‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 190 sur 196 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Observations sur la campagne de 1702, sur le débordement des ailes, et les attaques multipliées

J'ai déjà fait observer plus haut, qu'il était difficile d'émettre quelques nouvelles

I idées sur une campagne qui s'est passée sur le même théâtre que les précédentes , et avec des combinaisons dont la seule différence provient du changement de rôle de la Russie.

On sait aussi que depuis la prise de Dresde, l'intérêt des Autrichiens était de faire la guerre sur l'Elbe, tandis que celui des Prussiens était de la porter sur l'Oder.

Les succès de Daun en Saxe pouvaient devenir décisifs, mais non en Silésie ; c'est sur cette vérité que devait reposer le plan de campagne. Lora même que la mort d'Elisabeth n'eût pas amené un changement si marquant dans les affaires, il n'est pas probable que les alliés eussent tourné leurs efforts vers la Saxe ; sous ce rapport, ils tombèrent dans la même faute que l'année précédente, c'est-à-dire qu'ils firent un accessoire du point principal, et portèrent leurs coups dans la direction où ils ne pouvaient rieu produire de grand.

Dès que la paix avec la Russie fut connue, le gouvernement autrichien n'avait plus de motif de diriger des masses sur l'Oder ; car cette paix devait le décider à faire la sienne, ou à pousser la guerre plus vivement que jamais. Dans ce dernier cas, l'Autriche n'avait qu'à faire envahir le Brandebourg par la belle armée de Daun qu'elle eut d'abord rappelée en Saxe. Celte année avait toujours une excellente base d'opérations sur l'Elbe, et la position centrale de la Bohème qui lui permettait de porter rapidement ses forces sur le» points les plus favorables.

Les places de Glatz et d'Olroutz, avec les troupes qui se trouvaient dans l'intérieur de l'Autriche, étaient plus que suffisantes pour s'opposer aux opérations de Frédéric, qui n'avait plus les moyens d'envahir la Moravie et de tenir tête à lo0,000 hommes de troupes aguerries et bien commandées.

Il y a peu de choses à dire sur ce qui se passa en Silésie. Le roi ne pouvait prévoir que les Russes ne resteraient que quinze jours avec lui, et ce serait outrer la critique

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