PE RATION S MILITAIRES
de la révolution. La même faute, arrivée fortuitement à Kollin, fit perdre la bataille à Frédéric. Comme j'aurai occasion de rapporter quelques événements pareils, je placerai à la fin de l'ouvrage les réflexion»
qu'ils font naître ; elles seront plus complètes et plus intéressantes qu'une discussion rattachée aux simples preuves de la bataille de Prague.
La charge de cavalerie exécutée par le prince de Schoneich, avec 65 escadron?
prussiens, sur 104 escadrons ennemis, offre des circonstances dignes de remarque. Le»
Autrichiens étaient sur trois lignes , les Prussiens sur deux : ceux-ci , quoique inférieurs , présentaient ainsi un front égal , Lloyd attribuant la défaite des Autrichiens à cette circonstance aurait voulu qu'ils se formassent aussi sur deux lignes pour allonger leur front ; nous sommes loin de partager son avis. Cet événement prouve que la cavalerie , formée sur une ligne , avec de fortes réserves en colonnes, peut être utile ; mais que , déployée sur trois lignes , dans un espace flanqué, cette formation offre de graves inconvénients. En effet, les deuxième et troisième lignes , déployées derrière la première, partagent les dangers du feu d'artillerie et d'une déroute, sans pouvoir être mises en action : j'aimerais mieux des divisions de cavalerie disposées en colonnes , par escadrons, et placées suivant le terrain, que trois grandes lignes de cavalerie , qui sont presque toujours immobiles , et trèsdifficiles à manier.
S'il est avantageux de gagner une extrémité de l'ennemi, il me parait que, dans une charge, la réserve, ployée en colonnes, par escadrons, derrière la première ligne, pourrait déborder un des flancs de la ligne opposée, prendre ses distances en avançant, se former en bataille par une simple conversion à droite ou à gauche de chaque escadron, et l'attaquer ainsi à revers.