CHAPITRE XXXI
pièces de cnnon et 8 drapeaux. Les alliés tournèrent derrière la Fulde, et campèrent près de Hohenkirch. Pendant cette attaque, le prince Frédéric de Brunswick avait tenu en échec le camp retranché de Kratzenberg , par une vive canonnade.
Le 24 après midi, Ferdinand s'établit dans le bois d'Oberstenholz ; lord Granby sur les hauteurs de Borken : le général Waldegrave le remplaça à Gerstenhausen , Luckner passa la Schwalm, et prit position sur la rive droite de cette rivière ; les généraux Zastrow et Gilsa se dirigèrent sur le bois de Habichtswalde ; les corps de Bock, Waldhausen et Uoldenberg, se portèrent à Niedermessel ; le colonel Schliefen à Geismar, pour couvrir les magasins du Weser.
D'un autre côté, le général Rochambeau joignit l'armée française, et campa vers Melsungen. Ferdinand , voyant cette aile isolée sur la gauche de la Fulde, tandis que le reste de l'armée était sur la rive droite , résolut de l'attaquer. 11 porta son aile droite jusqu'à Elfershausen et Mosthcira, et le général Sporken , avec le reste de l'armée, s'avança près de l'Eder, aux environs de Felsberg ; mais lorsque le duc eut reconnu que cette partie de l'armée française s'était retranchée sur le Heiligenberg, il renonça à son projet, et retourna, le 26 juin, à Gudensberg. Les Français profitèrent de la leçon , et retirèrent leurs troupes sur la rive droite de la Fulde. Le reste du mois se passa en escarmouches contre les magasins.
Tandis qu'on s'amusait en Hesse à des entreprises insignifiantes, le prince héréditaire observait aux environs de Munster le corps du prince de Coudé, lequel après s'être rassemblé à Wesel, le 21 juin, avait poussé insensiblement ses troupes légères sur l'Ems, dans la vue de détruire les dépôts de l'armée alliée. Le prince héréditaire, trop faible pour tout couvrir, resta aux environs de Munster, pour garantir au moins cette place et Lipstadt. Les événements de
la Hesse ayant décidé les maréchaux d'Estrées et de Soubise à rappeler le prince de Condé, il partit, le 16 juillet, laissant le lieutenant général d'Àuvet avec quelques milliers d'hommes sur le RJiin. Il se dirigea sur Dusseldorf, traversa le duché de Berg, passa la Lahn, le 6 août, à Giessen, et prit position à Alten-Buseck . De son côté, le prince héréditaire suivit cette marche par Corbach, arriva, le 2 août, aux environs de Marbourg, et campa à Ober-Weimar.
Le duc, dont le dessein avait été jusqu'alors de forcer l'armée française à quitter les environs de Cassel , ne pouvait y parvenir qu'en empêchant la réunion de cette armée avec le prince de Condé; or, pour cela, il fallait combattre. En effet, lorsque deux corps communiquent entre eux, et ont la latitude de prendre en arrière le point concentrique qu'ils désirent, leur jonction ne peut être empêchée que par un combat.
Le duc résolut donc d'attaquer le gros de de l'armée qui occupait toujours à peu près la même position derrière la Fulde, depuis Munden jusqu'à Spangenberg ; Stainville posté à Bebra, avait devant lui le général Luckner à Rothenbourg.
Toutes les dispositions furent faites pour attaquer le 8 août. Le général Luckner reçut l'ordre de laisser un détachement de troupes légères devant le corps de Stainville, et de filer avec le reste de ses troupes , par lleimbach , sur Spangenberg et Bergenheim. Le général Freytag dut passer à Neumorschen, et se porter à Morshauscn.
L'instruction adressée à lord Granby portait qu'il prendrait les armes et resterait en avant de son camp, en deçà de Melsungen ; le général Conway, avec 12 bataillons anglais et l'artillerie nécessaire, passa l'Eder sur trois colonnes à Brunslar, et s'empara des bois situés entre ce village et Wagenfurth. Sporken occupa, avec 12 bataillons et 29 escadrons, les hauteurs entre Bauitcrherberg et Kaldorf ; 12 bataillons et l'artillerie hanovrienne, réunis au corps du gé-
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
néral Bock ; marchèrent au Brand , où ils joignirent le prince héréditaire, qui fut en outre renforcé de 12 escadrons et de la brigade Gilsa. La brigade Marbourg reçut ordre de se porter avec -4 escadrons dans le flabichlswalde. Le prince Frédéric, avec le corps de Waldhausen, partit le 7 au point du jour , passa le Weser , et remonta la Wcrra, dans la vue de marcher par Kschwege cl Wanfried , sur les derrières de l'ennemi.
Lorsque tous les corps furent arrivés à leurs postes, lord Granby canonna l'ennemi aune heure après midi, et détaeha le général YVangenheim à Mansfeld, avec 2 bataillons et A escadrons, pour jeter un pont sur la Fulde. Le général Conway, de son côté, repoussa les postes français entre Grabenau i*t Buchwerra , et plaça son artillerie sur l'Ellenberg, afin de jeter, sous la protection de son feu , un pont près de Buchwerra.
Sporken occupa les moulins de Grilse, le général Malsbourg Jiieder-Zweeren, et le prince héréditaire les défilés de Wilheinshauseu, Spelle et Wohnhausen.
A six heures du soir, le camp français fut eanonné vivement par toutes les batteries ; le général Wangenheim passa la Fulde à Mansfeld, et prit position dans le bois situé sur la gauche de l'ennemi. Conway fit passer la Fulde à 200 hommes, près de Buchwerra. afin de culbuter les postes, et de se retrancher sur la rive droite. La canonnade dura jusqu'à dix heures du soir. Tempelhof ne dit pas pourquoi l'attaque n'eut pas lieu ee jour-là, ni le lendemain. Il parait que le projet était de faire aborder l'aile droite des Français par le prince héréditaire, tandis que le prince Frédéric arriverait sur leurs derrières par la Werra, et que les autres corps appuieraient l'attaque, sur le front et la gauche, mais que les pluies continuelles ayant fait déborder toutes les rivières , en emmenèrent l'exécution; car le 10, tous les eorps revinrent dans leurs positions. L'armée campa, la gauche sur le Baunerher-
berg, le centre vers Haldorf et Ellenberg, la droite près du bois de Melsungen ; lorvl Granby à la droite de l'armée, derrière Melsungen. Le corps du prince héréditaire à Hombourg sur l'Ohm, devant le prince de Condé qui était à Stangerode.
La position dans laquelle Ferdinand avait resserré l'armée française, ne lui laissait presque aucune ressource surtout en fourrages ; les deux maréchaux, sentant en outre la nécessité d'opérer leur jonction avec le prince de Condé, résolurent de marcher sur Friedberg. En conséquenre on retira les garnisons de Gœttingen et de Munden , et l'on confia la défense de Cassel au général Diesbach, à la disposition duquel on mit 10 bataillons et 300 chevaux. L'armée s'ébranla, le 17 septembre, au point du jour, entre la Fulde et la Werra sur Hirschfeld Le corps de Stainville forma l'avant-garde, le comte de Guerchy flanqua la droite de la colonne.
Le duc jugea bientôt que le but des ennemis était de joindre le prince de Condé, de délivrer Cassel, et de reprendre l'offensive: laissant donc asseï de troupes devant cette place, il se porta en toute diligence par Hombourg et Schwarzenborn, aux environs de Grabenau. Les généraux Luckner et Bock furent destinés à renforcer le prince héréditaire , resté en face de Condé. Quant au duc , il resta deux jours dans son camp à observer la direction de la grande armée française.
Aussitôt qu'il en fut informé, il se porta, le 26 à Ulrichstein ; mais déjà il était trop tard, car elle était arrivée à Hitzkirchen; et comme les corps de Stainville et de Guerchy la précédaient d'une marche, et occupaient Windecken , la réunion avec le prince de Condé devenait presque impossible à empêcher.
Le prince héréditaire , de son côté , fit tous ses efforts pour y parvenir. Après avoir reçu, le 21 août, les renforts que lui amenaient les généraux Luckner et Bock, il ré-