CHAPITRE XXXII
Schaafsritt, et canonnèrent vivement, tandis que les bataillons des gardes, gravissant les hauteurs les plus escarpées, et traversant des bois touffus, arrivèrent enfin devant l'abolis qu'ils essayèrent de franchir : dans cet instant, le maréchal Daun, voyant le prince de Ligne compromis, lui ordonna de se retirer ; les Prussiens s'emparèrent alors de la redoute où il avait laissé du monde pour couvrir sa retraite, et s'établirent sur les hauteurs.
Lorsque Daun vit le corps de Ncuwied à Micheldsdorf sur ses derrières, et la brigade de Mollendorf sur les hauteurs de Burkersdorf, il résolut de quitter son camp à dix heures du soir pour placer sa droite au Falkenberg, le centre à Giersdorf, la gauche vers Tannhauscn. A l'instant même où ce mouvement s'exécutait, le corps de Czernischef quitta l'armée prussienne pour retourner en Pologue. Frédéric, ayant enfin atteint son but , fit ses préparatifs pour le siège de Schweidnitz, et s'établit dans les positions suivantes, déjà fortes par leur nature, et qui furent encore retranchées avec soin :
Le général Gablenz, avec 5 bataillons et 10 escadrons, près de llartmansdorf ; 5 bataillons, à Altwasser, sous le général Rainiii; le corps de flïeuwied, fort de 19 bataillons et 18 escadrons, sur les hauteurs de Taschendorf ; le colonel Lossow, avec 2 bataillons, 20 escadrons, sur le Kolberg, près Waldichen ; la brigade Mollendorf, faisant Face à Schweidnitz, avec 5 bataillons près de Weistritz; 9 bataillons, sur les hauteurs de Barsdorf , aux ordres de Mantcufel ; le général Bulow commandait 15 escadrons, à Seitendorf et 12 bataillons et 1 H escadrons, à Bogendorf ; le prince de Wurtemberg se porta de Lowenstein à Peterswalde, avec 33 escadrons ; enfin, 3 bataillons restèrent à Wurben, avec la boulangerie.
Avant de donner une relation sommaire du siège de Schweidnitz et des opérations qui le suivirent, il convirnl de reprendre le
fil des opérations en Moravie. Le duc de Bevern chercha à déborder le flanc droit du général Beck , et à menacer cette province par la route de Troppau. Son corps fut partagé en deux divisions : la première, sous les ordres du général Werner, forte de 10 bataillons et 15 escadrons, précédant d'une journée la seconde, composée de 11 bataillons et 21 escadrons, se porta le 2 juillet à Troppau, et le 9 à Misteck, d'où il poussa des partis et leva de fortes contributions.
Le général Beck, ne croyant pouvoir l'empècher ouvertement, se borna à marcher de Frcudenthal à Bashrn, et à répandre le bruit de l'arrivée de Laudon avec 80,000 hommes.
Cette ruse réussit , et Werner craignant d'être accablé, retourna, le 12, àMatzinnau.
Beck prit position le même jour à Bautsch et à Schwansdorf , d'où il se proposait de prendre une position entre les deux divisions prussiennes et de couper celle de Werner, qui retourna sur-le-champ à Gratz.
Le général autrichien, satisfait d'avoir rempli son objet, revint à Guntersdorf. Les deux partis restèrent dans ces positions jusqu'au commencement d'août, époque à laquelle le départ du corps de Czernisehef força le roi à rapprocher celui de Bevern, qui vint camper, le 25, à Coscl. La division Werner prit position vers Neiss, le 28. Beck revint alors à Zuckmantel.
Frédéric présumant que Daun attirerait le corps de Beck pour secourir Schweidnitz , ordonna au duc de Bevern, dans le cas où celui-ci marcherait à W artha, de se diriger promptement sur Neiss pour y remplacer le général Werner, qui en partirait sur-lechamp pour se réunir à l'armée devant Schweidnitz ; dans le cas contraire, le duc devait prendre ses mesures, pour n'arriver à Neiss que le 25 août.
Siège de Schueidnilz. Combat de Peiie.
Le i aoûi , la place fut entièrement in-
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
vestic par le gênerai Tauenzien, arec 21 bataillons et 20 escadrons, formant environ 14,000 hommes; la garnison était de 1 1,000, commandée |»ar le général Guasco ; le célèbre Gribeauval commandait l'artillerie et dirigeait la défense.
Ce siège fut un des plus mémorables de l'histoire moderne. Une méchante place, qui venait d'être emportée d'escalade quelque temps auparavant, soutint deux mois de tranchée ouverte. Mais les choses avaient changé : la place défendue par un homme habile et une garnison choisie était attaquée I par le major Lefèvre , homme faible, et I d'ailleurs mal secondé , car l'art des sièges était fort reculé en Prusse.
Tandis que les travaux commençaient devant Schweidnitz, Daun restait dans son camp de Giersdorf, et, loin de chercher à secourir la place , il se retranchait de peur d'être attaqué. Le maréchal avait cependant résolu de s'avancer sur les hauteurs de Klotschen pour essayer de faire lever le siège ; mais il attendait le corps de Beck qui partit, le 0 août, deZuckmantel en Moravie pour Closter-Cnmcnz où il se réunit, le 10, à la droite de l'armée. A peine le duc de Bevern eut-il avis de son départ, qu'il passa la Neiss, et chercha à le prévenir à Nimptsch, par une marche de nuit pour arriver, le 13 au matin, à Oberpeile, où il avait l'ordre de prendre position : le duc campa, en effet, la droite près de Rcichembach, la gauche sur le Fichtelberg. (Pl. XXIII, n° 6.) Aussitôt que Beck apprit le départ de ce corps , il se mit en marche pour occuper le même poste; mais il n'était plus temps; il fut obligé de revenir, le 14, à Schonwalde. Les Prussiens poussèrent son arrière-garde , et établirent leurs avant-postes à Ellguth et Pulzendorf. Le roi envoya au duc de Bevern plusieurs batteries de gros canon , et retrancha sa position.
Cet événement contraria le maréchal Daun, dont h' projet ne pouvait recevoir d'exécution qu'en battant le due de Bevern,
au risque d'engager une affaire générate contre son système : malgré cela , il fallut bien prendre ce parti. Il -fit ses dispositions pour accabler le duc avec la plus grande partie de ses forces, tandis que le reste demeurerait en position pour donner le change au roi. En conséquence, les corps de Lascy et de Brentano partirent au point du jour pour se réunir à Beck, sur les hauteurs de Klcitsch.
Les généraux autrichiens firent dresser leurs tentes dès le matin dans la position de Lang-Bielau ; mais à trois heures après midi, ils se mirent en mouvement. Le corps de Brentano et la cavalerie sous les ordres d'Odonell, se formèrent en avant de Niederpeile. Lascy traversa Mittclpeile avec quelques bataillons, plaça une forte batterie en avant et deux autres en arrière de ce village, tandis que le corps de Beck se porta sur deux colonnes contre l'aile gauche du due de Bevern, traversa Oberpeile , et se déploya sur deux lignes entre ce village et Girlsdorf.
Aussitôt que la cavalerie d'Odonell déboucha de Niederpeile, le général Lentulus, avec 18 escadrons, traversa le bois derrière l'infanterie pour l'attaquer ; plusieurs charges s'engagèrent 6ur ce point sans résultat , mais le canon força les Prussiens à se retirer.
Pendant que Lascy , Brentano et la première ligne de Beck s'amusaient à canon ner, ce général, à la tête de sa seconde, avait traversé les taillis de Girlsdorf, s'était emparé des hauteurs voisines et faisait attaquer par ses grenadiers le Fischtelerberg; le terrain où ils devaient passer était marécageux et plongé par l'artillerie prussienne qui les maltraita : ce ne fut qu'a sept heures, que Beck put se tirer du bois et pénétrer dans la plaine sur les derrières de l'ennemi. Les autres divisions autrichiennes n'attendaient que ce moment pour entrer eu action. Alors, le duc de Be\ern attaqua vivement avec 2 bataillons la tête de la co-