‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 69 sur 196 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

mit en marche, à cinq heures, sur trois colonnes. Le convoi marcha sur la grande route d'Olmutz, à Littau, et les deux autres colonnes le flanquèrent. Les troupes, qui l'étaient rassemblées au quartier général, formèrent, avec les dragons, l'arrière-garde commandée par le prince François de Brunswick. La retraite s'efiectua avec fermeté, ordre et prudence, les Autrichiens ne l'inquiétèrent point, et l'armée arriva ainsi à temps près de Littau, où elle campa.

En jetant un coup d'œil sur la position des généraux Daun, Laudon et Ziskowilz, il paraîtra surprenant qu'ils n'aient pas déployé plus d'activité et de résolution. La communication avec Olmutz étant rétablie, ils pouvaient, dans la nuit du 1 er au 2 juillet, faire avancer un corps nombreux près de la ville , attaquer l'arrière-garde aussitôt après la levée du siège, à laquelle on devait s'attendre. Le commandant, dont la conduite fut d'ailleurs exemplaire , aurait pu, en même temps, faire une sortie vigoureuse. L'activité étonnante avec laquelle les Prussiens évacuèrent tout, dans le cours d'une seule nuit, aurait eu un résultat moins brillant, si la garnison avait agi vigoureusement, à la faveur des ténèbres , et dans le désordre inséparable d'une telle opération.

La négligence des Autrichiens rappelle une maxime importante à la guerre, c'est qu'il ne faut jamais renvoyer au lendemain.

Combien de généraux trouveraient, dans son application ou son oubli , la cause de leurs succès ou de leurs revers 1 Daun, au

lieu de faire tirer en signe de réjouissance trois salves générales d'artillerie et do mousqueterie, et d'ordonner des chants de victoire, aurait mieux fait de poursuivre l'ennemi, et de profiter de sa position critique. J'aurai occasion de rappeler, plus loin, quelques fautes semblables, et de comparer le système lent et pusillanime du maréchal, avec celui des grands capitaines du siècle.

Néanmoins les généraux Laudon et Ziskowitz reçurent l'ordre de se rapprocher sur la droite do la route qui mène de Littau , dans le comté de Glati, ils occupèrent Eulenbourget Langendorff; le 3, les généraux Ziskowitz et Saint-lgnon avancèrent jusqu'à BlandendorfF, observant la route d'Habelswerdt et celle de Neiss par Zuckmantel.

L'armée resta dans son camp de Gros-Teinitz, à l'exception des grenadiers et carabiniers, sous le général Lascy, qui passèrent la Morava et campèrent à Krenau, à une deini-lieuc de la place.

Je ne donnerai pas tous les détails de cette marche, dont il ne résulta rien de remarquable ; elle offre un nouvel exemple de la tranquillité imperturbable de Daun, et du bonheur avec lequel Frédéric parvint, avec un train immense , à franchir tous les défilés qui conduisent de Moravie en Bohème, tandis qu'il était suivi, sur ses flancs et en queue, par des corps considérables.

Je me bornerai donc à présenter un tableau des mouvements des deux partis; cette pièce, jointe à la planche 16, suffira pour l'intelligence de toute l'opération.

Tableau des journées de marche des deux armées.

Prussiens.

L«- I e ' juillet, le roi, à Proniti.

keith, devant [Olmult.

Le '1 au matin , mé

icskaw et Littau.

Le 3, /• roi, a Tribau.

me position; marche sur Bre-

ÀtlTRICHIENS

Le 30 juin, Daun, a Dobromiclitx.

Le 1" juillet, Daun, 4 Gros-Teiuiti.

Le 2, même position.

Le 3, Laudon, à Eulenbourg.

TRAITÉ DIS G II ANDES OPÉRATIONS MILITAIRES

PftU«IEflS.

l e 3, Keitk, a Mugiitz.

Prince Maurirc, à Krenau.

Le 4, le roi séjourna a Tribau.

Keitk, se réunit à lui.

Le 5 au matin, prince Maurice, à Lcutuiniscliel.

Le roi, en route de Krenau ù Zwittau.

Keitk, lialtc A Tribau.

Le 6, le prince Maurice, à Leutomischel.

Le roi, k Leutomischel.

Keitk, première division, à Krenau.

Deuxième j ^ i , r j| )B11# Troisième ) Le 7, le roi, à Leutomischel.

Keitk, 1", à Leutomischel.

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