‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 102 sur 241 · Platoo, Sympos,, p · texte numérisé non relu

Platoo, Sympos,, p

' 3. PlatoOi Sympos,, p. 219.

HI3T0UIE B'aLCXBUDE.

tous les autres» par sa patience à supporter les fatigues« S'il nous arrivait , comme cela est commua en guerre, de manquer de vivres, il souffirait la fiôm et la soif avec plus de courage qu'aucun de nous. Si, au contraire, nqus nous retrouvions dans Tabondance^il semblait en jouir mieux que nulautre. Quoiqu'il ne voulût pas boire, il buvait cependant plus que personne s'il y était forcé; et ce qui est trèsétonnant, c'est qu'on ne l'a jamais vu ivre. Il résistait au froid et aux frimas, (et l'hiver est très-rigoureux dans cet endroit^) d'une façon étonnante. Durant les plus fortes gelées, alors qu'aucun de nous n'osait sortir de la tente, ou du moins ne sortait que chaudement vêtu et les pieds enveloppés de pièces de feutre et de peaux d'agneau, Socrate sortait comme de coutume, sans rien ajouter aux vêtements qu'il portait habituellement. U marchait même plus facilement sur la glace avec ses pieds nus que les autres avec leurs chaussures. La foule des soldats» le voyant agir ainsi, le soupçonnait de les vouloir braver. Voici encore ce que fit cet homme courageux pendant cette même expédition ; cela est digne d'être écouté. Un jour qu'il était plongé dans quelque méditation, il resta debout depuis le matin dans la même posture. Gomme il ne.

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< trouvait pas ce qu'il cherchait, il ne s'eù alla pas et « coDtinna à réfléchir sans changer d'attitude. Il était «c déjà midi ; les nôtres l'observaient et s'étonnaient, se « racontant lés uns aux autres que Socrate était là c debout, rêvant depuis l'aurore. Enfin, comme la « nuit approchait, des soldats ioniens vinrent après c leur souper apporter leur lit de camp auprès de lui, « afin de trouver un peu de fraîcheur (car on était c alors en été) et pour voir en même temps s'il passerait

< la nuit dans la même position. En effet, Socrate resta « debout jusqu'à l'aurore; puis il s'en alla après avoir • salué le soleil levant ^. »

Alcibiade retourna à Athènes avant la fin du siège de Potidée ^ U revint vers les premiers mois de l'été de

1. Platon, Sympoi.f p. 219-220. — Selon Aulu-Gelle, ces rôveries étaient habituelles à Socrate, Nœt. ÂUie,f II, 1.

2. Ceci nous est prouvé par un passage de Plutarque (PerideSf LUI), qui dît que ce fut sur les instances d'Alcibiade que Périclës, peu de temps avant sa mort, reprit la direction des affaires publiques. Or, c'est en 430, au mois de juillet (scirrophorion), premier mois de Tannée civile athénienne^ que Périclès^ non réélu aux fonctions de stratège, se retira de la vie politique, n y rentra en 429, année de sa mort; qui arriva presque en même temps que la capitulation de Potidée. Donc, si Alcibiade eut des rapports avec Périolès pendant l'année qui s'écoula entre la destitution et la mort de celui-ci, il s'ensuit qu'il quitta Potidée avant la reddition de la place, postérieure d'au moins six mois à la réélection de Périclès. — Socrate quitta aussi la Chalcidique avant la reddition de Potidée (Platon, Charmides, p. 153), sans doute en môme temps qu' Alcibiade, avec le corps de Hagnon

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l'année 430, vraisemblablement avec le corps expédi* tionnaire du stratège Hagnon, qui quitta Potidée lorsque la peste commença à sévir en Ghalddique ^

KÂthënes qu'Alcibiade retrouva n'était plus TAthë* nés qu'il avait laissée si florissante deux ans auparavant Depuis son départ pour la campagne de Potidée, combien d'événements s'étaient accomplis I Toute la Hellade^ partagée entre les deux villes rivales, avait pris feu. Partout, sur le continent comme dans les fies, ce n'étaient que levées de troupes et armements de trirèmes. Au dehors, Athènes était toujours puissante et victorieuse. Ses armées avaient occupé Platées, chassé définitivement les Éginètes de l'Ile d'Égine, enlevé Prasies aux Lacédémoniens, envahi et saccagé la Mèga* ride, tandis que ses escadres repoussaient la flotte pé* loponnésienne des eaux de Zacinthe et de Céphallénie» faisaient plusieurs descentes en Locride, s'emparaient de Solion et d'Astacos, pillaient les rivages de TÉlidey ravageaient les côtes de l'Argolide, de la Laconie et

l. Hagnon était parti d'Athènes à la tôte de <iuatre mille hommes afin de presser le siège de Polid6e. Hais la peste s'étant déclarée parmi ses troupes, il les fit rembarquer en toute h&te quarante jours après leur arrivée et les ramena à Athènes, laissant Tannée de la première et de la seconde expédition continuer seules le siège (Thucydide, II, 58). Sans doute, las de ces deux années de siège, àlcibiade obtint facilement de son chef hiérarchique, le stratège Àrchestratos, d'être incorporé dans le corps d'Hagnon, et il revint ainsi à Athènes.

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de la Messénie*. Mais ces succès au loin ne compensaient pas les calamités qui s'abattaient sur Athènes elle-même. Deux fois le vieux roi Ârchidamos avait envahi l'Attique à la tète d'une armée considérable, dévastant tout sur son passage et forçant les habitants à venir, selon le confeil de Périclës, se réfugier dans la ?ille et au Pirée *. Leurs demeures, leurs terres, lears mines d'argent de Laurion, leurs carrières de marbre du mont Pentélique abandonnées à la fureur de l'ennemi, ils bivaquaient misérablement sur les places, autour des temples et des monuments publics, au Pèlasgicon , entre les Longs-Hurs, sur les quais du Pirée *• Bienheureux ceux à qui quelque parent ou quelque ami pouvait offrir une demeure et un abri. Enfin, pour porter le comble au malheur public, la peste éclata tout à coup avec une intensité inouïe au milieu de cette population agglomérée dans un trop petit espace * et déjà abattue par les souffrances et les privations ^

1. Thucydide, II, 1 6, 22-32, 56, 58. Diodore de Sicile, Xlf, 42-4%; Plntarque, PericUij XXXII.

2. Thucydide, II, 10-18, 22, 47-55. Diodore de Sicile, XII, 42, 45; Plutarque, Periel.f XXXI.

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