CHAPITRE XY
•'y réunit aux corps d'irahof et Wutgenau.
II paraît que le duc se proposait de prévenir les Français au passage de la Dimel ; mais Contades, ne voulant pas exposer le corps du marquis d'Auvet à combattre seul, avait passé cette rivière, avec toute son armée, sur 6 colonnes, le U au malin.
Ferdinand voyait bien que le but des Français était de le couper de Minden et du
Le 19 juin, Le duc, se relira entre Lipstadt et Ervitte.
Le général Wangenkeim a Dultncn.
U 20, Leduc à Rittbcrg.
Séjour.
Le 29, Wangenheim a Wolback.
Le 29 au soir, Le duc fait partir «on avaut-garde.
Le 30 au malin, l'armé* la suit et campe à Marieofeld.
Le 3 juillet, Leduc à Dissum, près de Ravcnïbcrg. Wangenheim, à Ladberg , te réuuit ensuite à l'armée.
Le 7, Le duc à Osoabruck .
On voit par ce tableau avec quelle lenteur les armées opéraient de part et d'autre, et que les Français se trouvaient depuis le 14 juin, en mesure de s'emparer de toutes les communications de9 alliés. Enfin , lorsque le duc fut décidément en retraite, Broglie résolut de tenter un coup de main sur la place de Minden , dont le mauvais état et la faiblesse de la garnison devaient faire présumer le succès. Il avança , le 9 à midi , à deux portées de canon de cette ville, et la fit
Weser; toutefois ne pouvant diriger ses marches vers le fleuve, sans perdre ses communications avec Munster , Lipstadt, et surtout avec le corps de Wangcnheim , resté au camp de Dulmen, sur le bas Rhin, il persista à se retirer parallèlement au Weser.
Abrégeons , par un tableau . les marches qui résultèrent de ces combinaisons.
Le 18 juin , Le duc de Broglie a Et tel n et Puderborn , le corpn de Fitcher vers Ruden , l'armée à Mcerliof.
D' Armenliêree au camp de Schembeck.
Séjour pour attendre les convois de vivre* qui venaient encore de la Reste.
Le 23 , Le duc de Broglie à Neuhaus.
Le 24, L'armée h Paderborn.
Le corpe de Chetreute a Burcn; la Icgtonde Fitcher à Dettmold.
Le 29, Le duc de Broglie à Osterbold.
L'armée à Oslschlagen.
Le corpe de Chetreute à Neuhaus , pour couvrir Paderborn et les dépôts.
Le 2 juillet, Leduc de Broglie à Orlingbauscn.
L'armée à Struckonbruck , prés de Diclcfeld.
Le 3, Le duc de Broglie à Heppen et Hérvordeu.
Le 4, L'armée à Bielefeld.
Le 6, D'Armentiêret investit Munster.
Le 7, Le duc de Broglie à Engern.
3 brigades d'infanterie a Hcrvorden.
1 de cavalerie, idem. Le 8, L'armée à Hervorden.
sommer. Le général Zastrow , qui y commandait, méprisa la sommation et se disposa à se défendre. Déjà même il avait fait détruire toutes les embarcations qui se trouvaient sur le Weser : heureusement poulies Français qu'un paysan leur indiqua la seule petite barque qui existait à quelques lieues de là. Le duc de Broglie s'en servit pour jeter sur la rive droite , pendant la nuit, les volontaires de Lanoue et le corps de Fischer. Ces troupes assaillirent l'ou-
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES
▼rage à cornes qui couvrait le pont du We- •er, tandis qu'une batterie établie sur la rive opposée, battait à revers et enfilait le pont. L'attaque, d'abord repoussée, fut renouvelée avec succès. La légion de Fischer, «près avoir emporté l'ouvrage , poursuivit la garnison sur le pont, en força l'entrée, se répandit dans la ville, et en ouvrit les portes aux grenadiers qui y entrèrent sans coup férir.
Cette opération , exécutée avec vigueur , valut aux Français une place importante et 1 ,200 prisonniers.
Là se termine la première période de la campagne en Westphalie. Avant d'aller plus loin , je crois devoir faire quelques observations.
Rien ne prouve d'une manière plus frappante les avantages d'un choix heureux des lignes d'opérations, que les progrès des armées françaises pendant cette période. La combinaison qui porta l'armée de Contades sur la Labn, perpendiculairement au Rhin, cl la poussa ensuite par sa droite vers le Weser, aurait produit des événements de la plus haute importance, si ce général , au lieu de menacer les communications des alliés, s'en fut emparé.
Le secret le plus important de la guerre consiste à se rendre maître des communications (1). Si Contades avait connu cette vérité, il est vraisemblable que l'armée alliée eût été anéantie. Il est difficile de concevoir pourquoi ce général combinant si bien, agit si mal. Dès qu'il fut inailre de Minden et des défilés de Stadt-Bergen , il était sûr de gagner les communications de Ferdinand ; pour tourner les chances de son côté, il suffisait de changer de direction à gauche, et de marcher vivement sur Buren et Gcisecke, afin de couvrir sa propre ligne d'opérations, et de serrer le duc de si près,
(1) Napoléon s'exprima ainsi dans une audience q'i'il me donna a l'ouverture de la campagne de Ib** : celle vérité fut démontrée, ptu de jours
qu'il ne lui fût plus possible de gagner une marche à droite ou à gauche. Le maréchal de Contades aurait ainsi tourné, et tenu le duc entre le Rhin, la mer du Nord et l'armée française. Il convenait alors d'attaquer vivement les alliés, puisqu'il pouvait les accabler d'un seul coup. Telle était la position où Napoléon sut mettre Brunswick à Jéna, Mack à Ulm , Mêlas à Marengo, Wurmser à Bassano, et où il se laissa jeter lui-même par les Russes , à la fin de la campagne de 1812.
Si la première combinaison de Contades eut quelque apparence d'habileté, son exécution ne répondit pas à l'attente qu'on s'en était formé. Après que le duc de Broglie eut enlevé Minden , le 9 , c'est-à-dire dans l'instant le plus favorable pour marcher an duc et l'attaquer, le général français resta cinq jours dans son camp d'Hervorden, et souffrit que le duc rétablit ses communications , en prenant position , le 14, à Stolienau sur le Weser.
Des hommes qui nient l'influence de l'art pour se dispenser de l'étudier, m'ont objecté qu'il n'existait pas de principes, puisque le plan de Contades, si bien combiné, ne produisit que des revers : argument pitoyable auquel il faut pourtant répondre.
Sans doute il importe que les bases d'un plan de campagne soient assises sur les principes, puisque c'est de laque dépendent les grands résultats : ainsi la marche concentrique de Napoléon sur Géra , en 1806, était par elle-même une victoire, car elle en assurait tous les avantages. Mais à quoi sert un bon plan, lorsqu'on s'écarte des principes dans l'exécution, et qu'aurait produit cette belle marche, si l'armée française, après avoir gagné les communications des Prussiens, fut restée à Salfeld et Schleiti, jusqu'à ce quUls les eussent recouvrées en
après, d'une manière bien éclatante, par la marche sur Géra et la Sanlc, qui produisit tous le» résultat* de la bataille de Jéna.
•e portant à Géra, entre l'Elster et la Mulde? In plan fondé sur les grands principes, et dont l'exécution s'y rattache sans cesse, produit les victoires remarquables, les résultats décisifs : telles fut les guerres de Napoléon avant qu'il fût enivré par dix ans de succès; telles furent aussi celles de ses ennemis , lorsqu'éclairés par l'expérience, ils Mirent faire l'application des principes qu'il avait consacrés.
Une nouvelle preuve en faveur de l'application des principes , c'est la bataille de Waterloo. Napoléon ayant habilement concentré ses forces à l'insu des généraux anglais et prussiens, eût accablé Bliicher à Ligny, si les ordres qu'il avait donnés aux corps d'armée de sa gauche, eussent été exécutés, et si le comte d'Erlon eût débouché par Bry, comme il le devait. Malgré l'inexécution de ces ordres, il remporta, le 16, une grande victoire; mais deux jours après il fut battu pour avoir méprisé son ennemi, et ordonné à Grouchy un mouvement contraire aux principes, tandis que les alliés, laissant courir le maréchal, débouchaient sur les derrières de Napoléon par une marche hardie et des mieux combinées.
S il donna, le 17 au soir, l'ordre à Grouchy de se rabattre sur lui, comme on l'affirme, ii répara sa faute, et sa défaite fut alors le résultat des accidents fortuits qui empêchèrent l'exécution de ce mouvement. Ce fut un arrêt du destin qui fait si souvent la part de la victoire.
Quant au duc Ferdinand, Tempelhof a beaucoup admiré sa persévérance à rester ■iu vernirons de Lipstadt; cependant c'était une faute tout comme la marche des Prus- Jiens sur Gotha et Eisenach en 1806. L'auteur allemand la justifie, en disant qu'il voulait sauver le corps de Wangenheim, campé à Dulmen ; mais, pour sauver un détachement qui ne court aucun danger, doit-on perdre ses communications et peutftre toute l'armée? Il paraissait bien plus simple d'envoyer a ce détachement l'ordre
de se porter à marches forcées sur Munster, Osnabruck ou Minden , pour lui donner ainsi une direction concentrique assurée vers les points où l'année devait se porter.
Ferdinand ne réussit que par un hasard sur lequel il ne pouvait compter, puisque le plan primitif des généraux français annonçait de plus grandes vues, et plus de résolution que dans les campagnes précédentes. Si le duc avait eu affaire à un général actif et entreprenant, ses manœuvres, tant vantées par Tempelhof, eussent causé sa ruine.
Bataille de Minden.
La prise inattendue de Minden, en procurant aux Français une place d'armes sur le Weser, assurait l'arrivage des subsistances tirées de Paderborn , et les mettait à morne d'agir vigoureusement contre l'électorat de Hanovre dont la conquête paraissait immanquable.
Le maréchal de Belle-Isle, ministre de la guerre, vivement pénétré de cette idée, ne s'entretenait absolument dans sa correspondance avec Contades , que des moyens de conserver cet électoral et d'empêcher une nouvelle évacuation. Mais les choses en étaient au point qu'uue bataille seule pouvait décider du succès de cette campagne.
Songeant à prévenir les suites funestes que pourrait avoir la prise de Minden, Ferdinand quitta le camp d'Osnabruck dans la nuit du 10 au 1 1 juillet, et se porta en trois marches à Stolzenau.
L'armée alliée n'ayant aucune place sur le Weser où elle pût établir ses dépôts en sûreté, le duc jeta les yeux sur Bremen, et se crut autorisé à s'en emparer, par l'exemple que l'ennemi lui en avait donné dans la campagne de 1758. A cet effet il détacha le général Drewes avec quatre régiments d'infanterie par Vcchte. Ce détachement y arriva dans la nuit du 14 au 15, s'assura, au point du jour, de toutes les issues, surprit la garde des ouvrages avancés sans donner la
TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES
moindre alarme, el pénétra dans la ville par stratagème.
De son côté, Conlades ne perdait pas de temps. La réserve du duc de Broglie se porta, le 12 juillet, à Minden, et fut remplacée au camp d'Engcrn par deux brigades d'infanterie , les grenadiers de France, les grenadiers royaux, et la brigade de cavalerie, Duménil. Une autre division d'infanterie et une de cavalerie, se portèrent à Goofeld, le 13, et passèrent le Weser près de Minden le 14 ; elles remplacèrent la réserve du duc de Broglie dans le camp qu'elle venait de quitter pour se porter à Bukebourg, à deux lieues de là.
La grande armée partit de Hervorden le 14, et campa le lendemain près de Minden, l'aile droite à cette ville, la gauche à Harlenhausen ; le flanc droit couvert par le Weser, le front par le ruisseau de Barte, et la gauche par le marais qui s'étend jusqu'au delà de Lubeke, ayant à dos la chaîne de montagnes qui longe la Verra. (Pl. XXII.) Le comte de Kougrave fut placé en avant dans la plaine entre Minden et Kuttenhausen, avec une forte division pour observer les alliés. Le comte de Saint-Germain, qui se trouvait à Bielefeld avec la brigade d'Auvergne et un régiment de cavalerie, marcha contre Hameln, pour en contenir la garnison, et couvrir les convois qui venaient de Cassel à l'armée par Paderborn et Hervorden. Lubeke, à l'extrémité du marais, fut occupé par les hussards de Berchini et Turpin ; Hille par les volontaires de Hainaut et de Haller. Vis-à-vis de ce dernier village et et au delà du marais, on avait posté à Eiehorst le petit corps du général Andlau, soutenu par la division Brissac campée à Kofeld, dont l'objet était de couvrir la route de Hervorden. Le corps du duc de Broglie était de l'autre côté du Weser à Bukebourg; les partisans de Fischer battaient le pays et répandaient l'épouvante jusqu'aux portes de Hanovre, tandis que les volontaires duDuuphiné faisaient des courses sur la rive droite
jusqu'à Nienbourg. On avait jeté plusieurs ponts pour faciliter les communications de la grande armée avec le duc de Broglie. Le duc de Chevreuse bloquait Lipsladt, et d'Armentières assiégeait Munster.
La position du duc de Broglie rendait les communications, avec Hanovre, très-difficiles, et permettait aux Français de s'emparer de cette capitale. Leurs généraux jugèrent que Ferdinand passerait le Weser, ou qu'il détacherait, au moins, un corps considérable pour prévenir ce malheur, et la construction de plusieurs ponts près de Stoltenau, les confirma dans cette opinion. Mais ce prince trop habile pour adopter un tel système, aima mieux laisser à son adversaire quelques succès éphémères sur la rive droite du fleuve, que d'exposer son armée à une défaite en l'affaiblissant par des détachements qui n'ont jamais une influence décisive sur les opérations. Il concentra, au contraire, ses forces, se proposant même d'attirer à lui les corps isolés pour frapper un coup décisif à la première occasion ; et dans la nuit du 18 au 16, il se porta contre Minden sur trois colonnes, et campa en arrière de Petershagen, la droite à Brunikoitige, et la gauche au Weser : 13 bataillons et 18 escadrons de dragons hessoiset hanovriens, composaient l'avant-garde, commandée par le prince héréditaire de Brunswick, qui vint camper sur deux lignes devant Petershagen.
Le duc, qui désirait en venir aux main»
dans une situation défavorable aux Françai*, resserra leur position, persuadé qu'il» en sortiraient pour l'attaquer. Le prince de Brunswick campa, le 17, en avant de Tonhausen et Hammern ; l'armée fut divisée, en neuf colonnes, et se plaça, la droite au village de Sud feld, la gauche au bois en arrière de Tonhausen près du Weser.
Ce mouvement fit une grande impression sur les Français. Le corps de Rougrave, qm se trouvait dans la plaine en avant de Minden, se retira sous le canon de la plare, c<
toutes les troupes prirent les armes. Le maréchal de Contades, ne s'estimant pas assex fort, ordonna au corps du duc de Broglie de se réunir à l'armée.
La position des ennemis était néanmoins trop formidable pour que le duc de Brunswick pût les attaquer avec succès ; aussi ton» ses efforts tendaient à les en arracher ; «apercevant qu'il ne réussirait pas facilement, il revint , à quatre heures du soir, dans son camp de Petershagen, le duc de liroglie en fit autant de son côté.
Ferdinand voyant que sa première tentative avait échoué, fit occuper les villages de kuttenhaosen, Hemmern et Friedwald par de forts détachements d'infanterie, et pratiquer de grandes ouvertures dans la digue de Tonhausen, afin que l'armée pût avancer dans la plaine de Minden, par divisions et par escadrons, et porta son avant-garde à Tonhausen.
Munster s'étant rendu le 28, Ferdinand résolut de prendre l'offensive sans délai : il porta le général Drewes sur Osnabruck, pour s'emparer du magasin qui s'y trouvait.
Le prince héréditaire marcha, le 27, sur Lubeke avec 6 bataillons ; le 29, sur Hervorden, et campa en face de cette ville à Rissel , où le général Drewes arriva , après avoir repris le magasin d'Osnabruck. Le même jour, le duc Ferdinand, instruit de ce «iccès, fit marcher l'armée par lignes et par la droite, sur trois colonnes : la première était composée de la première ligne, la seconde de l'artillerie et des bagages, la troisième de la deuxième ligne : elles campèrent, la droite à Hille, la gauche à Friedwald. Le quartier général fut dans le pre-
(1) Cet ordre, traduit de l'allemand, doit «ans douie différer uo peu de l'original. On verra, par I* lecture de cette longue pièce (dont j'ai cependant supprimé quelques passages), qu'elle renfermait très-peu d'instructions pour l'attaque , et qu'elle était presque entièrement destinée à faire sortir l'armée de sa position , à la mettre en ookwoes, et à la déployer devant l'ennemi. Je prie
mier village, gardé par 2 régiments anglais.
Le général Gilse occupa Lubeke avec 8 bataillons.
Le 30, le duc rassembla ses généraux, leur recommanda d'étudier particulièrement les chemins et tous les accidents du terrain, afin de pouvoir conduire leurs colonnes respectives de manière a former, avec ordre et promptitude, une ligne contiguë. 11 leur renouvela cette invitation , le 81 , et leur prescrivit en outre d'examiner scrupuleusement les environs du moulin à vent de Hemmern, pour employer toutes les armes avec le plus de succès. En considérant la sagesse de ces mesures, et leur à-propos avec l'heure, l'instant même auxquels les généraux français se mirent en mouvement pour se former dans la plaine de Minden, on serait tenté de croire que le duc présidait à leur conseil de guerre.
Les détachements que les alliés avaient faits, décidèrent enfin le maréchal de Coutades à l'attaque, qui fut fixée au 1 er août, et pour laquelle il donna l'ordre suivant (1). « La réserve, sous les ordres du duc de Broglie, formant l'aile droite de l'armée, marchera de front sur le village de Tonhausen, et attaquera, en même temps, le camp du prince de Bévern sur la route de Petershagen. Son attaque sera brusque et vigoureuse, afin de le culbuter et de lui couper sa retraite sur l'armée, et d'y jeter l'épouvante et la confusion.
. Afin d'assurer le succès de cette opéra-
• tion, la réserve sera renforcée des grenn- » diers de France et Royaux ; 6 pièces de
• canon et 4 obusiers augmenteront son > artillerie ordinaire. Le duc de Broglie
mes lecteurs de jeter un coup d'œîl sur le chapitre V, oii jo discute les ordres de marches de Frédéric; ils saisiront au premier coup d'oeil la différence qui existe entre la combinaison et l'exécution de ses manœuvres, et celle du général français. Je les renvoie d'ailleurs à la fin du présent chapitra pour les observations que j'ai faites.
TRAITE DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES
» fixera le rassemblement de l'artillerie, et
» transmettra les ordres nécessaires aux
• grenadiers. On emploiera tous les moyens
• pour faire réussir cette attaque, qui doit
• nous rendre maîtres du flanc gauche de
• l'ennemi, et de laquelle dépend le succès
■ de la journée.
• La retraite remplacera la générale.
• Aussitôt qu'elle aura été battue, la réserve
• lèvera son camp, passera le pont et tra-
• versera la ville, et en sortira par la porte » qui conduit au camp des grenadiers ; ses » gros bagages seront transférés à Reh-
• men, où se trouvent ceux de l'armée ; ils
• y passeront le Weser sur le dernier pont » de bateaux, afin de ne pas gêner la mar-
• che des troupes.
• Le terrain où l'armée doit se former » étant fourré et coupé, son ordre de ba- » taille ne pourra être conforme aux usages » reçus. On placera donc au centre de la
• première ligne les brigades de cavalerie
• Colonel général , Cravates et Mestre de
• camp, sous les ordres du duc de Fitz-
• James, des lieutenants généraux Vogué et
• Castries, et des maréchaux de camp Lut- » zelbourg, St.-Chamand, Yilbonne et Cour-
• raainville. Les quatre brigades d'infan-
• terie , Picardie , Belsunce , Touraine et
• Rouergue, sous les lieutenants généraux » Kicolaï, Beaupréau, et les maréchaux de
• camp Planta et Monty, formeront l'aile . droite de la première ligne, et auront
• 84 pièces de gros calibre. L'aile gauche de
• cette ligne sera composée des quatre bri-
■ gades d'infanterie, Condé, Aquitaine, le
• Roi et Champagne, sous le lieutenant gé-
• néral de Guerchy, et les maréchaux de
• camp duc de Laval et Maugiron ; elle sera
• pourvue de trente pièces d'artillerie de » position que le chevalier Pelletier placera
(1) C'était une étrange disposition que celle d'étendre une seconde ligne qui, destinée h ser\ir de réserve, devait perdre toute sa force en s'nllongeanl. Si la seconde ligne tut re«tée en colonnes
» sur le front des deux ailes, de manière
• à couvrir celui de la cavalerie par un feu
• croisé au centre.
• Le 1 er bataillon de chaque brigade sera
> formé en colonne , les autres marcheront » suivant l'usage (en ' bataille). La brigade
• d'Auvergne , placée à la gauche de l in-
• fan terie de l'aile droite , se formera en
> ordre inverse, afin que son l" bataillon
• soit formé en colonne, appuyant à la bri-
• gade de cavalerie Colonel général; la
> brigade de Condé infanterie , postée à la » droite de l'aile gauche , sera formée » comme les autres , c'est-à-dire que son
• 1" bataillon, en colonne, appuiera à Mes-
• tre de camp cavalerie.
• La deuxième ligne marchera dans le » même ordre que la première : les briga- » des d'infanterie Auvergne et Anhalt, soui » le lieutenant général de Saint-Germain, cl » les maréchaux de camp Leyden et Glau-
• bitz auront la droite. Les brigades de » cavalerie du Roi , Bourgogne et Royal
> étranger , sous les lieutenants généraux ■ Dumesnil, Andlau, et les maréchaux de » camp Orlick et Galfeld, occuperont le » centre; la gauche sera composée des
• brigades saxonnes , aux ordres du roar-
• quis de Lusace.
» Cette seconde ligne étant beaucoup » moins forte que la première , et devant » néanmoins occuper le même front, le*
• bataillons dont elle est composée s'eten- » dront beaucoup plus qu'à l'ordinaire (1).
» La réserve , formée de la gendarmerie et
• des carabiniers, sous le lieutenant général
• Poyannc et les maréchaux de camp Belle-
> fond et Bissy , se placera en troisième
• ligne derrière le centre de la cavalerie.
» Les brigades Navarre et Lowendahl re- » cevront une destination particulière.
d'attaque, la bataille n'eût pas été perdue : oo ne doit la déployer que dans le cas ou il s'agit de l« laisser en poste défensif pour en imposer à l'ennemi par l'appareil du nombre.