CHAPITRE IT
Opérations des armées françaises; invasion du pays d'Hanovre ; bataille d'Hastenbeck; invasion de la Saxe; bataille de Rosbach.
Conformément au traité de Versailles et à la convention conclue, le 1" mai 17S6, avec la cour de Vienne, la France ne devait envoyer en Allemagne qu'un corps auxiliaire de 24,000 hommes; mais, comme elle voulait conquérir les Etats du roi d'Angleterre, 100,000 hommes s'assemblèrent au commencement d'avril 1757, entre la Meuse et le bas Rhin. La première division, forte de 30,000 hommes , commandée par le prince de Soubise, fut jointe par 3,000 Autrichiens qui se trouvaient dans le Brabant , passa le Rhin à Dusseldorf ; et, après s'être emparée, au nom de l'impératrice-reinc, des États que le roi de Prusse possédait dans cette partie de l'Allemagne, et qu'il avait fait évacuer , marcha vers la Saxe , tandis que le maréchal d'Estrées, à la tête de 112 bataillons ,119 escadrons et 300 bouches à feu , traversa la Westphalie pour entrer en Hanovre.
Les alliés se rassemblèrent vers le milieu d'avril , entre îiieuburg et Hameln, au nombre de -48,000 Hanovricns, Brunswickois ou llessois, sous les ordres du duc de Cumberland, qui établit son quartier général à Hanovre. Pour empêcher les Français de pénétrer plus avant , ce prince porta vers la fin d'avril son armée dans le camp de Bielfeld , qu'il fit retrancher ; mais il le
quitta le 3 juin, pour ne pas être tourné, repassa le Weser , et vint camper , le 22, a Hastenbeck ; la droite sur les hauteurs d'Ohsen près du Weser, la gauche en arrière de Besthuysen, appuyée à des ravins et des bois presque impraticables. L'armée française ayant passé le Weser , entre Beverungen et Hœxler, se dirigea par Holzmunden, Halle et Heven, d'où elle partit le 24 juillet, sur 6 colonnes pour soutenir un détachement destiné à attaquer le corps qui couvrait la droite des alliés.
Lorsque le duc de Cumberland fut informé de l'approche de l'ennemi, il retira son aile droite derrière des marais impraticables qui s'étendent depuis le village d'Hastenbeck jusqu'au Weser. (Pl. 21.) L'extrémité de l'aile gauche , resta dans la première assiette ; on établit seulement sur la hauteur deux batteries de 12 , qui furent protégées par les chasseurs et par deux bataillons de grenadiers placés dans les bois.
Le front était couvert par des chemins creux; le village de Hastenbeck , en avant du centre de la ligne , fut brûlé. Comme le terrain interdisait l'emploi de la cavalerie , on la forma en potence , face aux hauteurs où se trouvait l'aile gauche : quelques escadrons furent postés à l'aile droite. Les passages et les défilés furent gardés par de forts détachements de grenadiers. Le champ de bataille fort resserré, n'était accessible que sur un front de 800 toises.
Le maréchal d'Estrées voulant le reconnaître, fit donner l'alarme aux deux ailes, pendant qu'il se portait au centre , et le duc de Broglie, qu'il avait laissé sur la rive gauche du Weser, eut ordre de le passer sur la droite de l'ennemi , dès que l'attaque serait commencée. Le duc de Randan , venant d'Eimbeck avec 2 brigades d'infanterie, et 18 escadrons, devait pousser jusqu'au delà de Bisperode , et tourner la gauche des alliés, tandis que le lieutenant général Chcvert les attaquerait par les hauteurs.
Le 25 , à cinq heures du matin , la divi-