CHAPITRE XXXI
mont à Corvey. Le général Luckner et le prince Frédéric de Brunswick restèrent sur le Weser à Eimbecke et Hoxter, pour couvrir le Brunswick et le Hanovre.
L'armée française cantonnait sur les deux rives de la Fulde, jusqu'aux environs de Corbach ; le corps saxon du prince Xavier occupait la Thuringe; les troupes légères couraient jusqu'auprès de Halberstadt ; la place de Gœttingen, à la tète des quartiers, avait une forte garnison. Le lieutenant général Chevert devait la couvrir avec un corps de 18 bataillons et 28 escadrons. Tout fut assex tranquille de part et d'autre jusqu'au milieu de juin.
Ferdinand réunit son armée, le 18 juin, et s'établit successivement à Brakcl, à Borckholi, et le 21 entre korbeke et les hauteurs de Teichsel ; les troupes légères passèrent laDimel, occupèrent le bois de Rhcinhardswalde, ainsi que le château de Sababourg.
Le prince Frédéric se porta à Trendelburg, pour soutenir ce poste ; le général YValdegrawc occupa les hauteurs de Libenau, et les brigades Walinoden et Zastrow campèrent sur les hauteurs d'Everschuti. Le 23 , tous les avant-postes passèrent la Dimel , pour couvrir la construction des ponts, qui n'effectua pendant la nuit.
Au moment où le duc Ferdinand prenait toutes ces dispositions offensives, les généraux français semblaient agir de concert pour le favoriser; ils crurent sans doute qu'en se rapprochant de la Dimel, le duc n'avait d'autre but que d'en défendre le passage. En conséquence, l'armée française après s'être réunie, à Cassel, s'avança le 22 vers la Dimel, et vint camper à Burguffcln entre ImmenhauscnctMeycnbrcchscn (planche XXI); la réserve de l'aile droite aux ordres de Castries, s'avança vers Carlsdorf, et prit position, la droite au bois de ttheinhardswnlde. Le comte de Stainville sur les hauteurs qui longent le ruisseau de Westufeln.
Celle position était extrêmement mal
choisie; car elle était trop éloignée de laDimel, pour en disputer le passage; on commit de plus l'imprudence d'appuyer la droite à un bois , dont on ne fit garder ni même éclairer les débouchés, et qui, dans le fait, se trouva occupe par l'ennemi sans qu'on le sût : il aurait pu en résulter les suites les plus fâcheuses.
Le duc ne laissa pas éehapper ces fautes, et résolut d'attaquer les Français le lende-. main. A cet effet , il ordonna au général Luckner, posté à Sulbcck, de passer le Weser, pendant la nuit, à Wambcck, et de marcher à Gottcsburen. Lord Granby avec son corps, dut passer la Dimel, le 2-4, à deux heures du matin, près de Warbourg, et arriver, par un long détour, sur les derrières des Français, pour s'emparer du Durenberg.
Le gros de l'armée reçut l'ordre suivant :
« Demain, 24 juin, à trois heures du ma- » tin, l'armée prendra les armes pour fran-
• chir la Dimel sur sept colonnes.
■ La première de droite composée de la
• cavalerie anglaise, passera à Liebenau.
• La deuxième, composée de l'infanterie
• et de l'artillerie anglaise, au-dessous de
• ce village.
• La troisième, composée de l'infanterie
• de Brunswick, à Heinmcrn.
» La quatrième, ou la grosse artillerie ha-
• novrienne , à Ewerschutx.
• La cinquième, consistant dans l'infan-
• terie hessoi.se, entre Ewerschuti et Sielen ;
• elle sera suivie par 10 escadrons de la » gauche.
» La sixième, formée de l'infanterie ha * » novrienne, passera à Sielen,
» La septième, composée du reste de la » cavalerie de l'aile gauche, exécutera son » passage au-dessous de Sielen.
• Les régiments combineront leur départ » du camp, de manière que les colonnes » soient rendues sur le terrain indiqué, à
• quatre heures précises. Le régiment an- - glais de kinsley traversera la Dimel à deux
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
heures près de Liebenau, el prendra position sur les hauteurs, face à Zwergen, afin de couvrir et protéger le passage des colonnes. Les chasseurs de lord Cavendish, ceux de Hanovre, les piquets de l'armée, et le régiment de Riedescl, formeront l'avant-garde.
• Aussitôt que les troupes anglaises , hessoises et de Brunswick , auront atteint les hauteurs situées près de Kelse , en deçà des étangs, elles se formeront de manière à ce qu'elles appuient leur droite au bois et au ravin de Niedermeissen , et la gauche, près de la rivière d'Asse , dans la direction de Carlsdorlf. Le village de Kelse , les étangs et le rideau des hauteurs de Langenberg resteront devant le front ; la cavalerie de la cinquième colonne se formera en échelons, à gauche, un peu en arrière de l'infanterie hessoise.
• Les chasseurs de Cavendish et ceux de Hanovre chercheront à s'emparer du rideau des hauteurs nommé Langenberg, et des débouchés vers Westufeln et Call. Le lieutenant général Sporken , qui commande les sixième et septième colonnes, doit traverser Humme, passer ensuite entre Beverbeck et Hoinbreeksen, et combiner sa marche de manière à arriver en même temps sur les hauteurs de kelse. Il s'y formera en faisant front vers Grabenstein, et donnera, à sa gauche, la direction sur le corps de Luckner.
■ Le général Luckner se mettra en marche de Goltesbureu à trois heures du matin, et se portera par Sababourg à Mariendorf ; il se formera là près du bois, de manière que ce village soit près de la gauche, el que la droite s'étende sur la direction de Uombreeksen ; il devra accélérer sa marche pour être en position à s^pt heures précises, l'infanterie en première ligne, la cavalerie en seconde. La major Specht, avec son détachement léger, partira à trois heures de Sababourg , laissera sou infanterie dans le bois près de llulzhau-
• sen, et s'avancera avec sa cavalerie sur
• Hohenkirchen.
» Lorsque l'armée sera formée , le géné- > rai Sporken attaquera le flanc droit du » corps ennemi, posté vers Calsdorf, et le
• général Luckner cherchera à le prendre à ■ revers. Si l'ennemi se retirait sans vouloir » s'engager, ces deux généraux le poursui- » vraient vivement, mais toujours de ma- » nière à ce que le premier reste sur son . flanc droit, et que le second se maintienne
• sur ses derrières.
. Tous les équipages et chevaux de pelo- » tons resteront à la tour de Warth, située » entre Bogenlriek et Buhne. •
Ces dispositions furent exécutées avec asseï d'exactitude. Les Français étaient aussi tranquilles dans leur camp que si l'ennemi eût été à vingt lieues. Sans doute qu'ils ne se doutaient pas qu'on pût passer une rivière en plein jour, en présence d'une armée aussi supérieure que la leur, pour livrer bataille encore le même jour.
Le général Sporken arriva à sa position, entre sept et huit heures ; mais il fut a perçu et canonné par le corps de Castries, posté à Carlsdorf. Ce général se décida alors ù attaquer l'ennemi, et à s'emparer des hauteurs d'Hombreeksen, sans attendre l'arrivée du général Luckner. Il y fit ensuite placer son artillerie, et répondre vivement à celle de Castries. Ce tapage tira bientôt l'année française de sa léthargie ; on battit la générale, el tout courut aux armes; le désordre inséparable de ces alertes aurail pu néanmoins cire fatal à l'armée, car les généraux ne savaient ce qu'ils avaient à faire, et s'ils devaient ordonner la retraite ou engager un combat, pour lequel rien n'était disposé.
En attendant, Castries faisait tous ses cfforls pour suspendre la marche du corps de Sporken, et le menaçait sur son flanc droit par quelques bataillons qui furent obligés de revenir, il tenta la même opération avec la cavalerie contre le flanc gauche des Hnuovrieiis ; mais le général Luckner étant