CHAPITRE Xll
Quant à la conduite de Frédéric après l'action, il n'est pas difficile d'en pénétrer les motifs ; la relation qu'on vient de lire prouve, que l'élite de son armée rétablit le combat, par des efforts inouïs et au prix de 11,000 braves : il ne lui restait donequ'enuron 20,000 hommes, dont la moitié de troupes sur lesquelles il ne pouvait guère compter ; l'ennemi en avait le double en comprenant les Cosaques ; outre cela la position du roi sur les derrières des Russes, on assurant leur ruine, s'ils essuyaient une défaite, les eût fait battre en désespérés. Il est donc incontestable que le parti le plus sage était de leur faire un pont d'or, et de les laisser retourner en Pologne. Le roi avait atteint son but, et la situation de ses affaires en Saxe et en Silésie lui conseillait de ne pas risquer une bataille dont la perte aurait pu lui être funeste, et dont le gain ne lui promettait que de faibles avantages.
Cette circonstance fit que les deux partis t'attribuèrent la victoire, et si elle fut réellement indécise sur le champ de bataille, le roi y eut plus de droits par les suites qu'il sut eu tirer.