RE IX
llarbourg , et marcha lui-même , avec une autre division , par Gifforn à Luncbourg, où il établit sou quartier Jgénéral le 24 novembre.
Le duc Ferdinand de Brunswick arrivé le même jour à Stade, y ayant pris le commandement de l'armée alliée, manda au maréchal de Richelieu que le roi d'Angleterre lui avait confié le commandement de ses troupes, et que sans pénétrer les motifs de la rupture, il s'efforcerait de mériter l'estime même de ses ennemis.
Richelieu hors de lui, en apprenant cette nouvelle menaça de réduire tout en cendres si la convention n'était pas respectée ; et le duc jugeant plus convenable de répondre l'épée à la main, redoubla d'activité pour profiter de ta dissémination des troupes françaises. 11 partit de Stade le 26 novembre, laissant le lieutenant général Hardemberg, avec 2,500 hommes, pour s'emparer de llarbourg ; détacha le général Diepenbrock sur Brémen et Verden, et marcha lui-même avec 25,000 hommes, au-devant du maréchal , qui avait établi son quartier général à Winsen, sur la Luhe, et réuni une partie de son armée à Zell.
Le duo Ferdinand arriva le 1 3 décembre à Altcnhagen, d'où il observa son adversaire jusqu'au 24 décembre, que la rigueur de la saison les força l'un et l'autre de prendre leurs quartiers d'hiver.
Le duc de Richelieu avait réparti ses troupes dans toute la Westphalie ; le Weser et l'Aller couvraient Io front de son aile gauche ; les villes do Zell , Brunswick , Wolfenbutel, Ilanovre, Hildcshcim, se trouvaient au centre de ses cantonnements ; sa droite s'étendait jusqu'au Mein, par Cassel et Fulde. Comme sa gauche n'était pas trèsbien appuyée , il crut devoir occuper Brémen , ville impériale et libre, jusque-là respectée. Le duc de Broglie s'en empara le 16 janvier.
Effrayé de la situation de l'armée. le maréchal demanda sa démission, et ne fit
TRAITE DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
que devancer les intentions du ministère, qui le remplaça par le comte de Clermont- Condé.
Le comte arriva à Hanovre le 14 février, au moment où l'armée alliée se mettait en mouvement. Le duc Ferdinand renforcé par 15 escadrons, que le duc de Uolstein lui amena de Poméranie , partit de Lunebourg le 17 avec son armée , et établit son quartier général à Amelinghausen. Les troupes qui se trouvaient dans le duché de Brémen formèrent 2 divisions sous les ordres des généraux Wangenheira et Diepenbrock.
D'un autre côté, le prince Henri détacha 10 bataillons et 15 escadrons de la Saie, afin de décider le premier succès du duc Ferdinand, dont le plan basé sur la répartition fautive des troupes françaises était de s'emparer de Bréinen, et par là de la ligne du Weser , de couper de cette ligne la grande armée ennemie, et d'enlever les troupes qui occupaient ta Westphalie. A l'exception de Brémen , la rive gauche du Weser et de l'Aller n'était gardée que par de faibles détachements, en avant desquels se trouvaient de petits postes à Ruthenbourg et Ottersberg.
Le duc voulant profiter des fautes de son adversaire, ne perdit pas un instant, et partit le 18 d' Amelinghausen, prenant la route de Verden ; il se porta par Neukirchen à Wisselhovede le 19. Le duc de Holstein le flanquait à gauche avec 4 bataillons, et un gros corps de cavalerie, pour le couvrir du côté de Zell. Wangenheim se porta à droite sur Rothcnbourg, et Diepenbrock marcha directement sur Brémen.
Le duc détacha, dans la nuit du 20 au 21, le prince héréditaire avec 3 régiments, pour se réunir à Wangenheim et surprendre Verden ; mais le marquis de Saint-Chamand, qui y commandait, l'avait évacué. L'armée y arriva le même jour, et prit position aux environs.
La retraite de Saint-Chamand fut prématurée et le comte de Clermont, qui l'avait
ordonnée, la contre-manda lorsqu'il n'était plus temps. Sur la nouvelle que l'armée alliée se rassemblait à Lunebourg , et que le prince Henri se trouvait à Halberstadt avec une division , le comte jugea que le duc Ferdinand chercherait à gagner la gauche de ses cantonnements, tandis que le prince la percerait au centre, répandu dans les grandes villes de Brunswick, Hanovre et Wolfenbutel. Il ordonna, en conséquence, aux troupes qui occupaient la Westphalie et le pays d'Eichfeld, de soutenir la garnison de Brémen et le cordon sur l'Aller. Mais comme l'année alliée se dirigeait sur Verden , et non sur Brémen, le comte craignit que ces troupes ne fussent battues isolément et coupées, et donna l'ordre à Saint-Chamand de se préparer à évacuer Verden. Lorsque celui-ci aperçut les hussards du duc de Holstein, il crut devoir effectuer sa retraite, et reçut en route l'ordre de tenir jusqu'à la dernière extrémité.
Le duc Ferdinand projetait de passer l'Aller à Verden ; mais la fonte de» neiges avait tellement enflé cette rivière, que le pont en était couvert et les campagnes inondées à une grande distance, depuis son embouchure dans le Weser jusqu'à Zcll. Il chercha donc un autre point de passage, et le trouva vis-à-vis du bourg de Ahlden, où l'Aller se divise en frois bras. L'avant-garde, renforcée de tous les chasseurs et hussards, se mit en mouvement le 22 au matin, passa sur des embarcations , et occupa le château de Ahlden pour protéger la construction des ponts.
Le lendemain, le prince héréditaire passa l'Aller près de Verden, avec trois régiments, pour s'emparer de Hoya , gardé par une forte garnison sous les ordres du comte de Chabot. Une partie de l'avant-garde se porta par Rethen surEystrup, pour seconder cette entreprise, et l'armée s'avança jusqu'à Hudcmuhl. En attendant, le prince héréditaire poursuivit sa marche jusqu'à Barmen. 11 résolut de diviser ici son détachement, et de