‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 72 sur 196 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Opérations contre les Russes ; bataille de Zorndorf. Observations

L'armée russe , destinée à opérer contre les États du roi de Prusse , était très-nombreuse. Elle consistait en 20 régiments de cavalerie , 32 d'infanterie, 4 de grenadiers , 14,000 Cosaques et 2,000 Kalraoucks : elle était munie de 242 bouches à feu de tous calibres. Outre cela, l'impératrice avait ordonné la levée d'un corps d'observation, composé de 5 légions , de 4 bataillons chacune : la force au complet aurait dù être de 100,000 hommes, non compris l'artillerie; mais on ne peut guère la porter qu'à 70,000 combattants. Ces troupes , à l'exception de quelque cavalerie et du corps d'observation, étaient déjà rentrées, au mois de février , dans le royaume de Prusse , comme nous l'avons vu au chapitre IX.

Ferinor, voulant se rendre maître du cours de la Vistule, détacha sur Elbing un corps considérable commandé par le général Soltikow, qui arriva le 3 mars, tandis que le prince Galitein décidait le magistrat de Thorn à recevoir garnison russe. Ces mesures étaient nécessaires pour couvrir les quartiers , et établir des places d'armes et des magasins, dans un pays dont les communications sont si difficiles. La seule rivière navigable qui s'y trouve est la Vistule; elle coule parallèlement à laPoméranie, à la Marche de Brandebourg et à la Silésie ; ainsi , à partir de cette ligne, les transports devaient s'effectuer par charrois ; on sait combien

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ces opérations rencontrent d'obstacles , lorsque la ligne est étendue.

Le général russe ayant achevé ses premières dispositions, établit son quartier général à Marienwerder t fit cantonner ses troupes aux environs , et tirer de Prusse les provisions nécessaires pour remplir les magasins , afin de pouvoir ouvrir la campagne de bonne heure. L'armée conserva cette position jusqu'au mois de mai. De leur côté, les Prussiens, sous les ordres du maréchal Lchwald , tinrent l'armée suédoise bloquée dans Stralsund, jusqu'au milieu de juin.

Le 10, la majeure partie des troupes russes avait passé la Yistule ; le général Romanzow était à Konitz , avec une forte division de cavalerie ; le corps principal à Dirschau, et une autre division à Thorn.

La Marche et la Poméranie se trouvant menacées, le comte de Donna, qui avait succédé au maréchal Lehwald , fut pbligé de laisser échapper les Suédois , pour s'opposer aux Russes. Il partit en conséquence le 18 juin, arriva le 3 juillet à Betxien, et campa le 6 à Schwedt. Son armée , comme nous l'avons vu au chapitre X , était composée de 20 bataillons, 85 escadrons.

Le mois de juin s'écoula sans que Fermor pût commencer ses opérations , à cause des immenses préparatifs qu'il devait faire. La Yistule ne servait qu'à couvrir les magasins et à faciliter l'arrivage des subsistances jusqu'à Thorn; mais, pour pénétrer en Silésie ou dans la Marche de Brandebourg , il fallait être maître de la Wartha. L'armée se mit en mouvement le 27, sur Posen. où elle campa le 1 er juillet. Romanzow resta avec son corps à Schneidemuhl , et le général Rezanow à Marienwerder, pour couvrir les magasins , et garder le passage de la Yistule. L'occupation de Posen , capitale de la Grande-Pologne , était de la plus haute importance pour les Russes ; elle leur donnait une excellente place de dépôt, où ils pouvaient s'appuyer et former une nouvelle base

pour les opérations ultérieures t i ! ï n 1 r ~ che ou la Silésie.

La position de l'armée russe ne j » - -p lia t pas de juger vers quel point elle >' 'eraît ses pas ; la direction que prenaient : loupes légères n'en donnait aucun inci \ v cm elles répandaient la terreur sur o r le*, points, et agissaient souvent sans o< 'i ..i leurs chefs. Dohna, pour parer à toui t ment, porta successivement 7 bataill m - w 10 escadrons à Landsberg, où ils trou ^rr»' les débris du corps franc de Hordt , une partie était passé à l'ennemi , à l'évacuation du petit fort de Driesen. 11 partit lui-même avec l'armée du camp de Schwedt, le 11, et arriva le 20 à Gusow, où il apprit que l'ennemi se dirigeait vers Francfort sur l'Oder. Le général Kanitz fut rappelé avec la division de Landsberg ; le général Mnîaschousky se porta à Francfort avec son régiment , et les hussards de Belling, qui arrivaient de Saxe. L'armée prit position à Lebus, le 24, où elle fut successivement renforcée par 7 bataillons venant du corps de Silésie, et 10 escadrons de cuirassiers, détachés de l'armée de Saxe.

Fermor campa le 26 à Meseritz. Le comte de Dohna, pour arrêter ses progrès, fit marcher le maréchal Manlcufcl avec un corps nombreux à Reppen, où il devait encore être joint par les troupes venant de Silésie ; l'armée campa elle-même le 6 août, à droite de Francfort.

Le général russe ayant été joint par le corps d'observation dont nous avons parle, se dirigea sur Landsberg, où il passa la Wartha le 10. Ce mouvement annonçait clairement qu'il voulait porter le théâtre de la guerre dans la Poméranie prussienne et dans la Vieille-Marche ; mais il restait à savoir s'il dirigerait ses efforts sur Custrin ou Stettin : chacune de ces deux lignes d'opérations avait ses avantages, et se trouvait également battue par ses troupes légères.

Dès que Dohna fut informé du passage ! de la Wartha , et de l'apparition des pnrti-

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