CHAPITRE XXXIII
Opérations en Saxe. Bataille de Freyberg.
L'armée prussienne, privée de la plus belle partie de l'électoral de Saxe et du Voigtland, après avoir passé l'hiver, manquant de tout, dans un pays ruiné et d'ailleurs peu fertile, comptait encore à l'ouverture de la campagne 48 bataillons et 98 escadrons, faisant environ 35,000 hommes.
- L'armée autrichienne, commandée par le maréchal Serbelloni, forte de 57 bataillons et 108 escadrons, avait sa masse aux environs de Dresde; le corps de Macquire occupait le camp retranché de Freyberg ; enfin, une chaîne de postes couvrait les cantonnements depuis Nossen jusqu'à Roswein et Dobeln. L'armée des cercles, consistant en 38 bataillons et 47 escadrons, destinée à la renforcer, cantonnait aux environs d'AItenbourg et de Naumbourg.
Malgré cette supériorité marquée, il parait que les généraux ennemis avaient l'intenijon de ne point se départir du rôle qu'ils avaient adopte la campagne précédente, car tout resta dans le plus grand calme jusqu'au 12 mai.
A cette époque le prince Henri , après avoir fait divers mouvements pour faire croire aux Autrichiens qu'il voulait se concentrer dans la belle position de KaUenhauser près Meissen , tomba avec quatre colonnes sur la chaîne de leurs postes, entre Roswein et Leisnig, la perça, enleva plusieurs cantonnements, et fit plus de 1800 prisonniers. Manœuvrant ensuite dans le but de pénétrer en Voigtland , et de s'établir entre l'armée autrichienne et celle d'Empire, afin d'empêcher leur réunion, il marcha, le 13 mai, à Hanchen, tandis que le général Hulsen , qui était resté avec une partie de l'armée dans la position de Katzenhauser , par une démonstration contre Nossen, obligea le général Rrunian à l'évacuer pour se retirer sur Freyberg. Le 14, le prince fut en présence de Macquire, dont la position n'était pas attaquable de front. Ce général tremblant à l'aspect des Prussiens , ne jugea pas devoir attendre l'événement, et se retira la nuit sur Dresde, ce qui engagea- le prince Henri à s'y établir. Seidlitz ayant nettoyé les ravins profonds de la Weistritz, depuis la forêt de Tharandt jusqu'à Frauenstein, le prince se porta, le 16, sur les hauteurs de Pretsckcndorf , et le général Hulsen à Oros-Sohra près de Wilsdruf. Le corps autrichien de Macquire occupa le camp retranché deDippodiswaldc, une autre division les hauteurs de Rabenau, le reste de l'armée le Val-de-Plauen , sous Dresde.
L'armée des cercles s'était avancée jusqu'à Chcmnitz. Lorsque le prince de Stollberg , qui la commandait, apprit que les Prussiens l'avaient isolé de l'armée autrichienne, il eut peur d'être attaque , et rétrograda jusqu'à 7,wickau ; mais le maréchal Serbelloni lui donna l'ordre de revenir à Chemnitz. Le prince Henri le méprisa jusqu'au point de n'envoyer pour l'observer que 4 bataillons et 5 escadrons, qui prirent poste à Oederan, la Lohfluss à dos : ce détachement, attaqué subitement, le 21 mai,