennemi ( ce qui serait arrivé à peu près en face de Kréior), le gé-
néral Ilulsen attaquerait les postes en avant
de ce village avec ses 3 bataillons de grenadiers et les régiments de Munchow et de Schults, soutenus par 6 escadrons placés en troisième ligne. Ce général, ayant débusqué l'ennemi , devait se prolonger toujours à gauche, et le chasser aussi de la foret de chênes située près de Radowesnitz. Pendant ce temps, l'armée aurait toujours continué sa marche dans la même direction, pour soutenir le général Hulsen, en cas qu'il fût repoussé ; si au contraire sou attaque réussissait, les bataillons de l'aile gauche avaient ordre do se former sur la droite des Autrichiens, et de chercher à la culbuter. La ligne eût été ainsi engagée successivement, de manière que la droite , refusée , n'aurait donné que par suite des progrès du reste de l'armée. La cavalerie se serait formée en arrière de la gauche, afin de soutenir au besoin le général Ziéthen, ou l'infanterie, et décider, par une charge faite à propos, les avantages que celle-ci pouvait remporter :
il ne resta donc à l'aile droite que 10 escadrons do cuirassiers, destinés seulement à suspendre les entreprises que l'ennemi pourrait tenter sur ce point. Cette disposition du roi était si précise, qu'il est difficile de concevoir comment on a pu l'appliquer si mal. Ce prince connaissait parfaitement le terrain ; le duc de Bévern, et beaucoup d'autres officiers généraux y ayant exécuté divers mouvements pendant six semaines, il devait espérer qu'une combinaison savante des maximes les plus sages avec les localités, serait saisie par tous, et s'en promettre les plus heureux résultats : le sort en ordonna autrement.
Nous avons cru devoir indiquer sur la pl. 6, par la ligne WW, la position que le roi voulait prendre, d'après l'assertion de Tempelhof . Elle consistait à faire l'effort par la gauche renforcée : à cet effet, aussitôt que le général Hulsen aurait chassé l'ennemi du bois, les tètes de colonnes devaient se diriger vers Kréior , et l'armée ,