CHAPITRE X
assurait le succès de cette guerre de détail.
Cependant ses corps détachés s'approchaient toujours du roi. Le général Janus rampa sur la montagne des Saints, près de Xuglitz, occupa Lexen, Lostitz et le château tle Busow. Laudon se porta à Konitz, étendant ses partis pour communiquer avec le général Deville à Predlilz. La division de ce dernier fut renforcée par 6 régiments de catalerU&l
La position de ces différents corps ne sériait qu'à préserver lHirméc d'une surprise; et quoiqu'ils resserrassent celle du roi, souvent inquiétée dans ses fourrages, ils ne pouvaient néanmoins apporter aucun empêchement aux opérations du siège. Enfin ils étaient tellement éloignés de leur armée, traçje roi aurait pu les débusquer faciles'il n'avait cru devoir épargner ses , et ne pas les exposer à des pertes et à des fatigues sans résultat.
Dès que Frédéric fut informé de ces mouvements, il changea ses positions.
Le gros de son armée campa d'abord jusqu'au 10, à Achmeritz, avec des divisions détachées à Neustadt , à Starnau , et une avant-garde à Prosnitz. Mais de faux avis appuyés de toutes les probabilités, ayant fait croire au roi que l'armée de Daun s'approchait ; il prit le 1 1 mai, les positions suivantes :
Ah camp de Prosniti, sous le roi. 21 bat. 63 esc.
A celui d'ActicnicriU ou I.illau, »ous le prince Maurice IH 15
A Neustailt, le margrave Charles. 7 Jil
A Siarnau el Itauiiiovitx, le général Me) er 2 J(»
A Siernberg 2 0
Telle était la position de l'armée prussienne pour couvrir le siège et empêcher l'ennemi de rien entreprendre d'important sur les convois attendus de la Silesie. Les Autrichiens, en effet, ne pouvaient détacher une forte division sur le flanc droit des troupes jpostées à Neuslndt pour inquiéter
la grande route de Troppau, sans l'exposer au danger d'être coupée. Celle du général Deville, à Predlitz, pouvait seule pousser sur les frontières de Sflésie, par Prerau, Leipnick et Fulneck, un corps de cavalerie qui eût intercepté les communications avec cette province.
Le roi résolut en conséquence, de faire enlever toutes les subsistances qui se trouvaient sur celte direction, et porta le général Seidlitz, le 12 mai, avec 15 escadrons, 1 bataillon de grenadiers et une partie des transports de l'année sur Krerasir et Tobitschau, tandis que le roi marchait sur Wischau contre Deville. Ces deux détachements reprirent ensuite leurs positions à Schmirsitz et Prosnitz.
Pendant que l'armée exécutait tous ces mouvements et resserrait Ohnutz, le général Fouquet partait, le 1" mai, avec sa division, des cantonnements de Glatz, et occupait les environs de Neiss, où tous les attirails de siège étaient préparés. Afin de faciliter leur transport, on divisa le convoi et l'escorte en quatre sections qui devaient marcher à un jour de distance : elles arrivèrent au camp de Krenau, du 16 au 20 mai, sans éprouver d'autre accident qu'une petite escarmouche du général Putkainer avec les troupes légères du colonel Lanius, près de Lobnick et de Friedland.
11 est convenable avant de nous engager dans le récit du siège et des événements décisifs qui en résultèrent, de ramener un moment le lecteur à ce qui se passait à l'armée du prince Henri, en Saxe, sur l'extrême droite du front d'opérations des Prussiens.
Opérations en Siue.
Nous avons vu dans le chapitre précédent , que par suite des avantages d'une ligne d'opérations intérieure , le prince Henri avait détaché un corps de troupes pour seconder les entreprises des alliés contre l'armée française, et leur donner la
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
première impulsion offensive. Après la reddition de Minden, ce corps ayant rempli son but, revint dans ses quartiers d'hiver en Saxe. Pendant ce temps, le prince faisait des dispositions pour entrer en campagne.
La faiblesse de son armée qui ne consistait qu'en 22 bataillons Je campagne et 20 escadrons, ne lui permit pas de songer a des entreprises bien importantes ; il se borna donc à inquiéter les ennemis par des coups hardis , et chargea le général Grabow de surprendre llof ; mais la garnison ayant eu vent de l'approche des Prussiens, se retira laissant seulement 166 prisonniers et quelques provisions.
La cour de Vienne craignant une invasion de la Bohème du coté de la Saxe, et ne croyant pas ses forces suffisantes pour l'arrêter, attira de bonne heure l'armée des cercles en Bohème, et fit aussi marcher les troupes aux ordres du général Dombale, qui jusque-là avaient été réunies aux Français.
Le duc de Deux-Ponts venait de succéder au prince de Hildbourghausen dans le commandement de l'armée des cercles qui cantonnait en Franconie ; sa gauche liée par la Thuringe et le pays de Fulde aux frontières de Hetse et à l'armée française ; sa droite appuyant aux troupes autrichiennes qui couvraient la Bohème. Le duc fil camper le 19 avril à Bareilh, 18 bataillons et 26 escadrons. Les hussards autrichiens de Spleny occupaient Hof.
L'armée prussienne ayant été renforcée par 2 bataillons et 20 escadrons, envoyés de la Silésie , et par 6 bataillons venus de Berlin, le prince Henri résolut d'aller audevant de l'ennemi ; il fit camper le général iiulsen à Friedbcrgsdorfs avec 8 bataillons et 15 escadrons pour couvrir les débouchés de la Bohême, et se porta lui-même par Zwickau sur Hof, avec 18 bataillons et 27 escadrons qui cantonnèrent de Plauen à faltitz.
Pendant ce temps l'armée des cercles avait quitlë le camp de Bareith le Itt mai, afin
d'en prendre un autre à Egra, laissant un petit corps pour couvrir la Franconie et le magasin de Bamberg, elle repartit de cette position le 22, et se réunit le 28 à Saati, au camp des Autrichiens commandés par le général d'Andlau.
Le duc de Deux -Ponts prit alors le commandement supérieure Bohême; son armée, en y comprenant les divisions autrichiennes de Serbeloni à Laun et de Haddick à Brix, était forte de 5*i bataillons, 36 compagnies de Croates et 80 escadrons. Malgré celle supériorité des ennemis , le prince Henri ne s'occupa nullement de leurs démonstrations sur les montagnes de Pasberg et du coté de Tœpliti, mais résolut de manœuvrer à droite pour menacer la Franconie, et la mettre à contribution. Il dét à cet effet le général Driesen sur Ban avec deux bataillons et 1{)0 hommes tii chaque régiment. Bamberg fut fortement imposé ainsi que le reste du pays, cl le grand magasin enlevé, vendu ou détruit.
Ce mouvement du prince était hasardé; l'armée confédérée campée à Saatt aurait pu dans deux ou trois marches, se jeter par Pasberg, entre lui cl le général Hulsen, les accabler ensuite séparément, et couper le prince de toutes ses communications ; mais les généraux des cercles laissèrent paisiblement mettre leurs provinces à contribution.
Le prince effrayé cependant du danger qu'il courait, fit marcher Hulsen à Tschôpau, renforcé par la division Assebourg. Une telle mesure n'eut servi qu'à aggraver le mal, si ou avait eu affaire à d'autres hommes ; heureusement l'armée combinée parut décidément vouloir se borner à défendre la Bohème, jusqu'à ce que la tournure des affaires en Moravie fût prononcée ; ce système s'accordait fort mal avec le titre menaçant d'armée d'exécution de l'Empire, qu'on lui avait donné.
Après quelques affaires, dont la plus importante fut la destruction d'un carré d'infanterie autrichienne , par les hussards de