‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 70 sur 196 · a Greifcndorf · texte numérisé non relu

a Greifcndorf

V arriére- garde , 3% à Krenau, d'oii clic est forcée de chasser l'ennemi. Le 8, réunion, la 3" division de Keitk à Zwittau; combat.

Le 9, au matin, réunion totale.

Le roi, à Druschova.

Le prince Maurice, à Tissova.

Keitk, à Leutomischel.

Le 10, le roi, k Holiti.

Transp. artill. àTignisko.

Keitk, k Leutomischel.

Le 11 , le prince Maurice, ù PilleiiU.

Le roi, à Lhotka.

Keitk , 1», attaquée à Wostnettin.

Le \2 t prince Maurice, à Konigsgrats.

Le roi, k Rokitna.

Keitk, l rr , combat près Holiti et Resctize.

2 e , la joignant près Ilolits.

Le 13, prince Maurice, à KonigsgraU.

Le roi, à Rokitna.

Keitk, 1", a Konigsgrat».

2 e , à Lhotka.

Le 14, toute l'armée, à Ronigsgrati.

Al TMirMIENS.

Le 3, Ziskutcits, k Blandcndorl.

Daun. à Gros-Tcitiilt.

Lascy, a Krenau , prés d'OluniU Buccow, à Johnsdorf.

Le 5, Buccow, k Poiitxka.

Laudon, à Tribnitz.

Ziskowils , à Sichelsdorf.

Daun, aOIschau.

Grenadier», a Kunits.

Le 6 , Laudon , à H ildemscbwcrd .

Saini-Ignon, a Wildemscbwcrcl.

Ziskowils , k Tribel.

Daun, n Konitz.

Grenadiers , à Gewicz.

Le 7, idem.

Le 8, Grenadiers , h Krenau, où ils percent eulre

les 2 e et 3 e colonnes de Keilb.

Le 9, Laudon, à Chotzen.

Ziskowsts, idem.

Daun , à Politko.

Le 10, Laudon et Ziskowils, même position.

Daun, àPoliika.

Buccow, Ester kasg et halnoky, à Konigagrati. Le 11 , Laudon, Ziskowits et Saint- 1 gnon , k Holitz et Wlezkomtz, attaquent Ketlh.

Daun , à Scbranitz.

Le 12, Laudon et les précédents, combatteut a HoliU.

Daun, k Hohenmauth.

Le 13, Laudon, k Opotschna.

Zisckowitx , à Tiuischl.

Daun, k Hrochow-Teinitz.

Le 14 et 15, même position.

Le 16, Laudon, repoussé sur Reichnau.

Le 17, Laudon , à Reichnau.

Daun, à Pardubitt.

Le 18, Daun, k Dobrescnit*.

On voit par ce tableau que Frédéric exécuta sa retraite, esçorté pour ainsi dire par l'armée autrichienne , puisque le corps de Buccow, et plus tard ceux dcKalnoky etd'Ksterhazy, se trouvaient en tête de sa colonne,

tandis que Laudon et Ziskowilx marchaient à hauteur de son flanc, et que Lascy même, avec les jrrenadiers réunis , augmentait le nombre des poursuivants : enfin Daun, avec le gros de son armée, fermait lentement le

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cortège en suivant la queue des colonnes prussiennes à distance d'une ou deux journées».

Le lecteur jugera, d'un coup d'œil, ln profondeur de la ligne de marche que le roi fut forcé de prendre à cause de son énorme train et de la nature du pays. On se runvaincra que le maréchal agissant plus vivement des les deux premiers jours, aurait pu prévenir le roi à Zwittau, et supposant même le contraire, ce rapprochement convaincra que l'armée prussienne , une fuis engagée dans les montagnes , Dauu pouvait l'attaquer sans avoir plus du tiers de* forces ennemies à combattre, et que dès lors il avait le plus grand intérêt à brusquer ses mouvements.

Toute cette retraite ne donna cependant lieu qu'à deux ou trois petits combats ; le premier eut lieu le S et 4 juillet, entre le prince Maurice qui devait ouvrir la marche, et le général Buccow qui s'était jeté avec ses Croates dans les montagnes de Johnsdorf, lesquelles séparent la Bohême de la Moravie, et où il voulait disputer le passage. Dès son arrivée à Krenau le prince s'engagea avec les coureurs autrichiens , mais la résistance devint plus vive dans la montagne , où Buccow se couvrait d'abatis : l'issue du combat ne pouvait pas être douteuse ni longue, puisque les Prussiens se renforçaient successivement.

Le roi sentit toute ln difficulté qu'il éprouverait si l'ennemi conservait l'avantage d'a- Toir un corps devant lui pour retarder ses mouvements, tandis qu'il setrouverait pressé de toutes parts ; il ordonna donc au prince Maurice de masquer le corps de Buccow, et de prendre une autre route pour forcer de marche, et gagner Leutoiuischel avant l'ennemi, ce qui fut exécuté avec tant de rapidité et de bonheur, qu'on y enleva les restes du grand magasin autrichien.

Lascy atteignit Krenau, le 8, avec ses grenadiers, avant que la dernière colonne de keith y eut passé ; il en résulta un engage-

ment très-vif; mais les Autrichiens furent repoussés.

Le 12, Keith eut un engagement plus sérieux vers Holitx avec Laudon et Ziskowitz ; le général prussien y déploya son habileté ordinaire, et força l'ennemi à se rejeter sur Boruradeck.

Pendant que Buccow combattait vivement à Johnsdorf, le maréchal était tranquille à Gros-Teinitx, et au moment où Laudon disputait le passage de Keith à Holitx, personne ne paraissait sur la queue des colonnes prussiennes, qui eussent été détruites si elles avaient été suivies par la grande armée avec la même activité que Laudon déployait dans la conduite de ses corps détachés. Une armée poursuivante a tous les avantages imaginables pour forcer de marche ; à chaque pas qu'elle double, elle multiplie l'embarras et les pertes de l'ennemi, et augmente le nombre de ses trophées ; elle n'a rien à craindre d'aller le plus vite possible, surtout quand aux attaques sur les derrières de l'ennemi, on en ajoute d'autres dirigées perpendiculairement sur le flanc de sa ligne de retraite ; par ce moyen on arrête des corps entiers qui , coupés du reste de l'armée, n'ont aucun moyen de salut.

Enfin, le 14, toute l'armée du roi se trouvait au delà de l'Adler, et occupa le camp avantageux de KonigsgraU ; l'aile droite appuyant ù Russeck et couverte par l'Elbe, le centre derrière la montagne des Pandours, la gauche à Slatina, couverte par l'Adler, dont tous les ponts furent détruits. Le corps du général Fouquet, qui devait conduire l'artillerie de siège et autres trains inutiles, à Glatz, et en ramener un transport de vivres, campa la droite à Swinarka, la gauche à Hohenbruck. L'occupation de ce camp, où le roi séjourna jusqu'à ce que les progrès des Busses exigèrent sa présence dans la \ouve11e-Marche, termina, grâce à l'insouciance de Daun, cette opération difficile.

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THA1TÉ DES GRANDES OPÉRATIONS M1L1TA1RKS

Le roi évacue la Bohême et marche contre les Russes (1).

On vient do voir que l'armée prussienne se concentra près deKonigsgratz,le 14 juillet ; que Dnun restait à Hrochow-Teinitz, et que Laudon et Ziskowitz, après avoir été repoussés à Holitz, s'étaient portés à Opolschna, et à Tinischt. La position du premier, à OpoUchna, sur le flanc gauche et presque sur les derrières du roi, était aventurée, mais elle inquiétait les communications de la route de Glati, sur laquelle tous les convois se dirigeaient. Dès que Frédéric eut connaissance de cette position de Laudon, il marcha, le 16, avec 7 bataillons et 15 escadrons, par Mistitz ; tandis que le général Fouquet, avec son corps et le train des vivres, se portait par Meserisch à Dobruska, pour lui couper la retraite sur Neustadt. Le général autrichien s'aperçut qu'il était temps de se retirer, et fila sur Reichenau avec perte d'une centaine d'hommes. Le roi occupa Opotschna ; le général Fouquet continua sa roule sur Ncustadt, et le 17, il campa sur les hauteurs en arrière de ISachod.

Pour déjouer les projets des troupes légères ennemies, postées à Gishubel, il échelonna son corps cl couvrit la route par une chaîne de brigades détachées à Schwcdelsdorf, à Reiner, à Rukerts et au mont Humelqui borde la chaussée. Les généraux Fouquet, prince de Bévern et Golz, restèrent à Nachod pour y attendre le général Latlorf , qui devait amener la grosse artillerie et son parc , du camp de Konigsgratz. Ce dernier étant arrivé, Fouquet partit le 19, pourGlatz, avec tout son corps et tout le train. Latlorf resta à Nachod pour attendre son retour.

Dès que Laudon apprit le mouvement du convoi, il renforça le poste de Gishubel par 1 ,000 Croates, sous le colonel Brentano ;

(1) Celte retraite offrant des mesures d'exécution intéressantes, je l'ai rapportée avec des détails faslidieui pour le plus grand nombre- des lecteurs,

mais les mesures étaient si bien prises, qu'ils restèrent simples spectateurs de m inarche. Daun passa l'Elbe, le 17, à Pardubitz, et campa, le 18, à Dobresenilz. Son armée était forte de 72 bataillons de fusiliers, 12 bataillons de grenadiers et 126 escadrons de grosse cavalerie, sans compter les hussards, croates et autres troupes légères ; il resta quatre jours dans celle position sans rien tenter, se bornant à détacher Janus près deKwalkowitz, pour inquiéter la route de Silésie.

Le maréchal Daun reconnaissait tous les jours le camp du roi, et inspectait les entrons, afin de prendre une nouvelle position conforme à son système ; toujours tremblant devant un ennemi inférieur, au lieu de l'attaquer, il cachait sa marche derrière un rideau défensif , et vint camper à Lrbanitz et Chlom, en face de l'armée du roi qui était alors absent. Les deux armées se trouvèrent si près l'une de l'autre que l'on distinguait les rues du camp autrichien.

Frédéric, informé de ce mouvement, partit, le 22, à trois heures, pour revenir nu camp avec les dragons de Normann, laissant le reste du corps aux ordres du prince François de Brunswick, à Librefilz, pour > attendre le convoi de vivres ramené par Fouquet do Glalz à Nachod, et qui devait venir de là avec le général Latlorf. Ces deux généraux arrivèrent le même jour à l'année avec le transport, amenant quelques régiments de renfort du corps de Fouquet. Le roi ayant alors 51 bataillons et 119 escadrons, se proposait d'attaquer Daun, ma!grc sa grande supériorité, et fit jeler des ponts sur l'Elbe ; mais la position de l'ennemi , déjà si forte par elle-même, avait été retranchée. D'un autre côté, la nouvelle des progrès des Russes dans la Nouvelle-Marche, décida Frédéric à renoncer à son promais qui seront appréciés par les militaires qui savent combien on néglige aujourd'hui ces détail» d'exécution, si nécessaires pour bien senir.

cn \riTi\F. x.

jet, et à évacuer la Bohême pour marcher | contre eux.

A cet effet , le général Rebentisch partit , I le îô* juillet, avec tout le train, sous escorte rie 6 bataillons et 10 escadrons, passa la | Xettan, et rangea son convoi à Dolskow. Le ■ prince de Wurtemberg se porta à Schibus pour observer l'avant-garde ennemio, et rouvrir la retraite avec un bataillon de grenadiers et 28 escadrons; le régiment de Pannewitx occupa le faubourg au delà de l'Elbe. Afin de dégager la marche , qui fut fixée au lendemain , les bagages se rassemblèrent à l'entrée do la unit à l'aile gauche, et partirent pour Nachod , sous l'escorte de •l bataillons de grenadiers.

La grande proximité des camps donnant 1 occasion à Daun d'être instruit à temps du mouvement que préparait le roi , il fit allaquer le faubonrg de Konigsgratz par le gé- i néral Wehla; le bataillon Pannewitz, forcé de se faire jour, réussit à gagner avec peu de perte le pont de l'Elbe et à le couper ; cependant le général Saldcrn , qui était accouru à la première alerte, fut tué, ainsi que le colonel Blankenbourg ; le pont fut rompu. Le 26, à trois heures et demie du matin , Tannée se mit en route par pelotons à gauche ; l'infanterie de la deuxième ligne, dont la moitié était détachée sous les généraux Rebentisch et Lattorf, occupa le taillis derrière elle , jusqu'à ce que la première ligne eût défilé ; Seidlitz se plaça avec toute la cavalerie dans la plaine de Diwetz pour protéger la marche ; le corps du prince de Wurtemberg formait la première colonne, et couvrait l'armée du côté de Jaromirs ; l'infanterie formait les deux colonnes du milieu , et toute la cavalerie la quatrième du côté de l'Adler; l'arrière-garde était composée des hussards de Putkamer, do tous les bataillons francs et chasseurs de l'armée.

Le maréchal Daun fit inquiéter la retraite par le corps des grenadiers à cheval qui passa l'Elbe ; il resta lui-même dans sa po-

sition avec la grande armée , et fit rentrer les corps détachés de Ziskowitz et Saintlgnon. L'armée du roi arriva à Jassena après quelques escarmouches insignifiantes , et campa , la droite à ce village , la gauche à Rohuslawitz. Deux régiments postés à 81awietin gardèrent le pont de la Mettau; les hussards de Ziethcn couvrirent le flanc droit, et un bataillon de grenadiers le flanc gauche de la cavalerie , établie en seconde ligne.

Le corps des grenadiers et carabiniers autrichiens prit poste sur les hauteurs de Czernilow , en face du roi, et détacha quelques escadrons à l'appui de Laudon qui avait réoccupé Opotschna, dès que les Prussiens en furent partis. Ce général , aussi actif qu'audacieux , portait toujours ses vues sur le flanc gauche ennemi et la route de Glatz, sans que nul revers fût capable de le faire renoncer à ses projets : Daun restait toujours tranquille dans son camp.

La retraite de Frédéric , que les opérations des Russes rendaient néanmoins trèsurgente , semblait menacée par toutes ce»

positions des Autrichiens, puisqu'ils avaient sur chacun de ses flancs et presque sur ses derrières , des corps nombreux de troupes légères, et que celui des grenadiers se trouvait devant son front. Ces divisions , commandées par des hommes tels que Laudon et Lascy , et soutenues par une armée de beaucoup supérieure, apportaient les plus, grands obstacles à sa marche.

Les routes par lesquelles le roi pouvait se retirer en Silésic, sont : 1° celle qui va de Jaromirs par Traulenau, à Landshut; 2° celle de Kachod par Roketnick et Friedland , à Landshut : 3° celle de Nachod par Braunau , à Reichembach ; 4° celle de Nachod, Levin, Reinerz et Glatz.

Toutes sont extrêmement difficiles à cause des hautes montagnes et des défiles qu'elles traversent; la première était occupée par le général Janus, qui se trouvait à morne de la défendre vigoureusement; d'un autre

TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES

côté , Laudon , en manœuvrant de concert avec le corps des grenadiers , pouvait cou* perla route de Konigsgralz sur Nachod, où aboutissent les trois autres , et s'opposer au passage de la Mettau. Le roi détacha , en conséquence, le général Retzow, le 28 juillet, avec 10 bataillons et 20 escadrons, pour attaquer Laudon, et s'établir sur les hauteurs de Neustadt. Cette opération fut exécutée sans combat, parce que les Autrichiens se retirèrent à l'approche du général Retzow. La brigade Lattorf passa la Mettau avec les caissons des vivres ; et marcha à Nahorzan, où elle fut jointe, le 29, par tous les trains d'équipages et le parc d'artillerie.

Après-midi, le roi donna l'ordre de marche , qui s'effectua sur quatre colonnes par ailes et par la droite ; l'armée passa la Mettau sur quatre ponts. Afin de couvrir le mouvement , Frédéric garnit d'infanterie le bois de Jassena, y plaça en embuscade les hussards de Ziethen , avec les dragons de Wurtemberg et Zetteritz, outre cela le dernier bataillon de chaque colonne resta sur les hauteurs jusqu'à ce que tout eût défilé.

Les hussards de Putkamer et de Seidlitz avancèrent sur l'ennemi pour l'engager au combat. Le roi prit ces mesures dans la persuasion que Laudon et le corps des grenadiers poursuivraient vivement son arrièregarde ; mais , soit qu'ils arrivassent trop .tard, soit que ce rusé général eût pénétré les intentions de son adversaire, pas un Autrichien ne parut. Lorsque le passage fut achevé, on leva le pont, et l'armée campa à Jessenitz ; la droite au bois près de Dobrawitz, couverte par l'Aupa ; l'infanterie en première ligne, la cavalerie en seconde.

Le général Retzow marchant de Neustadt à Studenitz , fit craindre à Daun que le roi ne gagnât la route de Trautenau, pour vivre aux dépens du pays situé sur la gauche de l'Elbe, entre Jaromirs et Arnau ; ou même qu'il ne passât l'Elbe et ne portât la guerre au cœur de la Bohême. Le maréchal or-

donna alors, au corps des grenadiers et carabiniers de passer ce fleuve sur-le-champ et de se rendre à Smirsitz ; lui-même marcha avec l'armée sur la rive gauche , et campa la droite à Rodow , la gauche à Ertina. Le 31 juillet , les carabiniers se prolongèrent à gauche, et prirent position vis-à-vis du couvent de Kukus.

Le roi restait tranquille dans son camp, où il fut joint par Ziethen, avec -4 escadrons coupés à la prise du grand convoi près de Domstœdtel. La position des divisions ennemies ne l'inquiétait nullement; et Daun, de son côté , trouvant le rôle de Fabius plus beau que celui d'Annibal, persistait à ne rien entreprendre d'important. Ce système, il est vrai , empêche l'ennemi de frapper de grands coups , mais lorsque cet ennemi vit aux dépens de notre propre pays, il ne s'inquiète guère d'un pareil résultat.

Le 2 août, Laudon marcha d'Opotschna à Weldorf , et le colonel Wehla à Rostoch ; l'armée autrichienne se prolongea un peu à gauche.

Le même jour, le roi fit partir à midi les pontons et la grosse artillerie pour Wissoka; les caissons de vivres et les bagages se mirent en route, à deux heures, sous l'escorte de Lattorf, et furent parquer à Kleny; le jour suivant, à la pointe du jour, l'armée se mit en mouvement sur A colonnes. Le général Forcade forma l'arrière-garde avec la seconde de l'infanterie, et attendit que les autres eussent passé la digue ; il se retira ensuite successivement au camp , dont la droite s'appuyait à Scalitz , la gauche à la chapelle de Saint- Wenzel. Le général Retzow, qui devait couvrir la marche, leva son camp, le 4, pour aller s'établir à Kosteletz. Janus poussa des partis sur les derrières de l'armée prussienne, et Laudon avança jusqu'à Horsitzka.

Ce général , instruit du mouvement que préparait le roi, se mit de fort bonne heure en devoir d'en profiter, et poussa, le A, jusque vis-à-vis de Sealitz , ce qui donna lieu

U1AP1TRK X.

à on petit combat où il fut repoussé avec perte.

A huit heures, Forcade partit avec les parcs pour Politz; Ziethen et Seidlitz le suivirent à midi , avec les cuirassiers qui se trouvaient à l'armée, et bivouaquèrent à côté du train. A cinq heures du soir, le roi rapprocha sa droite, et lui fit évacuer Scalitz , afin que l'ennemi ne pût troubler le passage de l'arrière-garde au défilé de Nachod. Les équipages se rassemblèrent pour prendre les devants avec les régiments do Forcade et Manteufel ; les administrations se rendirent de Nachod à Glatz , sous escorte ; de manière que l'armée fut débarrassée de tout attirail.

Le 5, au point du jour, <4 bataillons, et les dragons de l'armée , partirent avec les bagages pour Politz. A six heures, l'armée les suivit sur deux colonnes par le centre ; chacune d'elle avait une arrière-garde de 5 bataillons, 100 hussards et 8 pièces de 12.

Frédéric resta lui-même avec les bataillons de grenadiers, et les plaça sur les hauteurs en avant du défilé de Nachod ; alors les régiments de hussards passèrent ce défilé suivis par les deux colonnes d'infanterie. Aussitôt que celles-ci l'eurent franchi, les arrière-gardes firent demi-tour à droite et descendirent la montagne. Parvenues à l'obstacle, celle de droite rompit par pelotons à gauche, et celle de gauche par pelotous à droite, pour le passer ensemble. Un peloton de chaque bataillon fut détaché pour flanquer la marche sur les hauteurs des deux côtés de la route. L'armée marcha sans être inquiétée et campa à Radesch ; l'infanterie sur deux lignes et les dragons en troisième. Pendant qu'elle traversait le défilé, Fouquet garda le château , le pont sur la Mettait et les hauteurs de Nachod :

dès qu'elle l'eut franchi , il se mit en route, joignit les généraux Golz et Schenkendorf, et prit position à Rukerlz avec ses 15 bataillons et JS escadrons. Retzow se porta, le même jour, de Kosteletz àStarkstadt. Je vais

rapporter succinctement les mouvements ultérieurs de l'armée dans cette retraite.

Le 6, le roi prit position à Rukertz.

Ziethen, avec les cuirassiers, et Forcade avec les bagages, àWernersdorf.

Retzow, avec son corps, à Niederwe-

kelsdorf.

Fouquet à Wallisfort.

Le 7, le roi s'établit à Wernersdorf.

Ziethen à Wiesse.

Retzow, réunit à son corps les troupes qui formaient l'escorte de Forcade à Wiesse, et campa à Grissau.

Le 8, le général Fouquet à Braunau.

Le 9, le roi se fait joindre par les bagages, et s'établit à Grissau.

Le général Retzow à Ziéder.

Le général Seidlitz à Gottesberg, avec 18 escadrons de cuirassiers.

Le roi, instruit alors que les Russes ravageaient la nouvelle Marche et assiégeaient Custrin, résolut de voler au secours de la place et de ses provinces envahies. Le corps destiné à sauver la patrie, composé de 1-4 bataillons et 38 escadrons, arriva le 10 à Landshut; Fouquet se porta à Halbstadt aveo le corps sous les ordres de Ziethen. L'armée de Silésie resta sous le commandement du margrave Charles. Avant de suivre les opérations contre les Russes, je vais faire quelques observations sur celles dont je viens de rendre compte.

Observations sur les opérations en Moravie.

La discussion sur le choix de la ligne d'opérations aura lieu, avec les autres, au chapitre XIV ; je me bornerai donc à examiner l'exécution du plan de campagne de Frédéric , et à lui appliquer les idées que j'ai déjà présentées, .sur les sièges et les convois.

Il est incontestable qu'en couvrant le siège d'une place à une petite distance, il val

TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES

presque impossible d'empêcher qu'elle ne eoit ravitaillée et secourue; l'histoire de toutes les guerres l'a prouvé. Cette vérité en fait naître une autre que j'ai présentée comme maxime : c'est que le meilleur moyen de couvrir un siège, est d'agir offensitement, et de donner, à la ligne d'opérations de fennetni, toute la profondeur possible, afin qu'il ait un espace de pays beaucoup plus considérable à parcourir pour sauver la place.

En jetant un coup d'œil sur la carte, on conviendra que , le roi étant campé à Proniti, et Daun à Predlitz, il était impossible, au premier, d'embrasser toute l'étendue du terrain par lequel on pouvait arriver à 01mutz; 100,000 hommes n'eussent pas suffi pour garder ce terrain sur une seule ligne ; mais dans tous les cas cette ligne eût été trop faible pour empêcher une division de s'ouvrir un passage , et pour résister à l'armée ennemie qui aurait pu l'accabler en détail.

Sans doute Frédéric ne devait pas s'aventurer plus loin, tandis que Daun était en Bohême sur son flanc droit ; mais dès que celui-ci fut arrivé à Predlitz, tout lui prescrivait de réunir ses forces, et de marcher sur lui pour l'obliger à combattre ou à se reléguer dans les montagnes de Uaradisch.

Le roi, en divisant ses forces et en laissant opérer Daun , s'ôta tous les avantages de l'offensive (1).

Lorsque ce prince fut informé que l'armée autrichienne approchait, il ne lui restait que l'alternative d'agir , ou de voir la place secourue sans qu'il lui fût possible de s'y opposer. Dans le premier cas, il fallait réunir toutes ses forces, au risque de laisser détruire les travaux du siège et ravitailler la garnison ; car il valait mieux courir ces deux chances, pour se donner l'avantage

(1) Il pouvait tirer quelques bataillons du corps resté à Landshut , en laisser 7 ou 8 devant Olmuti avec 20 escadrons, et réunir 60 bataillons et 100 escadrons à Pronitz; ces forces étaient suffisantes

de battre ou de repousser la grande armé*

ennemie, que d'y rester exposé par l'inaction.

De ces deux partis, Frédéric choisit certainement le plus mauvais. Il eût mieux fait d'opérer comme Bonaparte le fit à Mantoue, dans une occasion semblable ; et j'observerai, pour point de comparaison, que les forces réunies de Frédéric étaient plus considérables que celles du général français; que le pays lui aurait permis l'emploi de sa cavalerie*, supérieure sous tous les rapports; que Bonaparte , au contraire , débordé sur sa gauche, pris à revers, et presque enveloppé par des forces supérieures , n'ayant qu'un petit espace de terrain pour manœuvrer, et pouvant être inquiété par une garnison nombreuse, abandonna tout, même son artillerie de siège, pour frapper le coup décisif. Cette opération, les batailles de Lonato et Castiglione, sont des modèles que les généraux de tous les siècles doivent imiter.

D'un autre côté, Frédéric ne peut être blâmé de la prise de son convoi, mais bien de ce que 20,000 hommes manœuvrèrent longtemps sur ses flancs et ses derrières, sans qu'il en fût instruit : ce qui serait pardonnable à un général médiocre, ne l'est pas à un grand capitaine. Depuis trois mois le roi était en campagne, et depuis six semaines , le siège consommait une grande quantité de munitions; s'il avait pourvu à leur remplacement, au fur et à mesure, par de petits transports, il n'eût pas attiré Inattention des Autrichiens; et lors même qu'un de leurs corps se serait glissé sur la route deTroppau, il n'aurait jamais pu s'y maintenir pour enlever plus d'un convoi. Ce système offre moins d'embarras, et il expose à moins de dangers.

pour repousser Daun dans les montagnes , et empêcher la prise du convoi; au lieu de cela, le roi n'avait à Pronilx que 26 ou 27 bataillons, avec h*§qjiels il ne bougea pas.

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